Le milan noir : vol, régime alimentaire et migration
Sommaire7 sections
- 01Milan noir ou milan à bec jaune : une confusion à corriger
- 02Une silhouette proche du milan royal, une queue qui les sépare
- 03Un charognard opportuniste, pas un simple prédateur
- 04Des rassemblements de plusieurs milliers d'individus à la migration
- 05Le rapace le plus nombreux au monde
- 06Reproduction et longévité
- 07Protégé, mais menacé par l'empoisonnement
La queue du milan noir est à peine échancrée, là où celle du milan royal se fend en une fourche profonde et rousse. C’est le premier critère de terrain entre les deux espèces, qu’on confond couramment en France. Le nom de milan à bec jaune, parfois accolé à tort au milan noir, désigne pour sa part un rapace propre à l’Afrique.
Milan noir ou milan à bec jaune : une confusion à corriger
Le milan noir, Milvus migrans, porte un bec sombre à base jaune, et non un bec entièrement jaune. L'appellation « milan à bec jaune » désigne en réalité le milan d'Égypte, Milvus aegyptius, une espèce propre à l'Afrique subsaharienne que certains ouvrages anciens confondaient avec le milan noir européen. Les deux oiseaux appartiennent au même genre mais vivent sur des continents différents, l'un migrateur entre l'Europe et l'Afrique, l'autre résident toute l'année au sud du Sahara.
Une silhouette proche du milan royal, une queue qui les sépare
En vol, le milan noir se reconnaît à sa queue légèrement échancrée, presque droite vue de loin, et à un plumage brun uniforme sans éclat particulier. Le milan royal, plus roux, arbore une queue profondément fourchue en ciseaux et des taches blanches sous les ailes bien visibles. Les deux espèces partagent pourtant les mêmes zones humides et les mêmes cours d'eau en France, ce qui explique la confusion fréquente chez les observateurs débutants.
Un charognard opportuniste, pas un simple prédateur
Le milan noir mesure de 50 à 60 centimètres pour une envergure de 135 à 155 centimètres et un poids de 650 à 950 grammes. Il se nourrit surtout de poissons morts ou agonisants récupérés à la surface de l'eau, de petits mammifères, d'insectes et de déchets trouvés près des décharges et des abattoirs. Il n'hésite pas à voler la nourriture d'autres oiseaux en plein vol, une technique appelée cleptoparasitisme, et dans certaines villes d'Inde, il est connu pour arracher un morceau de nourriture directement des mains des passants.
Des rassemblements de plusieurs milliers d'individus à la migration
Le milan noir migre chaque automne vers l'Afrique subsaharienne, où il passe l'hiver. Le détroit de Gibraltar, point de passage obligé entre l'Europe et l'Afrique, voit défiler plusieurs dizaines de milliers d'individus en quelques semaines, l'un des plus grands mouvements de rapaces observables en Europe. Les couples restent fidèles à un même territoire de nidification d'une année sur l'autre et décorent parfois leur nid de morceaux de plastique blanc ou de chiffons, un comportement étudié en Espagne et associé au statut social du couple au sein de la colonie.
Le rapace le plus nombreux au monde
Le milan noir est considéré comme le rapace diurne le plus abondant de la planète, avec une population mondiale estimée à plusieurs millions d'individus. Cette abondance tient à sa capacité à vivre près des humains, dans des paysages très différents, des rizières d'Asie du Sud aux décharges à ciel ouvert d'Afrique de l'Est, en passant par les cours d'eau d'Europe occidentale. Peu de rapaces tolèrent d'aussi près la présence des villes et des activités agricoles. En Europe, les populations restent bien plus modestes, concentrées surtout dans le sud et l'ouest du continent, là où les zones humides et les cours d'eau lents lui offrent des sites de pêche accessibles.
Reproduction et longévité
La maturité sexuelle est atteinte vers 2 à 3 ans. La femelle pond de 2 à 4 œufs, couvés pendant 32 à 33 jours, et les jeunes prennent leur envol entre 42 et 50 jours après l'éclosion. Le plus vieux milan noir bagué connu a dépassé 24 ans, une longévité élevée pour un rapace de cette taille.
Protégé, mais menacé par l'empoisonnement
Classé en préoccupation mineure par l'UICN à l'échelle mondiale, le milan noir est protégé en France depuis les années 1970. Ses effectifs reculent pourtant dans plusieurs régions d'Europe, victimes d'empoisonnements accidentels par des appâts destinés à d'autres nuisibles, du saturnisme lié à l'ingestion de plombs de chasse dans les carcasses, et des collisions avec les lignes électriques.
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