Cinq animaux qui représentent la faune d’Amérique du Sud
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L’Amérique du Sud loge le seul ours du continent, le plus gros serpent du monde et une loutre capable de tenir tête à un caïman. Cinq espèces suffisent à montrer l’écart entre les milieux du continent, de la cordillère des Andes aux fleuves amazoniens. Voici ce qui les distingue vraiment, au-delà de l’image de carte postale.
L’ours à lunettes, seul ursidé du continent
L’ours à lunettes (Tremarctos ornatus) est le seul représentant de la famille des ursidés en Amérique du Sud. Il doit son nom aux taches claires qui cernent ses yeux, différentes d’un individu à l’autre au point de servir à les reconnaître individuellement. Grimpeur habile, il construit parfois des plateformes de branches dans la canopée, à plus de vingt mètres de hauteur, pour se reposer ou se nourrir de fruits hors de portée au sol.
Son régime reste très majoritairement végétal, fruits, bromélias et écorces tendres, avec une part de viande estimée à moins de dix pour cent. Vivant sous des latitudes tropicales où la nourriture reste disponible toute l’année, il n’hiberne pas, contrairement à la plupart des autres espèces d’ours. L’espèce est classée vulnérable par l’UICN, menacée surtout par la perte d’habitat andin et les conflits avec les éleveurs, quand un individu s’attaque occasionnellement à du bétail.
L’anaconda vert, un poids lourd qui attend
L’anaconda vert (Eunectes murinus) n’est pas le plus long serpent du monde, le python réticulé le dépasse en longueur, mais il reste le plus lourd. Une femelle adulte mesure généralement cinq à six mètres pour plus de cinquante kilogrammes, les records les plus fiables dépassant rarement les sept mètres. Il chasse à l’affût, immergé dans les eaux calmes des marécages amazoniens, seuls les yeux et les narines émergeant à la surface.
La loutre géante, chasseuse en groupe
La loutre géante (Pteronura brasiliensis) atteint jusqu’à 1,80 mètre, corps et queue compris, ce qui en fait la plus grande espèce de loutre au monde. Elle vit en groupes familiaux dans les rivières et lacs d’Amazonie, chassant en équipe des poissons, mais aussi de jeunes caïmans lorsque l’occasion se présente. Son statut UICN est en danger, principalement à cause de la destruction de son habitat fluvial et du braconnage passé pour sa fourrure. Les groupes familiaux, souvent composés d’un couple et de plusieurs générations de petits, défendent bruyamment leur territoire de rivière en se dressant hors de l’eau et en poussant des cris aigus audibles à plusieurs centaines de mètres.
Le tamanoir, une langue de soixante centimètres
Le tamanoir (Myrmecophaga tridactyla), ou fourmilier géant, mesure jusqu’à deux mètres museau compris et n’a aucune dent. Sa langue, longue d’environ soixante centimètres et couverte d’une salive collante, entre et sort du fourmilier ou de la termitière plusieurs fois par minute pour capturer ses proies. Il se défend des jaguars et des pumas grâce à ses griffes antérieures, capables d’ouvrir une termitière comme un adversaire.
Le tapir terrestre, jardinier des forêts tropicales
Le tapir terrestre (Tapirus terrestris), reconnaissable à sa courte trompe préhensile, avale des fruits entiers et disperse leurs graines intactes sur de longues distances en se déplaçant. Cette fonction lui vaut d’être qualifié de jardinier de la forêt amazonienne : certaines essences d’arbres dépendent largement de lui pour se régénérer. Bon nageur, il plonge volontiers pour échapper au jaguar, son principal prédateur naturel.
Le tapir terrestre vit en moyenne une vingtaine d’années à l’état sauvage et atteint sa maturité sexuelle vers trois ans. La femelle ne met bas qu’un seul petit après une gestation d’environ treize mois, l’une des plus longues parmi les mammifères de sa taille, ce qui limite fortement la vitesse à laquelle une population décimée peut se reconstituer.
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