Le serin cini : petit passereau jaune, chant et habitudes
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Le serin cini se reconnaît d’abord à l’oreille, à un chant qu’on décrit souvent comme un grincement de vis rouillée plutôt qu’une mélodie. Ce petit fringille jaune, longtemps cantonné au pourtour méditerranéen, a conquis le nord de l’Europe en un siècle à peine, une expansion rare chez un passereau sédentaire.
Un nom à ne pas confondre
Le serin cini porte le nom scientifique Serinus serinus, et non Serinus citrinella : ce dernier nom désigne le venturon montagnard, une espèce alpine au plumage plus verdâtre que jaune, qui vit en altitude dans les résineux et ne fréquente presque jamais les jardins. Les deux oiseaux appartiennent au même genre et se ressemblent en vol, mais le serin cini est plus petit, plus jaune sur la tête et la poitrine, et vit à des altitudes bien plus basses.
Membre de la famille des Fringillidés, il mesure 11 à 12 centimètres pour une envergure de 20 à 23 centimètres et un poids de 10 à 14 grammes. Le mâle arbore un jaune vif sur la tête, la gorge et le croupion, tandis que la femelle, plus terne et rayée de brun, se confond facilement avec un jeune ou avec une femelle de verdier.
Une conquête vers le nord
Au début du dix-neuvième siècle, le serin cini ne nichait qu’autour de la Méditerranée. Il a ensuite progressé vers le nord de l’Europe, atteignant la Belgique puis le sud de l’Angleterre en l’espace de quelques décennies, porté par le réchauffement du climat et par la multiplication des jardins et des vergers qui lui offrent à la fois graines et perchoirs. Cette progression s’est ralentie depuis les années 1980, et l’espèce recule même localement en France, où la LPO la surveille de près.
Un chant qui grince
Le chant du mâle, émis depuis un fil électrique ou la cime d’un conifère, est une suite rapide de notes stridentes, souvent comparée au bruit d’une bicyclette mal huilée. Il chante aussi en vol, en décrivant des cercles au-dessus de son territoire, les ailes vibrantes, un comportement de parade qui le distingue de la plupart des autres fringilles européens.
Un nid caché dans les conifères
Le serin cini construit son nid, une coupe fine de brindilles et de radicelles tapissée de plumes, dans une fourche de conifère ou d’arbre fruitier, souvent à bonne hauteur et bien dissimulé dans le feuillage dense. La femelle pond 3 à 4 œufs, qu’elle couve seule pendant 12 à 13 jours pendant que le mâle nourrit sa compagne au nid, un partage des tâches fréquent chez les fringilles.
Le couple peut élever deux à trois couvées par saison, entre avril et août, ce qui explique en partie la rapidité avec laquelle l’espèce a pu coloniser de nouveaux territoires au vingtième siècle.
Un régime presque exclusivement végétal
Contrairement à beaucoup de passereaux de petite taille, le serin cini reste granivore toute l’année, y compris pendant la reproduction : il se nourrit de graines de graminées, de pissenlit, de bouleau et de conifères, décortiquées avec un bec court et conique parfaitement adapté. Les insectes ne sont qu’un complément marginal, réservé aux tout premiers jours des poussins.
Des bandes hivernales mêlées à d’autres fringilles
Une fois la saison de reproduction terminée, le serin cini abandonne son comportement territorial et rejoint des bandes mixtes avec des chardonnerets, des verdiers ou des tarins des aulnes, qui exploitent ensemble les mêmes zones riches en graines de graminées et de composées. Ces regroupements, parfois de plusieurs dizaines d’individus, se dispersent dès les premiers beaux jours, quand chaque mâle regagne son perchoir de chant habituel.
Les populations les plus septentrionales, celles de Belgique et du nord de la France notamment, migrent partiellement vers le sud en hiver, tandis que les oiseaux méditerranéens restent sédentaires toute l’année autour de leur site de nidification. Cette différence de comportement selon la latitude illustre bien une espèce encore en cours d’installation dans ses territoires les plus récents, où l’hiver reste une épreuve plus rude qu’au sud de son aire.
Statut et menaces
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le serin cini en préoccupation mineure à l’échelle mondiale, la population européenne restant abondante dans le sud du continent. En France, en revanche, les effectifs reculent depuis les années 1990, une tendance attribuée à la disparition des friches et des vergers traditionnels au profit de jardins plus entretenus, moins riches en graines sauvages.
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