Le drill (Mandrillus leucophaeus) : cousin du mandrill, parmi les primates les plus menacés

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Sommaire6 sections
  1. 01Un cousin du mandrill, séparé par un fleuve
  2. 02Un corps massif, une silhouette trapue
  3. 03Des groupes qui se rassemblent par dizaines
  4. 04Un territoire réduit à trois points du golfe de Guinée
  5. 05Une forêt dense pour se nourrir et se cacher
  6. 06Une espèce en danger, une population qui se compte en milliers

Le drill est un grand singe d’Afrique de l’Ouest que l’on confond souvent avec son cousin le mandrill, plus connu parce que plus coloré. Cantonné à une poignée de forêts entre le Cameroun, le Nigeria et l’île de Bioko, il compte parmi les primates les plus menacés du continent. Son nom scientifique, Mandrillus leucophaeus, dit déjà l’essentiel : il appartient au même genre que le mandrill, mais s’en distingue nettement une fois qu’on sait où regarder.

Un cousin du mandrill, séparé par un fleuve

un drill assis au sol, museau noir encadré d’une crête osseuse, fesses colorées visibles

Le mandrill et le drill partagent un ancêtre commun mais vivent de part et d’autre du fleuve Sanaga, au Cameroun : le mandrill au sud, le drill au nord. La différence la plus visible tient au visage. Le mandrill affiche un museau strié de bleu et de rouge, presque criard ; celui du drill reste noir, plus sobre, avec une crête osseuse sombre qui l’encadre. Chez les femelles, ce museau est nettement plus court que chez les mâles, environ 70 % de sa longueur, ce qui accentue le dimorphisme entre les sexes.

Un corps massif, une silhouette trapue

Le drill mesure de 54 à 77 centimètres de la tête au corps selon le sexe, avec une queue courte de 5 à 8 centimètres, presque un moignon comparé à celle de la plupart des singes. Le poids varie énormément : une femelle pèse en moyenne 8 à 12 kilogrammes, un mâle adulte entre 20 et 25 kilogrammes, et certains individus dépassent 30 kilogrammes. Cet écart de poids entre les sexes est l’un des plus marqués chez les primates. Le pelage brun-olive s’éclaircit sur le ventre, les fesses affichent un rouge, un bleu et un violet qui tranchent avec le reste du corps, et la main garde un pouce opposable qui permet une préhension fine.

Des groupes qui se rassemblent par dizaines

Le drill vit en groupes d’ordinaire composés de vingt à quarante individus, mais ces bandes se rejoignent parfois pour former des rassemblements de plusieurs centaines d’animaux, en particulier lorsque la nourriture abonde. Au sein du groupe, les cris, les grognements et le toilettage mutuel tiennent lieu de ciment social. La vigilance est partagée : plusieurs individus surveillent les alentours pendant que d’autres se nourrissent ou se reposent, une stratégie qui limite les risques face aux léopards et aux rapaces.

Un territoire réduit à trois points du golfe de Guinée

L’aire de répartition du drill tient sur une carte modeste : le sud-ouest du Nigeria jusqu’à la rivière Cross, le nord-ouest du Cameroun, et l’île de Bioko, en Guinée équatoriale, où une population isolée depuis environ dix mille ans forme une sous-espèce à part, le drill de Bioko, Mandrillus leucophaeus poensis. Cette population insulaire se reconnaît à sa crête de poils jaunâtres à pointes noires, alors que les drills du continent portent une crête plutôt blanche. Cameroun, Nigeria, Bioko : en dehors de ces trois foyers, l’espèce n’existe nulle part ailleurs à l’état sauvage.

Une forêt dense pour se nourrir et se cacher

Le drill passe le plus clair de son temps au sol, sous le couvert des forêts tropicales denses, où il se déplace en fouillant la litière à la recherche de fruits tombés, de graines, de racines et de champignons. Il complète ce régime avec des insectes et, à l’occasion, de petits vertébrés. Cette vie terrestre l’expose davantage aux chasseurs que les singes qui restent dans la canopée, un désavantage qui pèse lourd dans son déclin.

Une espèce en danger, une population qui se compte en milliers

L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le drill parmi les espèces en danger. La population totale ne dépasserait pas quelques milliers d’individus matures, fragmentée entre des forêts de plus en plus morcelées. La déforestation liée à l’agriculture et à l’exploitation du bois réduit son habitat, tandis que la chasse pour la viande de brousse continue de prélever des individus dans les groupes qui subsistent. Sa vie au sol, qui le rend plus facile à repérer et à piéger, ajoute à sa vulnérabilité.

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