Le gibbon à mains blanches : chants, couples et vie dans la canopée
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Le gibbon à mains blanches doit son nom à ses mains et ses pieds couverts de poils blancs, contrastant avec un pelage qui va du blond crème au brun presque noir selon les individus. C’est l’un des gibbons les plus répandus d’Asie du Sud-Est, présent du Myanmar à Sumatra. Dans le centre de la Thaïlande, son aire touche celle du gibbon pileus, avec lequel il s’hybride naturellement.
Un gibbon à deux couleurs, aux mains toujours blanches
Le gibbon à mains blanches, ou gibbon lar, porte le nom scientifique Hylobates lar. Il appartient à la famille des hylobatidés et se rencontre du Myanmar et de la Thaïlande jusqu’à la péninsule Malaise et l’île de Sumatra, en Indonésie. Chez cette espèce, deux morphes de couleur coexistent au sein d’une même population : certains individus sont presque noirs, d’autres blond crème, sans que cela dépende du sexe. Seuls les mains, les pieds et un anneau de poils autour du visage restent invariablement blancs.
Mesures et locomotion
Le corps du gibbon à mains blanches mesure entre 45 et 65 centimètres pour un poids de 5 à 8 kilogrammes. Son envergure de bras, comprise entre 140 et 180 centimètres, dépasse largement la longueur de son corps, une proportion qui lui permet d’enchaîner des sauts de plus de dix mètres entre les branches. Ce mode de déplacement, la brachiation, consiste à se propulser d’appui en appui avec les bras, sans jamais poser les pieds au sol.
Une zone d’hybridation avec le gibbon pileus
Dans le centre de la Thaïlande, autour du parc national de Khao Yai, l’aire du gibbon à mains blanches chevauche celle d’une espèce voisine, le gibbon pileus, Hylobates pileatus. Les deux espèces s’y croisent et produisent des hybrides fertiles, un cas rare et bien étudié chez les primates. Cette zone de contact, large de quelques dizaines de kilomètres, reste l’une des mieux documentées du genre Hylobates.
Chants matinaux et vie de couple
Le gibbon à mains blanches vit en petits groupes familiaux formés d’un couple monogame et de leurs jeunes. Le duo chanté, lancé peu après le lever du soleil, associe un long chant montant de la femelle à des phrases plus brèves du mâle. Ce chant, qui porte sur plus d’un kilomètre à travers la canopée, marque le territoire du couple et prévient les groupes voisins sans qu’un contact direct soit nécessaire.
Reproduction
La femelle met bas d’un seul petit après une gestation d’environ sept mois. Le sevrage intervient entre six et douze mois, et la maturité sexuelle est atteinte entre six et huit ans selon les individus. Les naissances ont lieu tout au long de l’année, sans saison de reproduction marquée, contrairement à de nombreux autres mammifères des forêts tropicales.
Statut UICN et menaces
L’UICN classe le gibbon à mains blanches parmi les espèces en danger. La déforestation liée à l’agriculture, en particulier aux plantations de palmiers à huile et d’hévéas, réduit continuellement la surface de forêt continue disponible. Le commerce illégal d’animaux de compagnie, qui prélève surtout des jeunes après avoir tué la mère, pèse aussi sur les populations les plus accessibles depuis les routes.
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