La mésange charbonnière : plumage, chant et vie au jardin
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La mésange charbonnière tient son nom d’une cravate noire qui descend sur son ventre jaune, plus large chez le mâle que chez la femelle. C’est aussi l’oiseau qui a appris, en l’espace de quelques décennies au vingtième siècle, à ouvrir les capsules de lait laissées devant les portes britanniques. Un oiseau de jardin ordinaire, mais l’un des plus étudiés au monde.
Treize centimètres, une cravate qui trahit beaucoup
La mésange charbonnière, Parus major, mesure 13 à 15 centimètres pour une envergure de 22 à 26 centimètres et un poids de 16 à 21 grammes. Sa tête noire luisante encadre des joues blanches, son dos est vert olive, ses ailes bleu-gris, et son ventre jaune vif est traversé par une bande noire longitudinale. Cette bande est en moyenne plus large et plus continue chez le mâle que chez la femelle, un détail qui suffit souvent à sexer l’oiseau à l’œil nu sur une photo nette.
La mésange qui ouvre les bouteilles de lait
Dans les années 1920, des mésanges charbonnières et bleues du Royaume-Uni ont commencé à percer les capsules en aluminium des bouteilles de lait livrées devant les portes pour atteindre la crème en surface. Le comportement, documenté par les ornithologues britanniques James Fisher et Robert Hinde dès 1949, s’est répandu de ville en ville en quelques années, bien trop vite pour s’expliquer par une invention indépendante à chaque endroit. Les chercheurs y ont vu l’une des premières preuves solides de transmission culturelle, c’est à dire d’apprentissage social, chez un oiseau sauvage.
Cette aptitude à résoudre des problèmes se retrouve dans des expériences en laboratoire, où des mésanges apprennent à tirer une ficelle ou à soulever un couvercle pour atteindre une graine, souvent en observant un congénère réussir avant elles.
Jusqu’à une quarantaine de phrases chantées par un seul mâle
Le chant de la mésange charbonnière, souvent résumé au « tsi-tsi-tsi-tou » que tout le monde reconnaît, cache un répertoire bien plus large : un même mâle peut posséder plusieurs dizaines de variantes mélodiques distinctes, apprises en partie de ses voisins territoriaux durant sa première année. Ce répertoire sert à défendre un territoire face à des rivaux qui, eux aussi, en connaissent les usages locaux, un peu comme des dialectes de quartier.
Une ponte calée sur l’explosion des chenilles
La reproduction débute en avril, dans une cavité d’arbre ou un nichoir. La femelle pond entre 5 et 12 œufs, exceptionnellement jusqu’à 18, ce qui en fait l’une des plus grandes couvées connues chez les passereaux européens. L’incubation dure environ deux semaines et les jeunes s’envolent seize à vingt et un jours après l’éclosion. Le moment de la ponte n’est pas laissé au hasard : il doit coïncider avec le pic saisonnier de chenilles, la nourriture presque exclusive des poussins durant leurs premiers jours.
Un nichoir, mais avec le bon diamètre d’entrée
En dehors de la saison de reproduction, la mésange charbonnière se nourrit d’insectes et d’araignées, de graines et de baies, et fréquente volontiers les mangeoires en hiver, souvent en bandes mixtes avec d’autres mésanges. Pour l’accueillir dans un nichoir plutôt qu’une autre espèce de mésange, le diamètre du trou d’entrée compte plus que l’emplacement.
Confusion possible : charbonnière ou bleue
Aux mangeoires, la mésange charbonnière se confond parfois avec la mésange bleue, plus petite et généralement dominée lors des disputes pour la nourriture. La différence saute aux yeux dès qu’on regarde la tête : capuchon bleu et joues blanches cerclées de bleu chez la mésange bleue, contre calotte noire complète chez la charbonnière. La taille tranche aussi, la charbonnière étant nettement la plus grande des deux mésanges communes de jardin.
Petite, commune et pourtant riche d’un siècle de recherche sur son comportement, la mésange charbonnière illustre bien ce paradoxe des espèces trop familières pour qu’on prenne le temps de vraiment les regarder.
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