L’okapi : description physique, taille et comportement
Sommaire7 sections
Rayé comme un zèbre, cousin de la girafe : l’okapi cumule les malentendus depuis sa découverte scientifique en 1901. Il n’a pourtant aucun lien de parenté avec le zèbre, et sa ressemblance avec la girafe ne saute pas aux yeux au premier regard. Description d’un animal forestier que la science occidentale a mis des siècles à identifier.
Le seul parent vivant de la girafe
L’okapi (Okapia johnstoni) est le seul représentant vivant, avec la girafe, de la famille des giraffidés. Endémique de la République démocratique du Congo, il vit exclusivement dans les forêts tropicales humides du nord et de l’est du pays, notamment dans la réserve de faune à okapis, créée en 1992 dans le district de l’Ituri. Il n’existe à l’état sauvage nulle part ailleurs sur le continent africain.
Son corps mesure environ 2 mètres de longueur pour une hauteur au garrot de 1,5 à 1,9 mètre, et son poids varie de 200 à 300 kilogrammes selon les individus. Le cou est long mais bien plus court, en proportion, que celui de la girafe : c’est justement cette différence qui a longtemps fait douter les naturalistes du lien de parenté entre les deux espèces.
Des rayures qui n’ont rien à voir avec le zèbre
Le pelage, brun chocolat sur le corps, devient blanc et noir en zébrures sur les pattes arrière et l’arrière-train. Cette parenté visuelle avec le zèbre n’en est pas une : les deux espèces ne partagent aucun ancêtre commun proche, et la ressemblance résulte d’une convergence. Chez l’okapi, ces motifs jouent un rôle de camouflage rompant les contours du corps dans la pénombre de la canopée, et serviraient aussi de repère visuel pour que les jeunes suivent leur mère dans la végétation dense.
Une langue préhensile de 30 centimètres
Comme la girafe, l’okapi possède une longue langue préhensile, bleu violacé, pouvant atteindre 30 centimètres. Elle lui sert à saisir les feuilles au bout des branches, mais aussi à se nettoyer les yeux et les oreilles, un geste que l’on retrouve chez sa cousine africaine. Le régime alimentaire se compose de feuilles, de bourgeons, de fruits, de fougères et de champignons, complété par de l’argile riche en minéraux et en sel que l’animal va chercher au sol, notamment près des rivières.
Des ossicônes, pas des cornes
Seuls les mâles portent, sur le sommet du crâne, deux excroissances osseuses recouvertes de peau, appelées ossicônes, identiques dans leur structure à celles de la girafe. Ce ne sont pas des cornes au sens strict : elles ne comportent pas de gaine kératinisée et ne tombent jamais, contrairement aux bois d’un cervidé, qui repoussent chaque année. Les femelles en sont dépourvues, une différence qui permet de distinguer les sexes à distance.
Une vie solitaire dans la forêt dense
L’okapi vit seul en dehors de la période de reproduction, occupant un domaine vital qu’il marque de sécrétions et d’urine le long de sentiers qu’il emprunte régulièrement. Sa vue est faible, mais ses grandes oreilles orientables lui permettent de détecter le moindre bruit suspect, un atout précieux face à son principal prédateur naturel, le léopard. Discret et silencieux, il communique surtout par de brefs sons rauques, presque inaudibles à quelques dizaines de mètres, plutôt que par des cris portants qui attireraient l’attention.
Reproduction et longévité
La gestation dure environ 440 à 450 jours, l’une des plus longues chez les mammifères de cette taille. La femelle met bas un seul petit, qu’elle cache dans la végétation pendant les premières semaines, ne revenant que pour l’allaiter, une stratégie qui limite son exposition aux prédateurs. Le sevrage intervient vers six mois, la maturité sexuelle autour de deux ans, et un okapi peut vivre entre vingt et trente ans en captivité.
Une espèce en danger
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe l’okapi parmi les espèces en danger depuis 2013. La déforestation liée à l’agriculture sur brûlis, l’exploitation minière artisanale et le braconnage, y compris à l’intérieur de la réserve de faune à okapis, ont fait chuter les effectifs. Les estimations les plus récentes évoquent une population sauvage de quelques dizaines de milliers d’individus, en déclin, rendant chaque zone protégée déterminante pour l’avenir de l’espèce.
Résumer cet article avec :
Partager :
