Les animaux en R : le renard roux, le rorqual bleu et le raton laveur
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Le renard roux a colonisé les centres-villes du monde entier, le rorqual bleu reste le plus grand animal ayant jamais existé, et le raton laveur doit sa réputation de laveur maniaque à un simple geste des pattes avant. Trois trajectoires très différentes, réunies par une même initiale. Autour d’eux gravitent dix autres espèces tout aussi réelles, du rhinocéros noir au rollier d’Europe, qui montrent à quel point la lettre R peut couvrir des mondes éloignés, de la banquise arctique aux récifs tropicaux.
Trois géants : rhinocéros, renne et rorqual
Le rhinocéros noir, Diceros bicornis, vit dans les savanes et broussailles d’Afrique de l’Est et australe. Contrairement au rhinocéros blanc, qui broute l’herbe, il se nourrit de feuilles et de jeunes pousses saisies avec sa lèvre supérieure préhensile. Le braconnage pour ses deux cornes l’a fait classer en danger critique par l’UICN.
Le renne, Rangifer tarandus, peuple la toundra arctique d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord, où on l’appelle caribou. C’est le seul cervidé chez qui les deux sexes portent des bois. Les populations nord-américaines migrent sur plusieurs milliers de kilomètres entre zones de mise bas et quartiers d’hiver.
Le rorqual bleu, Balaenoptera musculus, est le plus grand animal ayant jamais existé, avec des individus dépassant 25 mètres. Il filtre le krill grâce à ses fanons, avalant jusqu’à plusieurs tonnes de nourriture par jour en saison d’alimentation. L’UICN le classe en danger, séquelle directe de la chasse baleinière du vingtième siècle.
Des mammifères plus familiers
Le raton laveur, Procyon lotor, originaire d’Amérique du Nord, s’est installé en Europe et au Japon après des lâchers ou des évasions d’élevages. Omnivore et nocturne, il manipule sa nourriture avec des pattes avant très mobiles, un geste souvent confondu avec un lavage.
Le renard roux, Vulpes vulpes, est le carnivore terrestre le plus répandu au monde, présent sur presque tout l’hémisphère Nord et introduit en Australie. Son régime opportuniste, rongeurs, fruits, déchets, lui a permis de coloniser les centres-villes sans grande difficulté.
Le ragondin, Myocastor coypu, vient d’Amérique du Sud et a été introduit en Europe pour l’élevage de sa fourrure au début du vingtième siècle. Échappé des enclos, ce gros rongeur semi-aquatique aux longues incisives orange colonise aujourd’hui de nombreux cours d’eau, où il est considéré comme espèce invasive.
La roussette, du genre Pteropus, regroupe les plus grandes chauves-souris du monde, présentes en Asie du Sud, en Afrique et dans le Pacifique. Frugivore, elle se repère surtout par la vue et l’odorat, sans écholocation, et disperse les graines de nombreux arbres tropicaux.
Un requin, une raie et un python
Le requin-marteau regroupe plusieurs espèces du genre Sphyrna, reconnaissables à leur tête aplatie en forme de T. Cette forme améliore leur vision à 360 degrés et concentre des capteurs électriques qui détectent les proies enfouies dans le sable. Plusieurs espèces, dont le requin-marteau halicorne, sont classées en danger critique.
La raie manta, du genre Mobula, filtre le plancton grâce à ses branchies dans les eaux tropicales et subtropicales. Avec une envergure pouvant dépasser sept mètres pour la plus grande espèce, elle reste inoffensive pour l’homme et effectue parfois des sauts hors de l’eau dont la fonction exacte n’est pas tranchée.
Le python réticulé, Malayopython reticulatus, d’Asie du Sud-Est, est le serpent le plus long du monde, certains individus dépassant six mètres. Constricteur, il tue ses proies par asphyxie plutôt que par venin, et peut avaler des animaux plus gros que sa propre tête grâce à une mâchoire très mobile.
Une grenouille et deux oiseaux
La rainette verte, Hyla arborea, vit dans les haies et roselières d’Europe. Ses doigts munis de ventouses lui permettent de grimper sur les tiges et les feuilles lisses. Le chant du mâle, produit grâce à un sac vocal gonflable, s’entend parfois à plus d’un kilomètre par nuit calme.
Le rouge-gorge, Erithacus rubecula, défend un territoire toute l’année en Europe tempérée, y compris en hiver, ce qui le rend visible même par temps froid. Son plumage orangé, présent dès le plus jeune âge chez les deux sexes, sert surtout à l’intimidation d’un rival plutôt qu’à séduire une partenaire.
Le rollier d’Europe, Coracias garrulus, arbore un plumage bleu turquoise vif et migre chaque année vers l’Afrique subsaharienne pour l’hiver. Il niche dans des cavités d’arbres ou de vieux murs et voit ses effectifs reculer avec la disparition des vieux vergers et des insectes dont il se nourrit.
Du plus grand animal jamais recensé à une petite grenouille des haies européennes, ces treize espèces n’ont en commun que leur initiale, mais chacune illustre une adaptation remarquable : la filtration du krill par tonnes chez le rorqual, le sac vocal du mâle rainette qui porte sur un kilomètre, ou encore la tête en forme de T du requin-marteau qui lui offre une vision presque totale de son environnement.
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