Le dauphin commun : anatomie, sons, acrobaties et vie sociale
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Sous ce même nom de « dauphin commun » se cachent deux espèces distinctes, que les biologistes ont longtemps confondues. Celle dont il est question ici vit au large, chasse en groupes qui se reforment sans cesse et porte sur les flancs un motif en sablier qui ne trompe pas un œil averti.
Deux dauphins pour un seul nom
Le genre Delphinus compte deux espèces qui portent, en français, le même nom d’usage. Le dauphin commun à bec court (Delphinus delphis), traité ici, est un animal pélagique qui fréquente le large des eaux tempérées et tropicales du globe. Le dauphin commun à bec long (Delphinus capensis), plus proche des côtes, se rencontre surtout au large de l’Afrique du Sud, de la Californie ou du Pérou, avec un rostre plus allongé et des populations plus sédentaires. Les confondre revient à mélanger un animal du large et un animal côtier.
Il appartient à la famille des delphinidés, qui regroupe la majorité des espèces de dauphins océaniques, dont le grand dauphin (Tursiops truncatus), plus massif et plus familier des delphinariums, avec lequel on le confond parfois à tort.
Un corps taillé pour la vitesse
L’adulte mesure entre 1,70 et 2,40 mètres, les mâles dépassant en général les femelles. Le poids varie fortement selon le sexe : les plus grands mâles atteignent 230 kg, quand les femelles plafonnent souvent autour de 150 kg. Le corps est fuselé, le bec court et bien marqué, l’aileron dorsal triangulaire et légèrement recourbé vers l’arrière.
- Vitesse de pointe : jusqu’à 60 km/h sur de courtes distances
- Dos gris foncé à noir, ventre blanc
- Motif en « sablier » : une bande jaune paille à l’avant du flanc, une bande grise plus sombre à l’arrière, séparées par une zone claire
Une vie en haute mer
Animal pélagique, il évite rarement les grands fonds et ne s’approche des côtes que pour suivre ses proies. Il se nourrit de poissons grégaires, harengs, sardines, anchois et maquereaux, ainsi que de calmars qu’il capture parfois à plusieurs centaines de mètres de profondeur, en plongée courte mais rapide.
La chasse en groupe est sa méthode la plus efficace : les individus resserrent un banc de poissons en un « carrousel » compact près de la surface, puis se relaient pour s’y nourrir. C’est un travail collectif, pas une poursuite individuelle.
Des groupes qui se recomposent en permanence
La structure sociale du dauphin commun est dite en fission-fusion : les groupes, souvent de dix à trente individus, se scindent et se rejoignent selon les besoins de chasse ou de repos, sans hiérarchie fixe. Au large de l’Afrique du Sud, lors du « sardine run » hivernal austral, plusieurs milliers de dauphins communs peuvent se rassembler autour des mêmes bancs de sardines, l’un des plus grands regroupements de mammifères marins observés au monde.
Ces animaux jouent aussi entre eux et avec d’autres cétacés, notamment de grands dauphins ou des baleines, en surfant sur les vagues d’étrave des navires. Leur curiosité envers les bateaux est réelle, mais elle ne doit pas être confondue avec de la docilité : ce sont des animaux sauvages qui gardent leurs distances face à l’humain quand ils ne le choisissent pas.
Naissance et croissance
La gestation dure environ dix à onze mois. Le nouveau-né, appelé delphineau, mesure entre 80 et 100 cm à la naissance et reste dépendant de sa mère pendant plusieurs mois, période durant laquelle il apprend les techniques de chasse collective. La maturité sexuelle intervient généralement entre 3 et 7 ans selon les populations, plus tôt chez les femelles.
Une espèce commune dans l’ensemble, menacée par endroits
Globalement, l’Union internationale pour la conservation de la nature classe le dauphin commun à bec court en préoccupation mineure. Ce statut cache de fortes disparités régionales : en mer Méditerranée, où la population a chuté de plus de 50 % en une trentaine d’années à cause de la surpêche et de la raréfaction des petits poissons, l’espèce est classée en danger par l’UICN.
La longévité atteint 25 à 35 ans en milieu naturel. Les captures accessoires dans les filets de pêche restent, avec la pollution et la diminution des stocks de poissons, la principale cause de mortalité non naturelle observée chez cette espèce.
Une écholocation constante
Comme tous les delphinidés, le dauphin commun se repère et chasse grâce à l’écholocation : il émet des trains de clics ultrasonores par l’évent et le melon, une masse graisseuse logée dans le front qui concentre le son, puis interprète les échos renvoyés par les proies et les obstacles. Cette technique fonctionne dans une eau trouble ou de nuit, là où la vue ne sert plus à grand-chose.
Les dauphins communs utilisent aussi des sifflements individuels, propres à chaque animal, qui fonctionnent comme une signature vocale au sein du groupe. Deux individus séparés se retrouvent souvent en échangeant leur sifflement respectif, un mécanisme proche d’un appel par le prénom.
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