La Ferme aux Crocodiles : les espèces de crocodiles et de tortues à voir
Sommaire7 sections
- 01Une serre chauffée à 28 degrés toute l’année
- 02Quatre cents crocodiliens sous un même toit
- 03Le détail qui distingue un crocodile d’un alligator
- 04Six cents espèces de plantes tropicales
- 05Un laboratoire tourné vers la recherche
- 06La cistude d’Europe, une tortue sauvage à protéger
- 07Ce qui vaut le détour
La Ferme aux Crocodiles s’organise autour d’une serre tropicale unique en France, maintenue à une température proche de 28 degrés toute l’année. Ouvert en 1994 à Pierrelatte, dans la Drôme, le parc rassemble des reptiles que la plupart des visiteurs n’ont jamais vus vivants, du crocodile du Nil au gavial du Gange. C’est moins un lieu de spectacle qu’un centre d’élevage et de recherche sur les crocodiliens.
Une serre chauffée à 28 degrés toute l’année
Le parc occupe un site de la Drôme, en Auvergne-Rhône-Alpes, à quelques kilomètres du Rhône, près de Pierrelatte. Il a ouvert en 1994 et reste l’un des rares établissements français entièrement consacrés aux reptiles. Sa serre tropicale couvre environ 8 000 mètres carrés et recrée un climat équatorial toute l’année, y compris lors des hivers rhodaniens, plus frais que ne le laisse croire la réputation ensoleillée de la région. À l’extérieur, un bâtiment séparé accueille le laboratoire et l’écloserie, invisibles du public mais au cœur de la mission scientifique du lieu.
Quatre cents crocodiliens sous un même toit
Le parc héberge plus de 600 animaux, dont environ 400 crocodiliens répartis en une dizaine d’espèces : le crocodile du Nil, le gavial du Gange au museau effilé, le caïman à lunettes, plus petit et plus répandu en captivité que les deux précédents. Des tortues géantes partagent l’espace avec des dragons de Komodo, des serpents, des iguanes, ainsi que plusieurs espèces d’oiseaux et de poissons tropicaux. Le crocodile du Nil, le plus grand des trois, peut vivre plus de cinquante ans en captivité, une longévité rarement associée à un animal qu’on imagine surtout dangereux et fugace.
La détermination du sexe, chez ces trois espèces, ne dépend pas de chromosomes mais de la température du nid. Un œuf incubé autour de 30 degrés donne le plus souvent des femelles, tandis qu’une chaleur plus forte, proche de 33 degrés, favorise les mâles. Ce mécanisme, appelé détermination thermosensible du sexe, rend les populations sauvages de crocodiliens particulièrement sensibles au réchauffement des sites de ponte.
Cette surveillance maternelle contraste avec l’image de prédateur solitaire que l’on prête d’ordinaire aux crocodiliens. Chez le gavial du Gange, les femelles se regroupent parfois sur les mêmes bancs de sable pour pondre, avant de veiller ensemble sur plusieurs nids voisins.
Le détail qui distingue un crocodile d’un alligator
La confusion entre crocodile, alligator et caïman revient souvent, alors qu’un seul détail suffit à trancher.
Six cents espèces de plantes tropicales
La flore occupe une place presque aussi importante que la faune. Environ 600 espèces de plantes tropicales et exotiques poussent sous la serre : plantes carnivores, orchidées, plantes aquatiques, herbes géantes, et des arbres fruitiers comme le bananier ou le manguier. Cette végétation dense reproduit les sous-bois humides où vivent la plupart des crocodiliens à l’état sauvage.
Un laboratoire tourné vers la recherche
Le parc dispose d’un laboratoire et d’une écloserie qui l’associent à des institutions comme le Collège de France et le CNRS. Chaque année, des œufs embryonnés de reptiles partent vers des laboratoires du monde entier pour des travaux sur la reproduction et la physiologie des crocodiliens, un domaine encore mal documenté pour beaucoup d’espèces tropicales. Cette activité place l’établissement dans une catégorie différente des simples parcs d’exposition : une part de son travail se joue derrière les vitrines, dans des incubateurs réglés au dixième de degré.
Le statut de conservation varie fortement selon les espèces présentées. Le crocodile du Nil, largement répandu en Afrique subsaharienne, est classé en préoccupation mineure par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Le gavial du Gange, en revanche, figure parmi les crocodiliens les plus menacés au monde : il ne subsiste plus qu’en quelques cours d’eau d’Inde et du Népal, victime de la pollution des fleuves et de la disparition des bancs de sable où il pond.
La cistude d’Europe, une tortue sauvage à protéger
En France, l’établissement s’engage aussi dans la protection de la cistude d’Europe, une tortue d’eau douce sauvage aujourd’hui menacée par la disparition des zones humides, à travers un plan national d’actions soutenu par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Contrairement aux crocodiliens de la serre, cette petite tortue à carapace sombre vit encore, à l’état sauvage, dans certains étangs et rivières du sud de la France.
Ce qui vaut le détour
La visite se fait essentiellement sous serre, sur un parcours d’environ deux heures qui alterne bassins, îlots de végétation et vitrines. Les crocodiliens y sont visibles de près, dans un cadre pensé pour leur reproduction bien avant de l’être pour le public. Le contraste entre la lenteur apparente de ces reptiles et la précision de leurs attaques, réservées à l’alimentation encadrée par les soigneurs, reste l’un des points qui marquent le plus les visiteurs.
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