Le goéland argenté : oiseau des côtes, plumage et habitudes
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Un goéland argenté adulte a le bec jaune barré d’un point rouge, juste avant la pointe. Ce point n’est pas un détail cosmétique : c’est le bouton sur lequel un poussin tape du bec pour déclencher la régurgitation de nourriture chez ses parents. Cette scène, observée et décrite par l’éthologue Niko Tinbergen dans les années 1950, a longtemps servi de cas d’école pour expliquer ce qu’est un stimulus déclencheur chez l’animal.
Un goéland, pas une mouette
Sur les ports et les plages, on appelle « mouette » à peu près tout ce qui a des ailes blanches et grises. Le goéland argenté (Larus argentatus) n’en est pas une : les mouettes, en France, désignent surtout la mouette rieuse, un oiseau deux fois plus petit, au bec et aux pattes rouges, qui prend une capuche brune l’été. Le goéland argenté appartient au même genre que le goéland leucophée ou le grand goéland marin, des oiseaux nettement plus imposants que n’importe quelle mouette.
L’adulte mesure de 55 à 67 cm pour une envergure de 123 à 148 cm, et pèse entre 750 g et 1,25 kg selon la saison et la région. Le dos et le dessus des ailes sont gris moyen, les extrémités des ailes noires avec des taches blanches, la tête et le dessous entièrement blancs. Le bec, jaune, est fort et légèrement crochu au bout, adapté à saisir aussi bien un poisson qu’un morceau de pain jeté sur un parking.
Colonies de falaise et toits de ville
Le goéland argenté niche en colonies, historiquement sur les falaises et les îlots rocheux du littoral atlantique et de la Manche. Depuis les années 1970, une partie de la population s’est installée sur les toits des villes côtières, où les prédateurs terrestres n’accèdent pas et où la nourriture abonde toute l’année. La femelle pond deux à trois œufs, couvés environ 28 jours par les deux parents. Les jeunes s’envolent entre 35 et 40 jours.
Un régime qui explique tout le reste
Le goéland argenté est opportuniste au sens strict : il mange ce qu’il trouve. Poissons, crustacés, mollusques, œufs et poussins d’autres oiseaux marins, déchets alimentaires humains, vers de terre après une pluie sur un terrain de sport. Cette souplesse alimentaire lui a permis de coloniser des milieux très différents, des falaises isolées aux centres-villes, alors que des espèces marines plus spécialisées reculent.
Le cri le plus connu de l’espèce est un long appel strident, répété, souvent transcrit « kaoow kaoow kaoow », utilisé pour défendre un territoire de nidification ou signaler une source de nourriture à d’autres individus. Le répertoire complet compte une dizaine de cris différents selon le contexte : alarme, contact, quête alimentaire, parade.
Une espèce commune mais en recul
Le goéland argenté est classé en préoccupation mineure par l’UICN au niveau mondial, mais ses effectifs reculent sur une partie de son aire européenne, notamment au Royaume-Uni, où le déclin est suivi de près depuis les années 2000. En France, les colonies côtières historiques diminuent tandis que la population urbaine progresse, un déplacement plutôt qu’un effondrement.
Le reconnaître sans se tromper
Sur le terrain, trois éléments suffisent : la taille (nettement supérieure à celle d’une mouette), les pattes roses (le goéland leucophée voisin les a jaunes) et le point rouge sur le bec. Un jeune tout brun, sans ce point, se distingue plus difficilement, mais sa taille reste déjà celle d’un adulte.
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