La girafe : son cou, sa langue et sa façon de se nourrir
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La girafe partage avec nous un détail que peu de visiteurs de zoo devinent : son cou, malgré sa taille, compte exactement sept vertèbres cervicales, le même nombre que chez l’humain. Chacune mesure environ vingt-cinq centimètres, ce qui fait de cet animal le plus grand mammifère terrestre. Cette charpente pose un problème physique que peu d’espèces ont eu à résoudre : faire circuler le sang jusqu’à une tête située à cinq ou six mètres du sol sans provoquer d’évanouissement à chaque mouvement de tête.
Sept vertèbres, un cou de deux mètres
Le nombre de vertèbres cervicales est fixé chez presque tous les mammifères, de la souris à la baleine : sept. La girafe ne déroge pas à la règle, elle a simplement allongé chaque pièce plutôt que d’en ajouter. Le résultat est un cou qui peut dépasser deux mètres, articulé par des disques épais qui permettent malgré tout une bonne mobilité latérale. C’est cette élongation, et non un nombre de vertèbres supérieur, qui donne à l’animal l’accès aux feuillages que les autres herbivores de la savane ne peuvent pas atteindre.
Le réseau qui empêche l’évanouissement
Faire circuler le sang sur une telle distance verticale suppose une pression artérielle bien supérieure à la nôtre, de l’ordre du double. Le danger arrive quand la girafe baisse brutalement la tête pour boire : sans mécanisme de régulation, l’afflux de sang vers le cerveau provoquerait un malaise immédiat. L’animal dispose pour cela d’un réseau de vaisseaux serrés à la base du crâne, le réseau admirable, qui freine et répartit le flux sanguin au moment où la tête change de position. Les parois de ses veines jugulaires portent aussi des valves supplémentaires, absentes chez la plupart des mammifères, qui empêchent le sang de refluer quand la tête redescend.
Une langue préhensile de 45 centimètres
La langue de la girafe atteint environ quarante-cinq centimètres et se termine par une pointe fine et mobile, capable de s’enrouler autour d’une branche épineuse pour en détacher les feuilles sans toucher les épines. Sa couleur, gris-bleu à noire sur la partie exposée à l’air, résulte d’une forte concentration de mélanine. L’hypothèse la plus souvent avancée est une protection contre les coups de soleil, la langue restant sortie de longues heures chaque jour, mais elle n’a pas été démontrée avec certitude.
Des taches propres à chaque individu
Le pelage de la girafe forme un motif de taches irrégulières, différent d’un individu à l’autre au point de servir à les identifier sur le terrain, un peu comme des empreintes digitales. La forme et la densité de ces taches varient aussi selon les populations, ce qui a longtemps fait débat parmi les naturalistes sur le nombre d’espèces à distinguer. Les girafons naissent déjà avec leur motif définitif, qui ne changera plus de dessin en grandissant, seulement de teinte, en s’assombrissant avec l’âge chez les mâles surtout.
Une naissance à deux mètres de haut
La femelle met bas debout, après une gestation d’environ quinze mois. Le girafon tombe donc d’une hauteur proche de deux mètres à la naissance, une chute qui rompt le cordon ombilical et stimule ses premières respirations sans lui causer de blessure. En moins d’une heure, il tient sur ses pattes, et il peut suivre le troupeau au bout de quelques jours. Cette rapidité n’est pas un luxe : au sol, un jeune girafon reste une proie accessible aux lions et aux hyènes tant qu’il ne peut pas courir à l’allure du groupe.
Ce sont ces mécanismes, le réseau de vaisseaux à la base du crâne, la langue capable de trier les feuilles sans se blesser, le motif de pelage propre à chaque animal, qui font de la girafe un cas à part chez les grands herbivores, bien plus que sa seule silhouette.
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