Cinq animaux d’Amérique du Nord et les milieux où ils vivent
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L’Amérique du Nord aligne des habitats aussi différents qu’une toundra arctique et une prairie semi-aride, et chacun a façonné une poignée d’espèces devenues des symboles régionaux. Cinq d’entre elles suffisent à traverser cette diversité, de la forêt de conifères jusqu’aux grands fleuves côtiers.
Le grizzly, une sous-espèce de l’ours brun taillée pour la forêt
Le grizzly (Ursus arctos horribilis) est une sous-espèce nord-américaine de l’ours brun, reconnaissable à la bosse musculaire au-dessus de ses épaules, qui alimente la force de ses pattes avant fouisseuses. Un mâle adulte pèse entre 130 et 360 kilogrammes selon la région et la saison, le poids variant fortement à l’approche de l’hibernation. Son régime est omnivore, aux trois quarts végétal, racines, baies et herbes, complété par des poissons, notamment le saumon lors des remontées estivales, et occasionnellement de petits mammifères. Les femelles mettent bas un à trois oursons durant l’hibernation, en plein hiver, et les gardent auprès d’elles deux à trois ans avant de les laisser partir. Le parc de Yellowstone, aux États-Unis, abrite l’une des populations les mieux suivies du continent.
Le loup gris, une organisation sociale précise
Le loup gris (Canis lupus) vit en meute de six à dix individus en moyenne, structurée autour d’un couple reproducteur qui dirige la chasse et défend le territoire. Chaque membre y tient un rôle assez stable, de l’éclaireur au gardien des louveteaux restés au terrier. Le hurlement, qui peut porter à plus de dix kilomètres par nuit calme, sert à rassembler la meute dispersée et à signaler l’occupation d’un territoire aux groupes voisins, plus qu’à communiquer entre individus proches. Éradiqué du parc de Yellowstone dans les années 1920, le loup y a été réintroduit en 1995, avec un effet mesurable sur la végétation des berges, moins broutée par les cervidés redevenus prudents.
Le bison d’Amérique, une population reconstruite depuis trois cents individus
Le bison d’Amérique (Bison bison) est le plus lourd mammifère terrestre du continent, un mâle adulte pouvant dépasser 900 kilogrammes. Les troupeaux, menés par une femelle expérimentée en dehors du rut, ont autrefois compté plusieurs dizaines de millions de têtes sur les grandes plaines. La chasse commerciale du XIXe siècle les a fait chuter à moins de trois cents individus survivants vers 1889. La protection mise en place depuis, notamment dans le parc national de Yellowstone et dans plusieurs réserves canadiennes, a permis de reconstituer une population totale d’environ 500 000 bisons aujourd’hui, un chiffre très inférieur aux effectifs d’origine mais qui écarte l’espèce du risque immédiat d’extinction.
Le pygargue à tête blanche, un nid record
Le pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus), emblème officiel des États-Unis depuis 1782, se nourrit avant tout de poissons qu’il saisit en piqué à la surface des lacs et des fleuves, complétés à l’occasion par de la charogne ou de petits mammifères. Son envergure peut dépasser 2,3 mètres. Le couple construit un nid de branches qu’il agrandit chaque année, le plus grand jamais mesuré, en Floride, atteignait près de 4 mètres de diamètre pour plus d’une tonne. L’espèce a frôlé l’extinction aux États-Unis dans les années 1960, victime du DDT qui fragilisait la coquille de ses œufs, avant de se reconstituer après l’interdiction du pesticide en 1972.
L’orignal, le plus grand cervidé du continent
L’orignal (Alces alces), appelé élan en Europe, dépasse en taille tous les autres cervidés d’Amérique du Nord : un mâle adulte peut peser jusqu’à 700 kilogrammes et porter des bois en palette de près de 1,80 mètre d’envergure, renouvelés chaque année. Contrairement à une idée répandue, seuls les mâles portent des bois, la femelle en étant totalement dépourvue. Excellent nageur, il peut parcourir plusieurs kilomètres en eau libre et plonger jusqu’à six mètres de profondeur pour atteindre les plantes aquatiques dont il se nourrit en été. Solitaire le reste de l’année, il ne se rapproche d’un congénère que pendant le rut, à l’automne.
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