L’entelle, ce langur d’Asie souvent confondu avec le capucin

plongez dans l'univers fascinant de l'entelle, un singe capucin captivant. découvrez ses caractéristiques, son habitat, son comportement et son importance dans l'écosystème. apprenez tout ce qu'il faut savoir sur cette espèce intrigante et comment elle nous inspire.
Sommaire5 sections
  1. 01Un langur d'Asie du Sud, pas un singe d'Amérique
  2. 02Un régime de feuilles, digéré comme celui d'une vache
  3. 03Une vie sociale organisée en groupes de tailles très variables
  4. 04Un animal sacré, protégé par la religion autant que par la loi
  5. 05Statut et menaces

Dans les arbres de l'Himalaya ou dans les cours des temples hindous, l'entelle passe ses journées à mâcher des feuilles, un mode de vie propre aux langurs d'Asie du Sud, cousins lointains des babouins et des macaques. Le capucin, lui, vit à des milliers de kilomètres de là, en Amérique du Sud et centrale, où ce petit singe à la queue préhensile casse des noix avec des pierres. La confusion vient sans doute du mot « singe », qui recouvre des animaux séparés par un océan entier et par des dizaines de millions d'années d'évolution.

Un langur d'Asie du Sud, pas un singe d'Amérique

entelle gris assis dans un arbre, face noire encadrée de poils blancs, longue queue retombant sous la branche

L'entelle, ou langur gris (genre Semnopithecus), vit sur le sous-continent indien : Inde, Népal, Sri Lanka, Bangladesh et Pakistan. Rien à voir avec les forêts tropicales d'Amérique centrale ou du Sud, domaine des capucins et des singes hurleurs. L'entelle appartient à la famille des cercopithécidés, sous-famille des colobinés, qui regroupe des singes essentiellement feuillus de l'Ancien Monde. Le capucin, à l'inverse, fait partie des cébidés, une famille propre au continent américain.

Le corps mesure de 50 à 80 cm, mais c'est la queue qui frappe le plus : elle dépasse souvent 90 cm, plus longue que le corps lui-même, et n'est pas préhensile, contrairement à celle du capucin. Les mâles pèsent en moyenne 18 kg, les femelles autour de 11 kg. Le pelage va du gris clair au beige, avec une face noire encadrée d'une couronne de poils blancs qui donne à l'animal son allure de vieux sage, un trait qui a probablement nourri son statut sacré en Inde.

Un régime de feuilles, digéré comme celui d'une vache

L'entelle est avant tout folivore : les feuilles composent l'essentiel de son alimentation, complétées par des fruits, des fleurs et des bourgeons. Cette diète pauvre et fibreuse est digérée grâce à un estomac à plusieurs compartiments qui fermente la cellulose, un dispositif comparable à celui des ruminants et unique chez les primates du groupe des colobinés. Le capucin, omnivore, mange fruits, insectes et petits vertébrés, avec une stratégie alimentaire totalement différente.

Une vie sociale organisée en groupes de tailles très variables

Les entelles vivent en groupes qui vont de cinq à plus de soixante individus selon les régions, parfois organisés autour d'un seul mâle reproducteur, parfois multimâles. Ils communiquent par des cris d'alarme distinctifs et des grondements qui coordonnent les déplacements dans la canopée, où ils se déplacent par bonds pouvant atteindre 4 m de hauteur pour une portée de 10 m.

  • Les jeunes mâles quittent leur groupe natal à la maturité et forment parfois des bandes de célibataires.
  • Les femelles restent généralement dans leur groupe d'origine toute leur vie.
  • Le léopard reste le principal prédateur des adultes dans les zones forestières.

Un animal sacré, protégé par la religion autant que par la loi

En Inde, l'entelle est associé à Hanuman, la divinité hindoue à tête de singe, ce qui lui vaut une protection culturelle ancienne dans de nombreuses régions où il vit à proximité immédiate des habitations et des temples, tolérant l'homme bien plus que la plupart des primates sauvages. Cette cohabitation ancienne explique pourquoi on observe des entelles jusque dans des villes comme Jaipur ou Varanasi.

Statut et menaces

Selon les espèces du genre, le statut UICN varie de préoccupation mineure à quasi menacé, la tendance générale des populations restant à la baisse. La destruction des forêts par l'agriculture et l'urbanisation reste la menace la plus documentée, même si la tolérance religieuse dont bénéficie l'entelle dans certaines régions limite localement la pression de chasse, contrairement à d'autres primates asiatiques.

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