Le babouin de Guinée : troupe, adaptabilité et savanes d’Afrique
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Le babouin de Guinée est le plus petit de tous les babouins et celui dont l’aire est la plus restreinte : un mince ruban de forêts sèches et de savanes boisées entre le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée et l’extrême ouest du Mali et de la Mauritanie. Chez lui, ce sont surtout les mâles qui étonnent les primatologues, par leur tolérance mutuelle plutôt que par leur agressivité.
Le plus petit babouin, sur le plus petit territoire
Le babouin de Guinée, Papio papio, pèse entre 13 et 26 kilogrammes selon le sexe, bien en dessous des autres espèces du genre. Son aire, confinée à l’extrémité occidentale de l’Afrique, est la plus étroite de tous les babouins, ce qui explique en partie son classement en quasi-menacé par l’Union internationale pour la conservation de la nature : la moindre perte de forêt y pèse davantage que sur une espèce répartie sur vingt pays.
Une face violacée, un pelage roux
Le pelage va du roux au brun-acajou, avec une face nue violet foncé à noire, encadrée chez les mâles de favoris jaune-brun qui donnent au visage un aspect de petite crinière. Les femelles se distinguent par des callosités fessières roses, bien visibles. Les mâles mesurent de 70 à 80 centimètres, les femelles de 50 à 60, pour une queue de 30 à 50 centimètres qui n’a pas de fonction préhensile.
Des mâles qui ne se battent presque jamais
Ce qui distingue vraiment le babouin de Guinée n’est pas son physique mais son fonctionnement social : les mâles adultes tissent des liens forts entre eux, s’épouillent mutuellement et évitent l’agressivité qui domine chez le babouin olive ou le chacma. Les unités à un seul mâle se regroupent en troupes bien plus larges, de 50 à 300 individus, sans que la coercition du hamadryas s’y retrouve : les femelles s’accouplent avec plusieurs mâles et jouent un rôle actif dans la direction des déplacements du groupe, une situation rare chez les babouins.
Régime alimentaire
Omnivore et opportuniste, il consomme des graminées, des fruits, des légumes sauvages, des insectes et occasionnellement de petits mammifères. La proximité constante avec les points d’eau, en forêt comme en savane, conditionne ses déplacements quotidiens, surtout pendant la saison sèche quand les ressources se raréfient.
Des femelles qui prennent la tête
Dans la plupart des espèces de babouins, ce sont les mâles qui décident du moment et de la direction du départ. Chez le babouin de Guinée, les femelles participent activement à ces choix et initient souvent les déplacements du groupe vers les points d’eau ou les zones de nourrissage, une répartition des rôles plus équilibrée que chez ses cousins d’Afrique de l’Est ou australe. Les chercheurs y voient un effet indirect de la faible compétition entre mâles : moins occupés à défendre leur rang, ceux-ci laissent davantage d’initiative aux femelles.
L’espèce qu’on confond avec lui : le babouin olive
Longtemps, le babouin de Guinée a été classé comme une simple variante du babouin olive, avant que la génétique ne confirme son statut d’espèce distincte. Leurs aires se touchent à l’est, vers la Guinée et le Mali. Le critère de terrain reste la taille et la couleur : le babouin de Guinée est nettement plus petit, avec un pelage roux et une face violacée, quand le babouin olive est plus massif, au pelage gris-vert et à la face plus sombre. Un babouin de petite taille au pelage cuivré, dans une forêt sèche d’Afrique de l’Ouest, est presque toujours un babouin de Guinée.
Reproduction et longévité
Les femelles atteignent leur maturité vers 3 à 4 ans, les mâles vers 5 à 7 ans, et les naissances ont lieu toute l’année. La gestation dure environ 6 mois, la femelle donne naissance à un seul petit, en général tous les deux ans. En milieu naturel, l’espérance de vie tourne autour de 15 à 20 ans, contre 30 ans en captivité, où l’absence de prédateurs et la régularité de l’alimentation allongent nettement la durée de vie.
Une espèce à surveiller
Classé quasi menacé, le babouin de Guinée subit la déforestation liée à l’agriculture et, plus localement, le braconnage pour la viande de brousse. Sa petite aire ne lui laisse guère de marge : contrairement au babouin olive, qui peut se replier vers d’autres régions quand un habitat se dégrade, le babouin de Guinée n’a nulle part ailleurs où aller.
Certaines populations, notamment dans la réserve de Niokolo-Koba au Sénégal, bénéficient toutefois d’une protection efficace, ce qui en fait des sites de référence pour étudier ce babouin dans un état proche de ses conditions naturelles. Ailleurs, la fragmentation des forêts galeries par les pistes et les cultures isole des groupes qui, une fois séparés, échangent moins de mâles et voient leur diversité génétique se réduire.
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