La gazelle à goitre : ce renflement du cou, habitat et vie sociale

plongez dans l'univers fascinant de la gazelle à goitre. découvrez ses caractéristiques uniques, son habitat naturel et ses habitudes de vie qui en font l'un des ruminants les plus intéressants. apprenez-en davantage sur cette espèce emblématique et son rôle dans l'écosystème.
Sommaire8 sections
  1. 01Une gazelle d'Asie centrale, pas d'Afrique
  2. 02Un renflement laryngé, propre au mâle en rut
  3. 03Le critère qui la sépare de la gazelle dorcas
  4. 04Une queue sombre qui a donné un autre nom
  5. 05Mensurations et vitesse
  6. 06Un régime nomade, calé sur la végétation
  7. 07Des sous-espèces réparties d'ouest en est
  8. 08Statut vulnérable et prédateurs multiples

La gazelle à goitre vit en Asie, du Caucase jusqu'au nord-ouest de la Chine, et non en Afrique comme on le lit parfois. Son nom vient d'un renflement du cou que le mâle développe pendant le rut, un caractère qu'aucune autre gazelle ne présente sous cette forme. C'est aussi la seule gazelle de son aire où les cornes n'existent que chez les mâles.

Une gazelle d'Asie centrale, pas d'Afrique

gazelle à goitre au pelage sable dans une steppe désertique d'Asie centrale

Gazella subgutturosa occupe une vaste bande allant de la Turquie et du Caucase à l'Iran, l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan et les steppes d'Asie centrale, jusqu'au nord-ouest de la Chine et à la Mongolie. Elle vit dans des déserts de sable, des plaines de gravier et des plateaux calcaires, parfois jusqu'à 2 700 mètres d'altitude. Elle n'a jamais été présente sur le continent africain.

Un renflement laryngé, propre au mâle en rut

Pendant la période de reproduction, de novembre à janvier, le larynx du mâle gonfle et forme une protubérance visible sur le devant du cou, à l'origine du nom de l'espèce. Ce gonflement accompagne des vocalisations plus sonores destinées à impressionner les rivaux et à attirer les femelles. Aucune autre gazelle du Paléarctique ne présente ce caractère aussi marqué.

Le critère qui la sépare de la gazelle dorcas

Sur une partie de son aire, notamment au Moyen-Orient, la gazelle à goitre côtoie la gazelle dorcas. Les deux se ressemblent par la taille et la robe sable, mais deux détails permettent de les séparer sur le terrain. D'abord les cornes : chez la dorcas, mâles et femelles en portent, alors que seuls les mâles goitrés en ont, en forme de S, longues de 25 à 45 centimètres. Ensuite le flanc : la dorcas arbore une bande sombre nette entre le pelage clair du ventre et le brun du dos, quasiment absente ou très estompée chez la gazelle à goitre.

Une queue sombre qui a donné un autre nom

La gazelle à goitre porte aussi le nom de gazelle à queue noire, en référence à sa queue courte terminée par une touffe de poils sombres, bien visible sur son arrière-train par ailleurs presque blanc. Ce contraste net entre le pelage clair du postérieur et la pointe noire de la queue sert de repère rapide aux observateurs, y compris à distance, quand le renflement du cou du mâle n'est pas visible en dehors de la saison des amours.

Mensurations et vitesse

La gazelle à goitre mesure de 90 à 115 centimètres de longueur, pour une hauteur au garrot de 60 à 80 centimètres et un poids de 15 à 35 kilogrammes. Sa robe brun sable, plus pâle sur le ventre et le postérieur, se fond dans les paysages de gravier et de sable où elle vit. Elle peut atteindre environ 80 kilomètres à l'heure sur de courtes distances, une vitesse qui lui permet de distancer la plupart de ses poursuivants.

Un régime nomade, calé sur la végétation

Herbivore, elle se nourrit d'herbes, de jeunes pousses, de feuilles et de buissons épineux. Vivant en groupes de quelques individus à plusieurs dizaines selon la saison, elle adopte un comportement migrateur, se déplaçant chaque année à la recherche de pâturages, un trait plus marqué chez elle que chez la plupart des autres gazelles asiatiques, davantage sédentaires.

Des sous-espèces réparties d'ouest en est

Plusieurs sous-espèces sont reconnues selon la région : la gazelle de Perse proprement dite occupe l'Iran et une partie du Moyen-Orient, tandis qu'une forme distincte, parfois appelée gazelle des sables, peuple la péninsule Arabique dans des habitats plus sablonneux. Vers l'est, les populations du Turkestan et de Mongolie vivent dans des steppes plus froides, avec des hivers rigoureux que les gazelles nord-africaines ne connaissent jamais. Cette large amplitude climatique, du désert chaud arabique aux steppes continentales d'Asie centrale, est propre à cette espèce parmi les gazelles.

Les frontières érigées depuis les années 1990 en Asie centrale, souvent grillagées sur plusieurs milliers de kilomètres, coupent aujourd'hui certains de ses anciens couloirs de migration saisonnière. Les populations qui devaient autrefois parcourir de longues distances entre zones d'été et zones d'hiver se retrouvent contraintes à des territoires plus réduits, un phénomène documenté chez plusieurs ongulés migrateurs de la région, saïga compris.

Statut vulnérable et prédateurs multiples

L'UICN classe la gazelle à goitre comme vulnérable, menacée par le braconnage, la perte d'habitat et la concurrence avec le bétail domestique dans les steppes qu'elle partage avec les éleveurs. Le loup gris et le guépard d'Asie, aujourd'hui quasiment disparu d'Iran, comptent parmi ses prédateurs historiques, tandis que le renard roux et l'aigle royal s'attaquent surtout aux jeunes et aux individus affaiblis.

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