Le langage des animaux : glossaire des cris et des signaux

plongez dans l'univers fascinant du langage animal avec notre glossaire complet et des explications éclairantes. apprenez à déchiffrer les sons et les comportements des animaux pour mieux comprendre leur communication unique.
Sommaire6 sections
  1. 01Trois cris, trois réflexes chez le même animal
  2. 02Quatre mots pour parler de communication animale
  3. 03La danse qui indique une distance
  4. 04Un chant qui évolue d’une saison à l’autre
  5. 05La couleur qui informe, et celle qui trompe
  6. 06Des infrasons qu’on n’entend pas, mais qu’on peut suivre

Trois cris différents composent le répertoire d’alerte du cercopithèque vervet, un pour l’aigle, un pour le léopard, un troisième pour le serpent. Chez cette espèce, un signal précis prévient de chaque prédateur, et les singes qui l’entendent ne réagissent pas de la même façon selon lequel des trois retentit dans la végétation.

Trois cris, trois réflexes chez le même animal

cercopithèque vervet assis sur une branche, en train de scruter les alentours

Les biologistes Dorothy Cheney et Robert Seyfarth ont documenté, dans les années 1980 au Kenya, que les cercopithèques vervets émettent trois cris d’alarme nettement distincts. Au cri « aigle », les singes se jettent au sol et cherchent un couvert végétal dense. Au cri « léopard », ils grimpent au sommet des arbres, hors d’atteinte du félin. Au cri « serpent », ils se dressent sur leurs pattes arrière et scrutent le sol autour d’eux. Des enregistrements diffusés en l’absence de tout prédateur réel ont suffi à déclencher la bonne réaction à chaque fois, preuve que le signal seul porte l’information, indépendamment du danger effectivement présent.

Quatre mots pour parler de communication animale

Un signal est ce qu’émet un animal, son, geste ou couleur, pour provoquer une réaction chez un autre individu. Le contexte est la situation dans laquelle ce signal survient, il change parfois complètement son sens : le même cri peut signaler un danger ou une opportunité de nourriture selon le moment. Le cri d’alarme désigne un signal spécifique dont la fonction est d’avertir d’un prédateur. La parade nuptiale, enfin, regroupe l’ensemble des comportements, souvent visuels ou sonores, destinés à attirer un partenaire pendant la période de reproduction.

La danse qui indique une distance

Chez l’abeille domestique, une ouvrière qui a trouvé une source de nourriture rentre à la ruche et exécute une danse en forme de huit, décrite pour la première fois par le zoologiste autrichien Karl von Frisch, qui reçoit pour ce travail le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1973. L’angle de la partie centrale de la danse par rapport à la verticale du rayon indique la direction de la source par rapport au soleil. La durée de cette même partie centrale indique la distance : environ une seconde de danse correspond à un kilomètre parcouru. Les autres ouvrières, qui suivent la danseuse dans l’obscurité de la ruche en la touchant de leurs antennes, en déduisent où voler sans jamais avoir vu la fleur elles-mêmes.

Un chant qui évolue d’une saison à l’autre

Les baleines à bosse mâles chantent uniquement pendant la saison de reproduction, dans les eaux tropicales où elles se rassemblent l’hiver après avoir migré depuis leurs zones d’alimentation polaires. Un chant peut durer jusqu’à trente minutes et se répéter pendant des heures. Ce qui distingue ce chant de la plupart des signaux animaux, c’est qu’il change collectivement, année après année, à l’échelle d’une population entière : une variation introduite par un mâle peut se répandre à l’ensemble du groupe en une ou deux saisons, un phénomène de transmission culturelle rarement observé ailleurs chez un mammifère marin.

La couleur qui informe, et celle qui trompe

La seiche change de couleur en moins d’une seconde grâce à des milliers de cellules pigmentaires, les chromatophores, directement commandées par son système nerveux. Cette capacité sert autant au camouflage qu’à la communication, notamment lors des parades entre mâles rivaux. Mais la couleur peut aussi mentir. La grenouille venimeuse arboricole affiche des teintes vives pour signaler honnêtement sa toxicité à un prédateur potentiel. Le serpent roi écarlate, lui, n’est pas venimeux, mais porte des anneaux rouges, noirs et jaunes qui imitent presque exactement ceux du serpent corail, réellement dangereux, au point de tromper des prédateurs qui n’osent pas prendre le risque de vérifier lequel des deux ils ont en face d’eux.

Des infrasons qu’on n’entend pas, mais qu’on peut suivre

Les éléphants d’Afrique communiquent en partie par des infrasons, des sons trop graves pour l’oreille humaine, situés entre 14 et 24 hertz. Ces vibrations, découvertes par la bio-acousticienne Katy Payne à la fin des années 1980, peuvent se propager sur plusieurs kilomètres dans de bonnes conditions et permettent à des troupeaux dispersés de coordonner leurs déplacements sans jamais se voir. Cette découverte a aujourd’hui une application concrète : des chercheurs placent des enregistreurs dans des zones où le braconnage menace les éléphants, pour repérer la présence de troupeaux à distance et orienter les patrouilles de surveillance vers les bons secteurs sans avoir besoin de survol aérien coûteux.

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