Le goral à longue queue, un caprin de montagne : pelage et mœurs

découvrez tout sur le goral à longue queue, un animal fascinant aux caractéristiques uniques. explorez son apparence distincte et son comportement captivant, idéal pour les passionnés de faune et ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur cette espèce.
Sommaire7 sections
  1. 01Un bovidé des falaises, pas un félin
  2. 02Grimpeur sur les corniches
  3. 03Le troisième goral, et pas le plus commun
  4. 04Un refuge inattendu : la zone démilitarisée coréenne
  5. 05Vie sociale et reproduction
  6. 06Un sifflement pour avertir le groupe
  7. 07Une espèce vulnérable, surveillée de près

Sa queue, la plus longue des trois gorals que compte le genre, donne son nom au goral à longue queue et permet de le distinguer au premier coup d’œil. Il vit sur les corniches rocheuses du nord-est de l’Asie, en Russie, en Chine et en Corée, où il grimpe des pentes que peu d’autres herbivores osent aborder. C’est un bovidé de la sous-famille des caprinés, cousin du chamois et du bouquetin, et non un félin malgré une allure qui prête parfois à confusion.

Un bovidé des falaises, pas un félin

goral à longue queue debout sur une corniche rocheuse, pelage gris brun et courtes cornes noires incurvées vers l’arrière

Le goral à longue queue (Naemorhedus caudatus) mesure entre 90 et 120 centimètres de long pour 55 à 80 centimètres au garrot, et pèse de 22 à 30 kilogrammes. Ses cornes noires, présentes chez les deux sexes, atteignent 8 à 15 centimètres et s’incurvent légèrement vers l’arrière. Le pelage va du brun au gris cendré selon la saison, plus épais en hiver pour résister au froid des montagnes de l’Amour et de la péninsule coréenne.

Grimpeur sur les corniches

Il vit entre 500 et 2 000 mètres d’altitude, sur des pentes rocheuses bordées de forêts. Ses sabots, munis d’un coussinet souple encadré d’une bordure dure, lui donnent une adhérence que peu de prédateurs peuvent égaler sur ce terrain. Il consacre le début et la fin de journée à brouter herbes, jeunes pousses, feuilles et fruits, et passe le reste du temps à ruminer, posté sur une corniche qui lui offre une vue dégagée sur les alentours.

Le troisième goral, et pas le plus commun

Deux autres gorals se distinguent facilement de lui. Le goral de l’Himalaya, plus répandu, occupe un massif entièrement différent, du Pakistan au Bhoutan, et porte une queue nettement plus courte. Le goral roux, lui, se reconnaît à sa robe orangée qui tranche avec le brun-gris terne du goral à longue queue. Le critère le plus fiable sur le terrain reste la queue : chez le goral à longue queue, elle dépasse largement celle de ses deux cousins et porte une touffe de poils sombres à son extrémité.

Le goral à longue queue vit plus au nord et à l’est que les deux autres, dans des massifs qui touchent la mer du Japon. Sa population russe, la plus importante, ne compte qu’environ 600 individus. En Corée du Sud, où il est protégé comme monument naturel, il en reste moins de 250.

Un refuge inattendu : la zone démilitarisée coréenne

Une partie de la population sud-coréenne survit dans la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées depuis 1953. Interdite d’accès à l’agriculture et à la chasse depuis plus de soixante-dix ans, cette bande de terre est devenue, sans l’avoir cherché, l’un des derniers sanctuaires de l’espèce dans le pays. Des mines antipersonnel encore actives compliquent d’ailleurs les comptages sur place.

Vie sociale et reproduction

Les femelles et les jeunes forment de petits groupes conduits par un mâle dominant, tandis que les mâles adultes vivent le plus souvent seuls en dehors de la saison des amours. Le territoire d’un individu s’étend sur 20 à 40 hectares de pentes et de corniches. La reproduction a lieu de septembre à décembre, après une gestation de sept à huit mois. La femelle met bas un ou deux petits, cachés dans les hautes herbes le temps qu’ils gagnent en assurance sur les rochers ; le sevrage intervient vers quatre à cinq mois, et la maturité sexuelle entre deux et trois ans.

Un sifflement pour avertir le groupe

Face à un danger, un lynx, un loup ou un aigle royal selon les massifs, le goral à longue queue émet un sifflement bref et aigu, répété plusieurs fois, qui alerte les autres membres du groupe sans qu’ils aient besoin de se voir. Le reste du troupeau se fige d’abord, cherche la source de la menace, puis se disperse vers les corniches les plus étroites où les prédateurs terrestres peinent à suivre. Cette fuite verticale, plus que la vitesse pure, reste sa meilleure défense sur un terrain où la course en ligne droite n’est presque jamais possible.

Une espèce vulnérable, surveillée de près

L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le goral à longue queue comme vulnérable. La destruction de l’habitat forestier, le braconnage et la concurrence du bétail sur les pentes les plus accessibles pèsent sur ses effectifs déjà réduits. En Russie comme en Corée, les programmes de suivi reposent sur des comptages directs, rendus difficiles par le relief et, dans certains secteurs coréens, par la présence de champs de mines hérités de la guerre.

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