La gazelle de Waller : allure, vie sociale et savanes est-africaines
Sommaire7 sections
- 01Une gazelle qui n’en est pas vraiment une
- 02Se nourrir debout, une posture qui lui appartient
- 03Des mesures qui trahissent un corps taillé pour la hauteur, pas pour la course
- 04Une vitesse modeste, malgré la légende
- 05Une vie en petits groupes discrets
- 06Une reproduction étalée sur l’année
- 07Une espèce sous pression, sans effondrement documenté
La gazelle de Waller porte un nom trompeur : ce long cou qui lui vaut son surnom de gazelle girafe appartient en réalité à un genre à part, distinct des vraies gazelles. Dans les broussailles sèches de la Corne de l’Afrique, elle se dresse sur ses pattes arrière pour atteindre des feuilles que ses cousines ne peuvent pas toucher, une posture qu’aucune autre antilope de savane ne pratique aussi couramment.
Une gazelle qui n’en est pas vraiment une
La gazelle de Waller, ou gerenuk, appartient au genre Litocranius, séparé de celui des vraies gazelles (Gazella) depuis longtemps par les naturalistes. Elle en garde le nom par habitude, mais son cou disproportionné, sa tête étroite et ses membres graciles la distinguent nettement d’un springbok ou d’une gazelle de Thomson au premier regard. Seuls les mâles portent des cornes, courtes et légèrement arquées, entre 25 et 44 centimètres, alors que chez plusieurs vraies gazelles les femelles en portent aussi, même réduites.
Se nourrir debout, une posture qui lui appartient
Le gerenuk se dresse sur ses pattes arrière, appuyé parfois contre le tronc d’un acacia, pour brouter des feuilles situées jusqu’à deux mètres de hauteur. Cette posture bipède, rare chez les bovidés, lui ouvre une source de nourriture inaccessible à la plupart des autres herbivores de la même taille et limite la concurrence directe avec les gazelles et les impalas qui broutent au sol.
Des mesures qui trahissent un corps taillé pour la hauteur, pas pour la course
Le corps mesure de 140 à 160 centimètres de long, pour une hauteur au garrot de 80 à 105 centimètres. Les mâles pèsent de 31 à 52 kilogrammes, les femelles de 28 à 45 kilogrammes. Le cou et les membres, très allongés par rapport au tronc, donnent au gerenuk une silhouette reconnaissable de loin, bien avant qu’on distingue sa tête.
Une vitesse modeste, malgré la légende
Contrairement à une idée répandue, le gerenuk n’est pas un sprinteur : sa vitesse de pointe tourne autour de 35 à 45 kilomètres à l’heure, loin des performances des vraies gazelles de savane ouverte, qui peuvent dépasser 80 kilomètres à l’heure sur de courtes distances. Le gerenuk compense par un comportement différent : il compte sur l’immobilité et le camouflage dans les buissons épineux avant de fuir, plutôt que sur une course de vitesse face au guépard ou au lycaon.
Une vie en petits groupes discrets
Les femelles et les jeunes forment de petits groupes, tandis que les jeunes mâles se rassemblent à part jusqu’à la période de reproduction. L’espèce reste diurne, active surtout tôt le matin et en fin d’après-midi, et passe le reste de la journée à l’ombre des buissons pour limiter la déperdition d’eau dans un climat aride. Guépard, léopard, lion, caracal et lycaon comptent parmi ses principaux prédateurs, avec un risque particulièrement élevé pour les jeunes.
Une reproduction étalée sur l’année
La maturité sexuelle survient vers 1 à 2 ans. Les accouplements peuvent avoir lieu à tout moment de l’année selon les conditions locales, suivis d’une gestation d’environ sept mois. La femelle donne naissance à un seul faon, pesant environ 3 kilogrammes, sevré vers l’âge de six mois.
Une espèce sous pression, sans effondrement documenté
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le gerenuk comme quasi menacé. La perte d’habitat au profit de l’élevage domestique et le braconnage pour la viande pèsent sur les populations du Kenya, de la Tanzanie, de l’Éthiopie et de la Somalie, où l’espèce reste néanmoins largement répartie sur des zones arides peu propices à l’agriculture intensive.
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