Le babiroussa d’Indonésie : ses canines recourbées et son mode de vie
Sommaire6 sections
- 01Des canines qui poussent dans le mauvais sens
- 02Un porc de Sulawesi, pas des îles de la Sonde
- 03Un régime plus varié qu’un simple herbivore
- 04Des mâles plutôt solitaires, des femelles en petits groupes
- 05Une portée réduite, à l’image de la plupart des porcs sauvages d’Asie
- 06Une espèce vulnérable, menacée par la chasse
Chez le babiroussa mâle, les canines supérieures percent la peau du museau et poussent vers l’arrière en s’enroulant, parfois jusqu’à effleurer le front. Cette arme surprenante appartient à un porc à part entière, de la famille des suidés, et non à un hybride de sanglier et de cerf comme on le lit parfois. Endémique de l’île de Sulawesi et de quelques îles voisines de l’archipel indonésien, il vit dans les forêts tropicales et les zones marécageuses, loin des sangliers auxquels on le compare trop vite.
Des canines qui poussent dans le mauvais sens
Le nom scientifique du genre, Babyrousa, vient du malais et signifie « cochon-cerf », allusion à ces canines qui rappellent des bois. Chez les mâles adultes, les canines supérieures ne poussent pas vers le bas comme chez les autres suidés : elles transpercent la peau du museau et remontent en s’incurvant vers l’arrière, formant deux arcs qui peuvent dépasser 30 centimètres. Les canines inférieures, elles aussi allongées, complètent cette arme peu maniable et cassante, plus utile pour impressionner un rival que pour se battre réellement.
Un porc de Sulawesi, pas des îles de la Sonde
Le babiroussa n’habite pas les îles de la Sonde, qui regroupent Java, Sumatra et Bornéo : il est endémique de Sulawesi et d’un petit groupe d’îles voisines, Buru, Togian et Sula, à l’est de la ligne de Wallace qui sépare la faune asiatique de la faune australienne. Il existe quatre formes reconnues, dont trois espèces vivantes, chacune limitée à son île. Cette répartition tient en partie à un talent inattendu chez un cochon : le babiroussa nage bien et traverse volontiers des bras de mer, ce qui explique sa présence sur des îles distantes du continent.
Un régime plus varié qu’un simple herbivore
Contrairement à l’image d’un herbivore strict, le babiroussa mange surtout des fruits tombés au sol, des feuilles et des racines, mais il complète ce régime avec des insectes, des vers et à l’occasion de petits vertébrés. Son estomac, plus complexe que celui d’un sanglier, digère efficacement la matière végétale riche en fibres. Il fouille peu la terre avec son groin comparé aux autres porcs sauvages, la structure de son museau, déjà occupée par les canines, s’y prêtant moins bien.
Des mâles plutôt solitaires, des femelles en petits groupes
La vie sociale du babiroussa n’est pas uniforme entre les sexes. Les femelles et les jeunes forment de petits groupes stables de trois à huit individus, tandis que les mâles adultes vivent le plus souvent seuls et ne rejoignent un groupe que pour la reproduction. La communication passe par des grognements et des gémissements dont l’intensité varie selon la situation, alerte, recherche d’un partenaire ou simple contact au sein du groupe.
Une portée réduite, à l’image de la plupart des porcs sauvages d’Asie
La femelle babiroussa met bas après une gestation d’environ cinq mois, généralement un ou deux petits, rarement plus. C’est nettement moins que le sanglier commun, qui peut donner naissance à une portée de six à dix marcassins, une différence qui tient à la stratégie de reproduction du babiroussa, moins prolifique mais avec un investissement parental plus long par petit. Les jeunes restent avec leur mère plusieurs mois avant de rejoindre le groupe des femelles.
Une espèce vulnérable, menacée par la chasse
Le babiroussa de Sulawesi est classé vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Sa viande est recherchée localement malgré son statut protégé, et la déforestation liée à l’exploitation forestière et aux plantations de palmiers à huile réduit son habitat d’année en année. Les populations des petites îles, plus isolées, sont particulièrement fragiles face à une pression de chasse même modérée.
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