Le gibbon cendré : pelage gris, communication et vie arboricole
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Le gibbon cendré ne vit que sur l’île de Java, dans les derniers lambeaux de forêt qui subsistent autour de trois massifs protégés. Son pelage gris argenté et sa face noire en ont fait l’un des primates les plus reconnaissables d’Indonésie, mais aussi l’un des plus menacés. On le confond parfois avec le siamang, plus grand et entièrement noir, qui vit à Sumatra et sur la péninsule Malaise.
Un gibbon propre à Java
Le gibbon cendré, aussi appelé gibbon argenté, porte le nom scientifique Hylobates moloch. Il n’est présent qu’à Java, en Indonésie, réparti sur trois massifs forestiers isolés les uns des autres : Gunung Halimun-Salak, Gunung Gede Pangrango et les abords d’Ujung Kulon. Cette répartition en îlots forestiers, sur une île parmi les plus densément peuplées du monde, explique en grande partie sa rareté.
Un pelage gris qui ne trompe pas
Le corps du gibbon cendré mesure de 45 à 65 centimètres et son poids varie de 5 à 8 kilogrammes. Son pelage est gris argenté sur l’ensemble du corps, ce qui contraste avec une face entièrement noire et glabre. Comme tous les gibbons, il n’a pas de queue et ses bras, nettement plus longs que ses jambes, atteignent une envergure de 140 à 180 centimètres, adaptée à la brachiation.
Chants et vie en couple
Le gibbon cendré vit en petits groupes familiaux formés d’un couple monogame et de leur progéniture. Chaque matin, la femelle lance un chant ample et montant, le grand chant, auquel le mâle répond par des phrases plus courtes. Ce duo sert à défendre un territoire d’une trentaine d’hectares et à maintenir le lien entre les deux partenaires, qui restent souvent unis toute leur vie adulte.
Un régime frugivore complété d’insectes
L’alimentation du gibbon cendré repose avant tout sur les fruits, complétés par des feuilles, des fleurs et quelques insectes. Le régime varie selon la saison et la disponibilité des arbres fruitiers dans son territoire restreint. Une forêt trop pauvre en essences fruitières ne peut pas accueillir un groupe supplémentaire, ce qui limite directement la densité de population que peut soutenir chaque massif protégé.
Reproduction : une naissance tous les deux ou trois ans
La femelle met bas d’un seul petit après une gestation d’environ sept mois, comme chez la plupart des gibbons. L’intervalle entre deux naissances dépasse généralement deux ans, le temps que le petit précédent devienne suffisamment autonome. La maturité sexuelle est atteinte vers huit ou neuf ans, un âge tardif qui ralentit d’autant la capacité de l’espèce à reconstituer ses effectifs.
Statut UICN : en danger critique d’extinction
L’UICN classe le gibbon cendré en danger critique d’extinction, la catégorie la plus grave avant la disparition à l’état sauvage. La population totale est estimée à quelques milliers d’individus tout au plus, répartie sur des forêts fragmentées d’une île où la pression humaine ne cesse de croître. La déforestation, la conversion des terres en plantations et le braconnage pour le commerce d’animaux de compagnie restent les menaces les plus documentées.
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