Le kiwi austral : oiseau nocturne de Nouvelle-Zélande, mœurs et bec

explorez le monde fascinant du kiwi austral, une espèce unique aux comportements intrigants. découvrez ses habitat, ses habitudes alimentaires et son rôle dans l'écosystème néo-zélandais. plongez au cœur de cette aventure immersive et enrichissante sur l'une des plus étonnantes espèces de la faune sauvage.
Sommaire7 sections
  1. 01Un oiseau propre à la Nouvelle-Zélande, jamais à l’Australie
  2. 02Un nom qui imite son cri
  3. 03Un corps rond, un odorat hors norme
  4. 04Un régime d’invertébrés, cherché au sol la nuit
  5. 05L’œuf le plus lourd, à proportion du corps, de tout le monde aviaire
  6. 06Un symbole jusque sur la monnaie
  7. 07Des prédateurs introduits, une espèce vulnérable

Le kiwi ne vit qu’en Nouvelle-Zélande, jamais en Australie : c’est l’un des emblèmes du pays, au point d’avoir donné leur surnom aux Néo-Zélandais eux-mêmes, les « Kiwis ». Cet oiseau nocturne et incapable de voler compense une vue presque inutile par un odorat exceptionnel, rare chez les oiseaux : ses narines s’ouvrent à l’extrémité du bec, et non à sa base comme chez la plupart des espèces.

Un oiseau propre à la Nouvelle-Zélande, jamais à l’Australie

kiwi au corps rond, plumage brun hérissé, long bec fin, forêt dense

Le genre Apteryx compte cinq espèces de kiwis, toutes endémiques de Nouvelle-Zélande et réparties entre l’île du Nord, l’île du Sud et quelques îles voisines comme Stewart. Le kiwi austral, ou tokoeka, est la plus grande espèce du genre : il vit dans le sud de l’île du Sud et sur l’île Stewart, dans des forêts denses, des broussailles et, fait plus surprenant pour un oiseau forestier, des prairies d’altitude et des zones subalpines. Aucune espèce de kiwi n’a jamais vécu à l’état sauvage en dehors de l’archipel néo-zélandais.

Un nom qui imite son cri

Le mot « kiwi » est une onomatopée maorie, formée à partir du cri perçant et répété que lance le mâle la nuit pour marquer son territoire, un sifflement aigu bien distinct des cris plus rauques de la femelle. Cette origine sonore explique pourquoi le nom se prononce presque à l’identique dans la plupart des langues qui l’ont emprunté depuis.

Un corps rond, un odorat hors norme

Le kiwi austral mesure de 45 à 55 centimètres et pèse entre 2,4 et 3,85 kilogrammes chez la femelle, plus lourde que le mâle d’environ un tiers. Son plumage brun, semblable à du poil grossier, dissimule des ailes rudimentaires de quelques centimètres, totalement invisibles sous les plumes. Sa vue est parmi les plus faibles connues chez les oiseaux, mais ses narines, situées au bout d’un long bec incurvé, lui permettent de sentir un ver de terre à plusieurs centimètres sous le sol, une disposition qu’aucun autre oiseau ne possède.

Un régime d’invertébrés, cherché au sol la nuit

Actif la nuit, le kiwi sonde la litière forestière et le sol meuble avec son long bec, en reniflant pour localiser vers de terre, larves, escargots et insectes. Il complète ce régime à l’occasion de fruits tombés au sol. Territorial, il défend un domaine qu’il marque et patrouille chaque nuit, généralement seul en dehors de la période de reproduction.

L’œuf le plus lourd, à proportion du corps, de tout le monde aviaire

Les couples de kiwis sont monogames, souvent pour la vie, et la saison de reproduction s’étend de juin à mars selon les régions. La femelle pond un œuf qui peut peser jusqu’à 20 % de son poids corporel, la proportion la plus élevée connue chez les oiseaux. L’incubation, longue, dure de soixante-quinze à quatre-vingt-cinq jours, et c’est le mâle qui s’en charge chez la plupart des espèces, y compris le kiwi austral où les deux parents peuvent alterner. Le nid est aménagé dans un terrier creusé ou une cavité naturelle, sous des racines ou des rochers.

Un symbole jusque sur la monnaie

Le kiwi orne la pièce d’un dollar néo-zélandais et a donné son nom au fruit autrefois appelé groseille de Chine, rebaptisé kiwifruit en 1959 pour faciliter son exportation vers les marchés anglophones. Le surnom « Kiwis », donné aux Néo-Zélandais eux-mêmes depuis la Première Guerre mondiale, s’est ensuite étendu à l’équipe nationale de rugby à XIII et à la monnaie du pays, familièrement appelée le kiwi.

Des prédateurs introduits, une espèce vulnérable

Le kiwi austral n’est pas en danger critique, mais plusieurs autres espèces du genre, comme le kiwi brun de l’île du Nord, sont classées vulnérables par l’Union internationale pour la conservation de la nature. La menace principale ne vient pas de prédateurs naturels, absents de longue date en Nouvelle-Zélande, mais d’espèces introduites par l’homme : chiens, chats et surtout hermines, qui s’attaquent aux œufs et aux jeunes avant qu’ils n’atteignent une taille suffisante pour se défendre. Des programmes de piégeage et des sanctuaires clôturés, sans prédateurs, ont permis de stabiliser plusieurs populations depuis les années 2000.

Ces efforts de conservation ont aussi changé la façon dont le public peut approcher l’espèce, jusque-là presque exclusivement nocturne et forestière.

Le kiwi austral peut vivre jusqu’à cinquante ans en milieu protégé, une longévité rare chez un oiseau de cette taille. Cette durée de vie, ajoutée à une reproduction lente, un seul œuf ou presque par saison, explique pourquoi l’espèce se remet difficilement d’une pression de prédation trop forte.

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