L’épervier d’Europe : silhouette, chasse en forêt et territoire
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Un épervier d’Europe chasse en rase-mottes le long d’une haie, surgit à l’improviste et repart aussitôt avec ou sans sa proie. Un faucon crécerelle, lui, fait du surplace à dix mètres de haut au-dessus d’un talus, les ailes battant vite, avant de piquer sur un campagnol. Ce sont les deux petits rapaces les plus visibles de nos campagnes, et pourtant leur façon de chasser n’a presque rien en commun.
Deux silhouettes, deux techniques de chasse
L’épervier d’Europe (Accipiter nisus) a des ailes courtes et arrondies et une longue queue, une silhouette taillée pour l’accélération brève et les virages serrés entre les branches. Le faucon crécerelle a des ailes longues et pointues, adaptées au vol stationnaire prolongé. L’épervier chasse presque exclusivement des oiseaux, surpris en vol rapide et furtif. Le crécerelle chasse surtout des campagnols repérés depuis les airs, immobile face au vent.
La femelle épervier mesure de 35 à 41 cm pour une envergure de 67 à 80 cm et un poids de 185 à 345 g. Le mâle, nettement plus petit, mesure de 29 à 34 cm pour une envergure de 59 à 68 cm et un poids de 110 à 196 g. Cet écart de taille entre sexes, l’un des plus marqués chez les rapaces européens, permet au couple de chasser des proies de tailles très différentes sans se faire concurrence : le mâle capture surtout des passereaux, la femelle des proies plus grosses comme des merles ou de jeunes pigeons.
Le plumage change avec l’âge et le sexe
La femelle adulte a le dessus gris ardoisé et le dessous blanc barré de fines lignes grises. Le mâle est plus coloré, avec un dessous lavé de roux et des barres plus fines. Les jeunes des deux sexes portent un plumage brun tacheté qui les aide à se fondre dans le sous-bois pendant leurs premiers mois, avant la première mue complète.
Un chasseur de haie et de lisière
L’épervier fréquente les bois, les haies bocagères et, de plus en plus, les jardins où les mangeoires attirent les petits oiseaux. Il chasse à l’aube et au crépuscule, en longeant les haies à faible hauteur pour surprendre ses proies par surprise plutôt qu’en vitesse pure. En dehors de la reproduction, il reste discret, se signalant surtout par un cri d’appel aigu répété, un « ki-ki-ki-ki » sec émis en vol au-dessus du territoire.
Nidification en forêt de conifères
Le nid, une plateforme de brindilles, est construit de préférence dans un conifère dense, souvent contre le tronc. La femelle pond quatre à cinq œufs, incubés environ 33 jours, essentiellement par elle pendant que le mâle chasse pour la nourrir. Les jeunes s’envolent entre 24 et 30 jours après l’éclosion, mais restent dépendants des parents plusieurs semaines encore.
Un chasseur qui rate la plupart de ses attaques
Contrairement à l’image du prédateur infaillible, l’épervier réussit une minorité de ses attaques, l’essentiel de ses proies échappant à la surprise initiale. Une fois une proie capturée, il la transporte vers un poste de plumée fixe, souche, branche basse ou muret, où il la déplume avant de la consommer. Ces postes, repérables à l’accumulation de plumes au sol, sont le meilleur indice de présence de l’espèce dans un jardin ou un bois, bien plus fiable qu’une observation directe de l’oiseau en chasse.
Une espèce commune, pas menacée
L’épervier d’Europe est classé en préoccupation mineure par l’UICN, avec une population européenne stable, voire en légère hausse localement grâce à la fréquentation croissante des jardins. Il reste néanmoins vulnérable aux collisions contre les baies vitrées, un risque directement lié à son mode de chasse à basse altitude et à grande vitesse.
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