Les animaux les plus lents de la planète, de la mer à la terre ferme
Sommaire6 sections
- 01Dans les airs, une parade nuptiale presque immobile
- 02Dans l’eau, l’hippocampe et sa nage verticale
- 03Sur terre, l’escargot et le record du mètre par minute
- 04Le paresseux, plus lent au sol que dans les arbres
- 05Le loris lent, seul primate venimeux
- 06La tortue géante des Galápagos, la lenteur des géants
Sous l’eau, l’hippocampe pygmée plafonne à 0,0016 km/h, soit à peine un mètre et demi parcouru en une heure. Du paresseux à l’escargot, la lenteur record de ces espèces tient à une économie d’énergie éprouvée sur des millions d’années plutôt qu’à un défaut. Chaque vitesse citée ici a été mesurée dans des conditions précises, très différentes selon que l’animal évolue au sol, dans l’eau ou en vol, et les chiffres qui suivent le montrent espèce par espèce.
Dans les airs, une parade nuptiale presque immobile
L’oiseau volant le plus lent au monde, selon le Guinness World Records, est la bécasse d’Amérique, Scolopax minor, qui présente pendant sa parade nuptiale crépusculaire un vol contrôlé à seulement 8 km/h. Cette vitesse minimale correspond au vol nuptial du mâle, réalisé en spirale ascendante puis en piqué au-dessus des clairières forestières de l’est de l’Amérique du Nord, un comportement destiné à attirer les femelles plutôt qu’à se déplacer. En dehors de cette parade, l’espèce vole naturellement beaucoup plus vite pour migrer ou fuir un prédateur.
Dans l’eau, l’hippocampe et sa nage verticale
Le titre de poisson le plus lent revient à l’hippocampe pygmée, Hippocampus zosterae, dont la vitesse de pointe mesurée est d’environ 0,0016 km/h, soit à peine un mètre et demi par heure. Cette lenteur extrême tient à son mode de nage : contrairement à la plupart des poissons, l’hippocampe se déplace à la verticale en ondulant une nageoire dorsale minuscule, et passe le plus clair de son temps immobile, la queue enroulée autour d’une algue ou d’un brin d’herbe marine pour ne pas dériver au gré du courant. Cette immobilité volontaire lui sert autant de stratégie de chasse, en attendant le passage de petits crustacés, que de protection contre les prédateurs.
Sur terre, l’escargot et le record du mètre par minute
L’escargot petit-gris, Cornu aspersum, avance à une vitesse moyenne d’environ 0,048 km/h, ce qui représente près de cent fois moins vite qu’un piéton humain. Cette vitesse a été précisément mesurée à l’occasion des championnats du monde de course d’escargots organisés chaque année à Congham, en Angleterre, où le record retenu par le Guinness World Records reste inférieur à 1,3 mètre par minute. Le pied musculaire de l’escargot sécrète un mucus qui réduit les frottements sur la plupart des surfaces, mais qui ne suffit pas à compenser un mode de locomotion fondé sur des ondes musculaires successives plutôt que sur des membres.
Le paresseux, plus lent au sol que dans les arbres
Le paresseux à trois doigts, du genre Bradypus, se déplace au sol à une vitesse d’environ 0,24 km/h, une allure qui grimpe légèrement lorsqu’il évolue dans les arbres où ses griffes recourbées lui offrent une meilleure prise. Cette lenteur découle directement d’un métabolisme parmi les plus bas connus chez les mammifères : la température corporelle du paresseux varie de plusieurs degrés au cours de la journée, et son estomac met parfois un mois entier à digérer une seule feuille. L’espèce descend au sol environ une fois par semaine, uniquement pour déféquer, un moment où elle devient particulièrement vulnérable aux prédateurs comme le jaguar.
Le loris lent, seul primate venimeux
Le loris lent, du genre Nycticebus, présent dans les forêts d’Asie du Sud-Est, se déplace en moyenne à moins de 2 km/h dans la canopée, en avançant membre par membre sans jamais lâcher sa prise, ce qui lui évite tout mouvement brusque susceptible d’attirer l’attention d’un prédateur. C’est aussi le seul primate venimeux connu : une glande située à l’intérieur de son coude produit une sécrétion qui, mélangée à sa salive, devient toxique et peut provoquer une réaction allergique sévère chez l’humain. Sa lenteur et son venin forment une combinaison de défense rare chez les mammifères arboricoles.
La tortue géante des Galápagos, la lenteur des géants
La tortue géante des Galápagos, du genre Chelonoidis, se déplace à une vitesse d’environ 0,3 km/h, à peine plus vite que le paresseux au sol, malgré une carapace pouvant peser plus de 150 kg chez les plus gros individus. Cette lenteur n’empêche pas une longévité remarquable, certains individus captifs ayant dépassé 170 ans, et illustre un principe partagé par toutes les espèces citées ici : un métabolisme ralenti, qui limite les besoins en énergie et en nourriture, permet souvent de vivre beaucoup plus longtemps qu’un animal rapide de taille comparable.
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