Le fou de Bassan : plongeon, colonies et plumage

découvrez le fascinant monde du fou de bassan, un oiseau marin au plumage distinctif et aux comportements uniques. explorez ses habitudes de nidification, son mode de vie en colonie et ses techniques de pêche impressionnantes. apprenez-en davantage sur les caractéristiques qui font de ce flamboyant oiseau un habitant emblématique des côtes atlantiques.
Sommaire5 sections
  1. 01Le plus grand oiseau marin de l’Atlantique nord
  2. 02Un plongeon, pas une nage
  3. 03Des colonies bruyantes sur des falaises précises
  4. 04Un régime de poissons pêchés en pleine mer
  5. 05Une population fragilisée par la grippe aviaire

Un fou de Bassan repère un banc de poissons depuis vingt ou trente mètres de haut, replie ses ailes en flèche et plonge à plus de 80 km/h, tête la première. Sous la peau, autour du cou et de la poitrine, des sacs d’air amortissent le choc à l’entrée dans l’eau. Aucun autre oiseau marin de nos côtes n’a ce système : c’est ce qui distingue immédiatement le fou de Bassan du cormoran, qui plonge lui aussi mais depuis la surface, en nageant sous l’eau avec ses pattes.

Le plus grand oiseau marin de l’Atlantique nord

fou de Bassan en vol, plumage blanc, tête jaune pâle et extrémités d’ailes noires

Le fou de Bassan (Morus bassanus) mesure de 87 à 100 cm pour une envergure de 165 à 180 cm, et pèse de 2,4 à 3,6 kg. C’est le plus grand oiseau marin nichant régulièrement sur les côtes d’Europe de l’Ouest. Son corps fuselé, ses ailes longues et étroites et sa queue en pointe lui donnent un profil taillé pour le vol plané au ras des vagues, où il peut parcourir de longues distances en économisant son énergie.

Un plongeon, pas une nage

La technique de chasse du fou de Bassan repose entièrement sur le plongeon en piqué. L’oiseau repère sa proie depuis les airs, ferme ses ailes au dernier moment et entre dans l’eau à grande vitesse, parfois jusqu’à 6 ou 8 mètres de profondeur sous l’élan. Le cormoran, en comparaison, chasse en surface puis poursuit ses proies en nageant, propulsé par ses pattes palmées, sans jamais plonger depuis les airs.

Le plumage adulte est blanc, avec une tête et une nuque jaune pâle et les extrémités des ailes noires. Les yeux sont bleu très clair, cerclés d’une peau bleu turquoise, et le bec est gris bleuté, pointu et sans narines externes visibles, une adaptation qui évite que l’eau n’entre dans les voies respiratoires lors du plongeon. Les jeunes naissent noirs, deviennent bruns tachetés de blanc, puis blanchissent progressivement sur plusieurs années jusqu’au plumage adulte complet, atteint vers l’âge de cinq ans.

Des colonies bruyantes sur des falaises précises

Le fou de Bassan niche en colonies denses sur des falaises et des îlots rocheux, souvent les mêmes depuis des décennies. En France, la seule colonie continentale se trouve sur l’île Rouzic, dans l’archipel des Sept-Îles au large de Perros-Guirec, en Bretagne, réserve naturelle suivie depuis les années 1930. Les couples, fidèles d’une année sur l’autre, se retrouvent au même emplacement précis sur la falaise et se saluent par des parades ritualisées, tête levée vers le ciel, avant de reprendre leur place.

La ponte se limite à un seul œuf par saison, que les parents couvent avec leurs pattes palmées, faute de plaque incubatrice. L’incubation dure environ 44 jours. Le jeune quitte la falaise avant même de savoir vraiment voler, en se laissant tomber vers la mer, où il flotte et apprend à pêcher seul pendant plusieurs semaines.

Un régime de poissons pêchés en pleine mer

Le fou de Bassan se nourrit presque exclusivement de poissons de pleine eau, harengs, maquereaux et lançons, qu’il repère en groupe, souvent en suivant les bateaux de pêche ou les bancs traqués par des dauphins. Les colonies s’installent à proximité de zones de pêche riches, parfois à plus de cent kilomètres du nid, distance que les adultes parcourent en une seule sortie pour nourrir leur unique poussin.

Sur la falaise, le retour d’un partenaire déclenche une parade de salut précise, tête levée vers le ciel puis entrechoquement des becs, qui renforce le lien du couple et évite les agressions entre voisins directs, séparés parfois de moins d’un mètre. La densité des colonies, combinée aux cris constants et à l’odeur de guano, en fait l’un des spectacles sensoriels les plus intenses du littoral atlantique.

Une population fragilisée par la grippe aviaire

Le fou de Bassan est classé en préoccupation mineure par l’UICN, avec une population globalement en hausse depuis plusieurs décennies. Cette tendance a toutefois été brutalement inversée en 2022, lorsqu’une épidémie de grippe aviaire hautement pathogène a frappé plusieurs grandes colonies de l’Atlantique nord, provoquant des taux de mortalité de plusieurs dizaines de pour cent sur certains sites, dont des colonies écossaises et islandaises suivies de près depuis.

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