Phoque ou otarie : oreilles, nageoires et déplacement au sol
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Un détail suffit à trancher entre un phoque et une otarie sans même les voir bouger : l’oreille. L’otarie porte un petit pavillon externe bien visible, le phoque n’a qu’un orifice à même la tête. Les deux familles, bien distinctes malgré une allure commune de gros mammifère marin allongé sur un rocher, se séparent aussi par leur façon de se déplacer à terre, un critère souvent plus facile à observer que l’oreille elle-même.
Deux familles de pinnipèdes, pas une seule
Le phoque appartient à la famille des phocidés, l’otarie à celle des otariidés, deux lignées de pinnipèdes qui ont divergé il y a plusieurs millions d’années. Aucun des deux ne descend de l’autre, malgré l’allure générale qui les rapproche aux yeux d’un observateur non averti. Le pavillon auditif externe, présent chez l’otarie et absent chez le phoque qui n’a qu’un conduit auditif à fleur de peau, reste le seul critère anatomique fiable en toute saison.
Sur terre, une différence qui se voit de loin
La mobilité au sol distingue les deux groupes sans ambiguïté. L’otarie replie ses membres postérieurs sous le bassin et se redresse sur ses quatre nageoires, ce qui lui permet de marcher, voire de courir sur de courtes distances à environ 25 kilomètres à l’heure. Le phoque, incapable de ramener ses pattes arrière sous le corps, se déplace en rampant par ondulations du tronc, une allure lente qui dépasse rarement 2 kilomètres à l’heure sur le sable ou la glace.
Dans l’eau, deux techniques de nage opposées
L’otarie nage principalement grâce à ses nageoires pectorales, qu’elle utilise comme des rames puissantes, ce qui lui permet des accélérations rapides et des plongées pouvant dépasser 150 mètres chez certaines espèces. Le phoque avance surtout par ondulation du corps et de la queue, ses nageoires arrière servant de gouvernail plus que de moteur, une technique moins rapide mais plus économe qui autorise chez certaines espèces des plongées bien plus profondes et prolongées, notamment chez l’éléphant de mer.
Des aires de répartition qui se recoupent peu
Les otariidés occupent surtout le Pacifique et les eaux subantarctiques, avec une seule espèce, l’otarie de Californie, présente sur la côte pacifique de l’Amérique du Nord. La famille est naturellement absente de l’Atlantique Nord. Les phocidés, eux, sont présents dans les deux hémisphères : phoques gris et phoques veaux-marins sur les côtes françaises de la Manche et de l’Atlantique, mais aussi éléphants de mer, phoques de Weddell et phoques crabiers sur le pourtour antarctique. En France, aucune otarie ne vit à l’état naturel, seuls les deux espèces de phoques citées y sont observables.
Des voix qui ne se ressemblent pas
L’otarie aboie, un son sec et répété qui porte loin sur une plage de reproduction bondée, utile pour qu’un mâle défende son territoire ou qu’une mère retrouve son petit dans le bruit ambiant. Le phoque grogne ou souffle, des sons plus discrets, parfois produits sous l’eau où certaines espèces communiquent par des vocalises complexes inaudibles depuis la surface. Cette différence tient largement au mode de vie social : les otaries se reproduisent en colonies denses et bruyantes, les phoques plutôt en groupes plus dispersés.
Une reproduction organisée très différemment
Chez la plupart des otaries, un mâle dominant défend un harem de plusieurs femelles sur une plage de reproduction, un système qui alimente des combats bruyants entre prétendants au début de la saison. Chez les phoques, le mâle ne contrôle généralement pas de territoire fixe et la compétition se joue davantage dans l’eau, où il patrouille près des femelles regroupées sur la banquise ou le sable sans les rassembler en groupe stable. Les deux familles comptent aujourd’hui une trentaine d’espèces au total dans le monde, les phocidés étant deux fois plus nombreux que les otariidés.
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