La girafe : cou, pelage tacheté et vie sociale dans la savane

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Sommaire7 sections
  1. 01Des ossicônes, pas des cornes
  2. 02Un cou de sept vertèbres, pas une de plus
  3. 03Le necking : le cou comme arme
  4. 04Un pelage qui identifie chaque individu
  5. 05Une société plus organisée qu’on ne le pensait
  6. 06Une langue de 50 centimètres au service du cou
  7. 07Un cri qu’on entend rarement

La girafe porte sur la tête deux à cinq excroissances qu’on appelle souvent des cornes. Ce sont des ossicônes, une structure propre aux girafidés qui n’a rien à voir avec les cornes des bovidés ni avec les bois des cerfs. C’est un bon point de départ pour parler d’un animal qu’on croit connaître, alors que son cou, son pelage et sa vie sociale réservent chacun leur lot de surprises.

Des ossicônes, pas des cornes

tête de girafe de profil montrant les deux ossicônes recouverts de peau et de poils au sommet du crâne

Contrairement à une corne de bovidé, qui pousse en volume depuis sa base et reste creuse, ou à un bois de cervidé, qui repousse chaque année à partir d’un tissu vivant appelé velours, l’ossicône se forme à partir d’un cartilage qui s’ossifie et se soude au crâne avec l’âge. Il reste couvert de peau et de poils toute la vie de l’animal et n’est jamais rejeté. Les mâles en portent souvent un troisième, au centre du front, résultat de bagarres répétées qui épaississent l’os à cet endroit.

Un cou de sept vertèbres, pas une de plus

Le cou de la girafe compte exactement sept vertèbres cervicales, le même nombre que chez la souris ou chez l’être humain, mais chacune peut dépasser 25 centimètres de long. Cet allongement pose un problème mécanique réel : faire remonter le sang jusqu’à une tête située à plus de cinq mètres de haut exige un cœur d’environ 11 kilogrammes, capable de générer une pression artérielle presque deux fois supérieure à celle d’un être humain. Un réseau de valves dans les veines du cou empêche le sang de refluer brutalement quand l’animal baisse la tête pour boire.

Le necking : le cou comme arme

Les mâles se disputent le rang social et l’accès aux femelles par des combats appelés necking : deux girafes se placent flanc contre flanc, puis balancent la tête pour se frapper au corps avec leurs ossicônes, parfois assez violemment pour assommer l’adversaire. Ces affrontements, plus fréquents chez les jeunes mâles qui testent leur place dans la hiérarchie, expliquent pourquoi les vieux mâles dominants portent un crâne nettement plus épais et bosselé que les femelles.

Un pelage qui identifie chaque individu

La robe de la girafe, faite de taches rousses ou brunes séparées par un réseau de lignes plus claires, forme un motif propre à chaque animal, comme une empreinte digitale. Les chercheurs de terrain s’en servent pour reconnaître les individus d’une population sans les capturer ni les baguer. Ce motif se transmet en partie de la mère aux petits : des taches aux contours plus arrondis ou plus découpés reviennent d’une génération à l’autre au sein d’une même lignée.

Une société plus organisée qu’on ne le pensait

On a longtemps décrit la girafe comme un animal solitaire, vivant en groupes lâches et changeants sans réel lien social. Des suivis de longue durée menés au Kenya et en Namibie ont montré le contraire : les femelles entretiennent des relations stables sur plusieurs années, parfois plus d’une décennie, au sein de ce que les chercheurs appellent une société de fission-fusion, où les individus se séparent et se regroupent en fonction des ressources tout en gardant des préférences sociales durables. Les mâles, eux, restent effectivement plus mobiles et changent plus souvent de compagnons.

Une langue de 50 centimètres au service du cou

Le long cou de la girafe ne sert à rien sans une langue capable d’aller chercher les feuilles au bout des branches les plus hautes ou les plus protégées. Cette langue, longue d’environ 50 centimètres, violette à son extrémité, est assez souple pour s’enrouler autour d’un rameau et suffisamment épaisse pour résister aux épines d’acacia, l’essentiel de son régime. Des lèvres mobiles et couvertes de poils sensitifs complètent le dispositif, permettant à l’animal de trier les feuilles tendres sans se blesser sur les épines les plus longues.

Un cri qu’on entend rarement

La girafe communique le plus souvent par des signaux visuels et des infrasons à peine perceptibles pour l’oreille humaine. Elle émet aussi, mais rarement, des beuglements sourds ou des grognements, en particulier les femelles qui cherchent un petit égaré. Ce silence relatif s’explique probablement par le risque d’attirer des prédateurs dans un habitat de savane ouverte, où un cri porte loin et où la fuite reste la meilleure défense. Les jeunes, en revanche, bêlent assez fort pour se signaler à leur mère quand ils se retrouvent séparés du groupe, un des rares sons de girafe qu’un promeneur a une chance d’entendre distinctement, bien plus audible que les infrasons échangés entre adultes.

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