Le gnou noir, ou gnou à queue blanche : allure et vie en troupeau

découvrez le fascinant monde du gnou noir, un animal emblématique des savanes africaines, à travers son comportement unique et ses caractéristiques physiques. apprenez en détail sur ses habitudes sociales, son habitat et son rôle dans l'écosystème.
Sommaire7 sections
  1. 01Un gnou sauvé par des fermiers
  2. 02Un animal presque uniquement sud-africain
  3. 03Crinière dressée, queue blanche : comment reconnaître le gnou noir
  4. 04Vitesse et déplacements
  5. 05Vie en troupeau et communication
  6. 06Des cornes qui servent surtout entre mâles
  7. 07Régime alimentaire et statut de conservation

En 1982, il ne restait plus qu’environ 150 gnous noirs à l’état sauvage. Aujourd’hui, l’espèce compte près de 18 000 individus, et l’écrasante majorité vit dans des réserves privées d’Afrique du Sud plutôt que dans des parcs nationaux. Cette histoire de sauvetage par des éleveurs, plus que par les pouvoirs publics, est ce qui distingue le gnou noir de son cousin bien plus connu, le gnou bleu.

Un gnou sauvé par des fermiers

gnou noir de face, crinière blanche dressée sur l’encolure et long fanon de poils sombres pendant sous le menton

Le gnou noir, ou gnou à queue blanche (Connochaetes gnou), a frôlé l’extinction à la fin du XIXe siècle sous l’effet de la chasse et de la conversion des hautes plaines sud-africaines en terres agricoles. Sa survie tient à des fermiers qui ont maintenu de petits troupeaux sur leurs terres privées, par goût plutôt que par obligation légale. Ces populations d’élevage forment aujourd’hui environ 80 % des effectifs mondiaux, un rapport inverse de ce qu’on observe chez la plupart des grands herbivores africains, généralement plus nombreux dans les parcs publics. Cette dépendance à des terres privées, plutôt qu’à des aires protégées publiques, distingue nettement le mode de sauvetage du gnou noir de celui d’autres grands mammifères sud-africains comme le rhinocéros blanc.

Un animal presque uniquement sud-africain

Contrairement à une idée reçue, le gnou noir n’habite pas « les savanes africaines » au sens large. Son aire naturelle se limite aux hauts plateaux herbeux d’Afrique du Sud et du Lesotho, un territoire bien plus restreint que celui du gnou bleu, présent du Kenya à la Namibie. Il recherche les prairies ouvertes et fraîches d’altitude, un habitat très différent des plaines chaudes de la savane est-africaine associées à l’autre espèce.

Crinière dressée, queue blanche : comment reconnaître le gnou noir

Le gnou noir mesure de 1,70 à 2,20 mètres de long pour environ 1,10 mètre au garrot, et pèse en moyenne 130 kilogrammes chez la femelle contre 160 chez le mâle. Ses cornes, incurvées vers l’avant et le bas, mesurent 50 à 80 centimètres. Deux détails suffisent à ne jamais le confondre avec le gnou bleu, plus grand et plus répandu : sa crinière blanche se dresse droite sur l’encolure, alors que celle du gnou bleu retombe sur le côté, et sa queue, longue de 80 à 100 centimètres, reste blanche du début à la fin, contre une queue noire chez son cousin. Le pelage brun foncé du gnou noir contraste aussi avec la robe gris bleuté qui donne son nom à l’autre espèce.

Vitesse et déplacements

Le gnou noir court en moyenne à 65 km/h et peut atteindre 80 km/h sur de courtes distances lorsqu’un prédateur le surprend. Il ne réalise cependant pas les grandes migrations de plusieurs milliers d’individus associées au gnou bleu dans le Serengeti : ses populations, aujourd’hui largement clôturées dans des réserves privées, se déplacent surtout à l’échelle locale, en quête de pâturages frais après la saison des pluies.

Vie en troupeau et communication

Les femelles et leurs petits forment des troupeaux séparés de ceux des mâles adultes, souvent solitaires ou regroupés en petites bandes de célibataires. Le contact au sein du groupe passe par un meuglement grave, également utilisé comme cri d’alarme quand un prédateur approche. Le toilettage mutuel renforce les liens entre femelles apparentées, une pratique documentée surtout au sein des troupeaux d’origine, avant les périodes de dispersion des jeunes mâles.

Des cornes qui servent surtout entre mâles

Les cornes du gnou noir, robustes et recourbées vers l’avant puis vers le bas, servent d’abord aux affrontements entre mâles pour la maîtrise d’un territoire de reproduction. Un mâle défend une parcelle d’herbe pendant la saison des amours, s’y poste seul et tente d’y attirer les femelles de passage en effectuant des parades bruyantes, tête basse, en raclant le sol de ses sabots avant. Les combats, front contre front, restent en général brefs, l’un des deux adversaires reculant dès qu’il sent la partie perdue.

Régime alimentaire et statut de conservation

Herbivore, le gnou noir se nourrit presque exclusivement de graminées courtes, qu’il broute au ras du sol sur les prairies d’altitude. Il complète parfois ce régime en broutant des pousses ligneuses basses lorsque l’herbe se raréfie en fin de saison sèche. L’Union internationale pour la conservation de la nature classe aujourd’hui l’espèce en préoccupation mineure, un net progrès par rapport à son statut critique du siècle dernier. Ce classement rassurant dépend toutefois presque entièrement de la gestion continue des troupeaux dans les réserves privées : hors de ce cadre, la population sauvage libre resterait marginale.

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