Le grand cormoran : pêche en plongée, plumage et habitats

découvrez le grand cormoran, un oiseau majestueux aux comportements fascinants. plongez dans son habitat, sa manière de chasser et ses interactions sociales. explorez la beauté et la singularité de cette espèce à travers une description détaillée de sa vie quotidienne.
Sommaire7 sections
  1. 01Pas un cormoran huppé
  2. 02Un plumage qui refuse l’eau
  3. 03Une chasse en plongée active
  4. 04Une vie en colonie bruyante
  5. 05Une espèce en conflit avec la pisciculture
  6. 06Un appétit calculé, pas insatiable
  7. 07Une large aire de répartition

Ailes déployées face au vent, immobile sur un poteau ou une branche morte, le grand cormoran sèche un plumage qui se gorge d’eau à chaque plongée. Ses plumes se mouillent en profondeur, à l’inverse de celles d’un canard, ce qui l’alourdit et facilite la plongée, mais l’oblige à ce rituel après chaque session de pêche.

Pas un cormoran huppé

grand cormoran noir aux ailes déployées séchant son plumage sur un perchoir

Sur le littoral, le grand cormoran (Phalacrocorax carbo) est souvent confondu avec le cormoran huppé (Gulosus aristotelis), plus petit et exclusivement marin. Le grand cormoran mesure 80 à 100 centimètres pour une envergure de 130 à 160 centimètres, contre 65 à 80 centimètres d’envergure pour le huppé. Ce dernier a un plumage entièrement noir à reflets verts, sans aucune marque blanche, une huppe frontale bouclée en période nuptiale et un bec plus fin, tandis que le grand cormoran arbore une tache blanche sur la gorge et la joue, parfois une plaque blanche sur la cuisse, et un bec gris épais à base jaune.

Autre différence utile : le grand cormoran fréquente aussi bien les fleuves, les lacs et les étangs intérieurs que les côtes, alors que le cormoran huppé ne quitte pratiquement jamais le rivage rocheux et la haute mer proche.

Un plumage qui refuse l’eau

Contrairement aux canards, le grand cormoran ne produit pas assez de graisse imperméabilisante pour empêcher ses plumes de se saturer d’eau. Ce défaut apparent est en réalité un atout de chasse : un plumage humide réduit la flottabilité de l’oiseau et lui permet de plonger plus efficacement, avec moins d’effort musculaire pour rester sous la surface. La contrepartie est ce séchage obligatoire, ailes en croix, qui a fait de la silhouette du cormoran un symbole reconnaissable entre tous sur les plans d’eau.

Une chasse en plongée active

Le grand cormoran chasse en plongeant depuis la surface, propulsé par ses pattes palmées entièrement tétradactyles, une particularité des Phalacrocoracidés. Il peut descendre jusqu’à une dizaine de mètres et poursuivre un poisson sur plusieurs dizaines de mètres sous l’eau, les ailes plaquées contre le corps. Son bec puissant, terminé par un crochet acéré, lui permet de saisir des poissons de taille variable, anguilles, gardons ou perches selon les milieux, qu’il ramène en surface pour les avaler entiers, souvent la tête la première.

Une vie en colonie bruyante

Le grand cormoran niche en colonies, parfois de plusieurs centaines de couples, installées dans des arbres au bord de l’eau ou sur des corniches côtières. Loin du silence qu’on lui prête souvent, la colonie est un lieu bruyant, traversé de grognements gutturaux et de claquements de bec, notamment lors des parades et des relèves au nid. Le nid, une plateforme de branchages parfois réutilisée d’année en année, accueille 3 à 4 œufs bleu pâle, incubés environ un mois par les deux parents.

Une espèce en conflit avec la pisciculture

La croissance rapide des effectifs européens de grand cormoran depuis les années 1980, portée par la protection de l’espèce et l’essor des plans d’eau artificiels, a nourri un conflit persistant avec les pisciculteurs et les pêcheurs, qui l’accusent de vider les étangs. En France, des quotas de destruction encadrée sont accordés chaque année dans certains départements, une situation rare pour une espèce par ailleurs classée en préoccupation mineure par l’UICN et protégée sur le reste de son aire.

Un appétit calculé, pas insatiable

Un grand cormoran adulte consomme en moyenne 400 à 500 grammes de poissons par jour, soit environ un cinquième de son propre poids, réparti sur une à plusieurs séances de pêche quotidiennes selon la disponibilité des proies. Ce chiffre, souvent exagéré dans les discours qui l’opposent aux pêcheurs, reste comparable à celui d’autres piscivores de sa taille et ne suffit pas, à lui seul, à expliquer les baisses de stock observées sur certains plans d’eau, où interviennent aussi la pollution et la surpêche.

Les juvéniles se distinguent des adultes par un plumage brun terne sur le dessus et blanchâtre sur le ventre et la gorge, une livrée qu’ils conservent pendant leurs deux à trois premières années avant d’acquérir le noir brillant caractéristique des adultes reproducteurs.

Une large aire de répartition

L’espèce se rencontre sur presque tous les continents à l’exception de l’Amérique du Sud, avec plusieurs sous-espèces reconnues. En Europe, la sous-espèce continentale sinensis, qui niche surtout en eau douce, a largement progressé vers l’intérieur des terres, alors que la sous-espèce atlantique carbo reste davantage liée aux côtes rocheuses de la façade ouest.

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