La gazelle de Rhim, gazelle blanche du Sahara : survie et menaces
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Ses sabots s’élargissent en appui plat quand elle marche sur le sable meuble, une adaptation qu’aucune autre gazelle ne possède au même degré. La gazelle de Rhim, ou gazelle leptocère, vit dans les dunes du Sahara central, où il n’en reste sans doute pas plus de 600 individus matures.
Des sabots élargis pour marcher sur le sable
La gazelle de Rhim possède des sabots nettement élargis par rapport aux autres gazelles, une forme qui répartit son poids sur le sable meuble des dunes et lui évite de s’enfoncer à chaque pas. Cette adaptation, propre aux espèces des sables profonds, lui permet de fréquenter des dunes que la plupart des autres antilopes désertiques évitent. Le mode de déplacement s’en trouve changé : la foulée s’élargit légèrement sur les pentes de sable meuble, un ajustement que l’on n’observe pas chez les gazelles des sols durs.
La teinte la plus pâle du genre
Le pelage de la gazelle de Rhim est le plus clair de toutes les gazelles : le dos affiche un beige presque crème, les flancs et le ventre virent au blanc, et seule la queue, brun-noir, tranche nettement sur cette pâleur générale. Une bande latérale existe mais reste discrète, à peine plus sombre que le reste du pelage, très loin de la bande noire nette de la gazelle de Thomson. Cette pâleur générale n’est pas qu’un ornement : sur un sable clair et sous une lumière directe presque permanente, elle limite l’échauffement du pelage bien mieux qu’une robe foncée.
Confondue avec la gazelle dorcas
Sur les marges du Sahara, la gazelle de Rhim partage son territoire avec la gazelle dorcas, plus commune, avec laquelle elle est souvent confondue. Le pelage tranche d’abord : fauve et roussâtre chez la dorcas, presque blanc chez la gazelle de Rhim. Les cornes ensuite : nettement incurvées en lyre chez la dorcas, fines et à peine dessinées en S chez la gazelle de Rhim. L’habitat, enfin, sépare les deux espèces plus sûrement que l’œil : la dorcas reste sur les sols durs et les oueds, la gazelle de Rhim s’enfonce dans le sable pur des grandes dunes.
Un régime de plantes du désert
La gazelle de Rhim se nourrit des feuilles, des fleurs et des fruits d’arbustes du désert, comme le nitraire ou l’acacia raddiana, plutôt que d’herbe proprement dite, rare sur les dunes qu’elle fréquente. Elle tire une partie de son eau de ces plantes, mais boit aux rares points d’eau quand l’occasion se présente, contrairement à une idée reçue qui la présente comme totalement indépendante de l’eau libre.
Une reproduction mesurée surtout en captivité
La gestation dure environ cinq mois et demi. Les populations d’Égypte donnent en général naissance à un petit unique, tandis que les naissances gémellaires semblent plus fréquentes à l’ouest de l’aire de répartition, en Algérie et en Tunisie. Le rut culmine entre août et novembre, et les naissances se concentrent en hiver et au début du printemps, une période où la végétation offre un peu plus de couvert. Le sevrage intervient entre quatre et six mois, plus tardif que chez la plupart des gazelles de savane, ce qui reflète la rareté et la dispersion de la nourriture disponible dans un désert de sable. Le guépard a longtemps compté parmi ses prédateurs avant de disparaître de la majeure partie de son aire ; les populations les plus périphériques doivent aujourd’hui composer avec le loup doré d’Afrique, le chien sauvage d’Afrique et la hyène rayée.
Une aire de répartition en miettes
La gazelle de Rhim occupe des poches isolées du Sahara central : Algérie, Libye, Tunisie et Égypte pour l’essentiel, avec des mentions plus incertaines au Tchad, au Mali, au Niger et au Soudan. Ces populations ne communiquent plus entre elles, séparées par des centaines de kilomètres de désert où l’espèce a disparu. Elle occupe spécifiquement les grandes mers de sable et les champs de dunes, un habitat que la plupart des autres grands mammifères sahariens évitent, ce qui limite d’autant la concurrence pour la maigre végétation disponible.
Une espèce au bord de l’extinction
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe la gazelle de Rhim en danger. Les estimations les plus récentes évoquent 300 à 600 individus matures à l’état sauvage, un chiffre très inférieur aux 2000 à 2500 individus parfois avancés. Le braconnage, la circulation de véhicules tout-terrain dans les dunes et la sécheresse prolongée expliquent ce déclin. La chasse motorisée, pratiquée depuis les années 1960 dans plusieurs pays du Sahara, a fait disparaître l’espèce de vastes secteurs où elle était autrefois commune, un mode de prélèvement bien plus destructeur que la chasse traditionnelle qui l’a précédé. Des mesures de protection existent dans plusieurs pays d’Afrique du Nord, mais leur application reste inégale sur un territoire aussi vaste que difficile à surveiller.
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