La gazelle antilope des Indes : cornes, pelage et adaptabilité

découvrez le portrait détaillé de la gazelle antilope des indes, une espèce fascinante de la faune. apprenez-en plus sur son apparence élégante, ses comportements uniques et ses habitudes de vie dans son habitat naturel.
Sommaire7 sections
  1. 01Une antilope, pas une gazelle
  2. 02Le mâle noircit en vieillissant
  3. 03Des cornes réservées au mâle
  4. 04Le chinkara, la gazelle qu’on lui confond
  5. 05Une vitesse d’endurance hors norme
  6. 06Reproduction et vie en troupeau
  7. 07D’une chasse intensive à un statut stabilisé

La silhouette élancée de l’antilope cervicapre, ses cornes en tire-bouchon et son pelage bicolore la distinguent d’emblée de sa cousine indienne, la gazelle de Bennett ou chinkara, qui, elle, en est une vraie. L’antilope cervicapre forme à elle seule un genre distinct, Antilope, qu’aucune autre espèce ne partage, malgré un nom qui évoque une parenté avec les gazelles. C’est elle qui ouvre ici la série consacrée aux gazelles, un choix presque ironique au vu de cette distinction.

Une antilope, pas une gazelle

Le terme « gazelle » revient si souvent dans les descriptions populaires de l’antilope cervicapre qu’il en devient trompeur : sur le plan scientifique, aucune des vraies gazelles, toutes rangées dans le genre Gazella, ne partage son classement. Cette confusion de vocabulaire n’a rien d’anodin pour qui cherche à identifier l’animal sur le terrain, en Inde comme dans les parcs zoologiques où elle est couramment présentée.

antilope cervicapre mâle au pelage brun foncé, ventre blanc et longues cornes torsadées en spirale

L’antilope cervicapre (Antilope cervicapra) vit dans les plaines herbeuses et les zones cultivées du sous-continent indien, principalement en Inde et au Népal. Le mâle mesure 74 à 84 centimètres au garrot pour 120 à 140 centimètres de long, et pèse de 32 à 43 kilogrammes. La femelle est nettement plus petite : 64 à 74 centimètres au garrot, 100 à 120 centimètres de long, pour 25 à 35 kilogrammes.

Le mâle noircit en vieillissant

Chez la plupart des antilopes, les deux sexes se ressemblent. L’antilope cervicapre fait exception : la femelle garde toute sa vie une robe fauve claire, tandis que le mâle, fauve clair à la naissance, fonce progressivement jusqu’au brun très sombre, presque noir sur le dos, à mesure que son taux de testostérone augmente avec l’âge et le rang social. Un mâle dominant affiche ainsi une robe nettement plus sombre qu’un jeune mâle subordonné du même âge, un signal visuel que les femelles et les rivaux savent lire à distance.

Des cornes réservées au mâle

Seul le mâle porte des cornes, annelées et torsadées en spirale, longues de 45 à 75 centimètres. Leur forme en tire-bouchon, unique parmi les antilopes de cette taille, les distingue aussitôt des cornes courtes, à peine incurvées et lisses, de la chinkara, la gazelle indienne avec laquelle on confond souvent l’antilope cervicapre.

Le chinkara, la gazelle qu’on lui confond

La chinkara (Gazella bennettii), elle, appartient bien au genre des gazelles. Elle est plus petite, pèse 20 à 25 kilogrammes, et porte des cornes courtes de 25 à 30 centimètres, légèrement incurvées et annelées, chez les deux sexes cette fois. Sa robe reste d’un brun sable uniforme, sans le contraste noir et blanc du mâle cervicapre adulte. Elle fréquente aussi des milieux plus arides, déserts de sable et plaines broussailleuses, alors que l’antilope cervicapre préfère les prairies ouvertes et s’aventure volontiers en lisière des cultures.

Une vitesse d’endurance hors norme

L’antilope cervicapre atteint 80 à 90 km/h en vitesse de croisière et peut dépasser 100 km/h en pointe sur de courtes distances. Ce qui la distingue vraiment du guépard, seul prédateur capable de rivaliser sur l’instant, c’est l’endurance : là où le guépard s’essouffle après quelques centaines de mètres, elle peut maintenir une allure élevée sur plusieurs kilomètres, ce qui limite fortement le nombre de courses qui tournent à son désavantage.

Reproduction et vie en troupeau

Les antilopes cervicapres vivent en groupes de quelques dizaines d’individus, souvent séparés entre bandes de femelles et bandes de mâles célibataires. Un mâle dominant défend un territoire de quelques hectares pendant la saison des amours et tente d’y retenir un harem temporaire de femelles. La maturité sexuelle intervient vers 18 mois chez la femelle et un peu plus tard chez le mâle, qui doit d’abord conquérir un territoire pour se reproduire. Après une gestation de cinq à six mois, la femelle met bas un unique faon, qu’elle dissimule dans les hautes herbes pendant les toutes premières semaines.

D’une chasse intensive à un statut stabilisé

La population d’antilopes cervicapres s’est effondrée au cours du XXe siècle sous l’effet de la chasse, tombant à quelques milliers d’individus dans les années 1970. Une protection légale stricte en Inde, où l’espèce est aussi liée à des croyances religieuses locales qui limitent sa chasse dans certaines régions, a permis un net rétablissement : l’Union internationale pour la conservation de la nature la classe aujourd’hui en préoccupation mineure, avec une population supérieure à 50 000 individus. Les collisions avec les clôtures agricoles et la perte de prairies restent ses principales menaces actuelles, tout comme les conflits avec les agriculteurs quand des troupeaux s’aventurent dans les champs de céréales en lisière de leur habitat naturel.

Résumer cet article avec :

Partager :