La gazelle de Grant : vie dans la savane et adaptations
Sommaire7 sections
- 01Une gazelle qui n’a pas besoin de boire
- 02Plus grande, plus blanche que sa cousine de Thomson
- 03Un masque facial qui varie d’une population à l’autre
- 04Poids et vitesse
- 05Des troupeaux mixtes et des prédateurs bien identifiés
- 06Reproduction et rôle dans la savane
- 07Une espèce encore commune, mais en recul
La gazelle de Grant peut passer des semaines sans boire une goutte d’eau, tirant toute son hydratation des plantes qu’elle broute. Cette indépendance à l’eau, rare chez les gazelles, lui ouvre des zones arides d’Afrique de l’Est où sa cousine, la gazelle de Thomson, ne s’aventure pas.
Une gazelle qui n’a pas besoin de boire
Contrairement à la plupart des gazelles, qui doivent s’abreuver régulièrement, la gazelle de Grant tire le plus clair de son eau de la végétation qu’elle consomme. Cette indépendance lui permet de s’enfoncer dans des zones semi-désertiques que la gazelle de Thomson, dépendante des points d’eau, ne fréquente pas. À la saison sèche, elle migre parfois dans une direction opposée à celle des herbivores liés à l’eau, vers des terres plus arides où la concurrence alimentaire est plus faible.
Plus grande, plus blanche que sa cousine de Thomson
La gazelle de Grant partage une bonne partie de son aire avec la gazelle de Thomson, au Kenya et en Tanzanie, et les deux sont couramment confondues par les visiteurs. La taille tranche d’abord : la gazelle de Grant mesure de 140 à 166 centimètres de long, nettement plus que sa cousine. La bande sombre du flanc, large et continue chez la gazelle de Thomson, se réduit chez la gazelle de Grant à une fine ligne ou disparaît totalement. La croupe achève de trancher : le grand rectangle blanc de la gazelle de Grant remonte largement sur le dos, sans bordure noire, alors qu’il reste plus petit et bordé de noir chez la gazelle de Thomson.
Un masque facial qui varie d’une population à l’autre
Le pelage va du sable au fauve sur le dos, avec des flancs plus sombres chez certaines populations et un ventre d’un blanc net. Sur la tête, des marques sombres dessinent un masque autour des yeux et une bande le long du nez, un motif dont l’intensité varie sensiblement d’une région à l’autre : certaines populations affichent des marques faciales très visibles, d’autres un visage presque uni. Cette variabilité, plus marquée que chez la gazelle de Thomson, a longtemps servi à décrire plusieurs formes régionales de l’espèce, du Kenya à la Somalie, sans que ces différences de motif ne modifient la biologie ou le comportement d’ensemble de l’animal.
Poids et vitesse
Les mâles pèsent de 55 à 80 kilogrammes pour 85 à 95 centimètres au garrot, les femelles restent plus légères, entre 35 et 50 kilogrammes. Les cornes des mâles, robustes et annelées, atteignent 50 à 80 centimètres, celles des femelles, fines et symétriques, 30 à 40 centimètres. Sur de courtes distances, la gazelle de Grant approche 80 kilomètres par heure, une vitesse qui lui sert surtout à créer de la distance avant que le prédateur n’accélère à son tour. Sur des terrains accidentés, elle complète cette vitesse par des sauts pouvant dépasser deux mètres de hauteur, suffisants pour franchir un obstacle sans ralentir sa course.
Des troupeaux mixtes et des prédateurs bien identifiés
La gazelle de Grant vit en troupeaux mixtes de femelles et de jeunes, que les mâles adultes ne rejoignent pas en permanence : chaque mâle défend plutôt un territoire individuel, qu’il marque et patrouille, et où les femelles de passage s’accouplent avec lui. Ses principaux prédateurs restent le lion, le léopard, le guépard et la hyène tachetée. Sa taille la met en partie à l’abri des petits carnivores qui s’attaquent surtout aux faons, la vitesse et la vigilance des adultes constituant leur meilleure protection en terrain découvert.
Reproduction et rôle dans la savane
La femelle met bas après une gestation de six à sept mois, généralement un seul petit qu’elle cache dans la végétation basse durant les premières semaines. En broutant les jeunes pousses et les herbes courtes, la gazelle de Grant limite la progression des ligneux sur les plaines herbeuses, un rôle partagé avec les autres herbivores de la savane est-africaine.
Une espèce encore commune, mais en recul
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe la gazelle de Grant en préoccupation mineure, un statut plus favorable que celui de la gazelle de Thomson. Les effectifs reculent néanmoins sous l’effet du braconnage pour la viande et de la conversion des plaines de pâturage en terres agricoles, en particulier en dehors des aires protégées. Son indépendance à l’eau, qui lui a longtemps ouvert des refuges que d’autres herbivores ne pouvaient pas atteindre, perd de sa valeur à mesure que ces mêmes terres arides sont converties en pâturages pour le bétail, une pression que la gazelle de Thomson, cantonnée près des points d’eau, ne subit pas de la même façon.
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