Le babouin olive, dit anubis : pelage, troupe et habitats africains
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Le babouin olive doit son autre nom, anubis, à sa face sombre et allongée, qui a rappelé aux naturalistes le dieu égyptien à tête de chacal. C’est aussi le babouin le plus répandu du continent africain : son aire couvre une bande de savane qui va du Mali à l’Éthiopie, puis descend jusqu’en Tanzanie, à travers une vingtaine de pays.
Un nom venu d’Égypte, une aire immense
Le babouin olive, Papio anubis, appartient à la famille des cercopithécidés, celle des singes de l’Ancien Monde. Aucune autre espèce de babouin n’occupe un territoire aussi vaste : on le trouve dans des savanes arides, des forêts galeries, des steppes et même sur certains massifs montagneux du Sahara, comme le Tibesti. Une population avait même été introduite en Espagne au vingtième siècle, aujourd’hui éteinte.
Un pelage à effet d’optique
Vu de loin, son pelage paraît d’un gris-vert uniforme, d’où le nom d’olive. De près, la couleur se dérobe : chaque poil porte des anneaux jaune-brun et noir, un mélange qui produit cet effet d’ensemble. Les mâles portent en plus une crinière qui descend en pointe le long du dos, absente chez les femelles. Le museau est allongé, la face sombre et nue, et une queue de 40 à 50 centimètres, non préhensile, sert de balancier plutôt que d’outil de préhension.
Côté taille, les femelles mesurent entre 50 et 70 centimètres de long, les mâles entre 60 et 90. Le poids suit le même écart marqué : de 10 à 25 kilogrammes chez les femelles, de 15 à 37 chez les mâles, avec de rares individus qui dépassent 50 kilogrammes dans les populations les mieux nourries.
La troupe, pas le harem
Le babouin olive vit en groupes mixtes de 15 à 150 individus, où plusieurs mâles adultes cohabitent avec plusieurs femelles. Les femelles restent toute leur vie dans le groupe où elles sont nées : leur rang social se transmet de mère en fille, et les liens entre femelles apparentées, tissés par l’épouillage, structurent la vie du groupe bien plus que la présence d’un mâle dominant. Les mâles, eux, quittent leur groupe natal à la maturité pour rejoindre une autre troupe.
Des chasseurs organisés
L’alimentation ne se limite pas aux fruits et aux graines. Le babouin olive chasse en groupe, de façon coordonnée, de petits mammifères, des oiseaux, parfois de jeunes antilopes ou de jeunes colobes. Cette capacité d’organisation le rend aussi redoutable pour les cultures : dans les zones agricoles, il pille les champs de maïs et de patates douces, ce qui lui vaut d’être abattu régulièrement par les fermiers, malgré son statut d’espèce non menacée.
Un vocabulaire de cris
Le babouin olive communique par une gamme de sons bien distincts. Le mâle émet un « wahou » sonore, en deux syllabes, lors des rivalités de rang ou face à un prédateur, un cri qui porte sur plusieurs centaines de mètres en savane. Les femelles et les jeunes utilisent des grognements plus doux pour maintenir le contact dans la végétation dense, et des jappements aigus signalent l’approche d’un léopard ou d’un python. Ce répertoire vocal se double d’une communication gestuelle : présentation de l’arrière-train, mimiques faciales et bâillements qui exposent les canines, un signal de menace plutôt qu’un signe de fatigue.
L’espèce qu’on confond avec lui : le babouin hamadryas
À la frontière de l’Éthiopie, dans le parc national de l’Awash, le babouin olive croise le babouin hamadryas, et les deux espèces s’hybrident sur place depuis des décennies. Le critère qui les sépare sur le terrain est net : le mâle hamadryas porte une cape et une crinière argentées qui grisonnent avec l’âge, absentes chez le mâle anubis, et il vit dans une unité à un seul mâle entouré de ses femelles, un harem, quand le babouin olive vit en troupe à plusieurs mâles. Un babouin sombre, sans cape, entouré d’autres mâles adultes, est un anubis. Un babouin gris argenté qui règne seul sur un petit groupe de femelles est un hamadryas.
Statut et pressions
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le babouin olive en préoccupation mineure, grâce à sa large répartition et à ses effectifs importants. La menace qui pèse sur lui n’est pas la rareté mais le conflit avec l’agriculture : dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est, il est chassé comme nuisible, alors même que sa présence régule les populations de petits herbivores et de rongeurs dans les milieux qu’il occupe.
Sa longévité dépasse celle de beaucoup de primates de taille comparable : un babouin olive vit en moyenne 20 à 25 ans à l’état sauvage, et certains individus captifs ont franchi les 45 ans. Cette durée de vie longue, combinée à des femelles qui restent groupées sur plusieurs générations, explique en partie la stabilité des troupes observées sur des décennies dans des sites comme le parc national du Gombe, en Tanzanie.
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