L’hippopotame : herbivore, territorial et dangereux pour l’homme
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Les plus proches parents vivants de l’hippopotame sont les baleines et les dauphins, une parenté confirmée par la génétique dans les années 1990 et 2000. Ce lien éclaire une bonne partie de ce qui rend l’animal aussi particulier une fois sorti de l’eau, bien loin de l’image d’un gros cochon d’eau ou d’un bovidé qui aurait pris goût aux rivières.
Le cousin le plus inattendu : la baleine
Les analyses d’ADN ont établi que les hippopotames et les cétacés partagent un ancêtre commun semi-aquatique ayant vécu il y a environ 55 millions d’années, avant que la lignée des baleines ne retourne complètement à la mer et que celle des hippopotames ne reste attachée aux fleuves et aux lacs africains. Cette proximité, longtemps insoupçonnée parce que les deux groupes ne se ressemblent plus du tout aujourd’hui, en fait des parents plus proches l’un de l’autre que l’hippopotame ne l’est du cochon, avec lequel on le classait autrefois par simple ressemblance de silhouette.
Deux hippopotames, pas un seul
L’hippopotame commun, Hippopotamus amphibius, celui des grands fleuves et lacs d’Afrique de l’Est et australe, n’est pas la seule espèce du genre. L’hippopotame nain, Choeropsis liberiensis, vit isolé dans les forêts marécageuses du Liberia, de la Guinée, de la Sierra Leone et de la Côte d’Ivoire. Il ne pèse que 180 à 275 kilogrammes, dix fois moins que son cousin fluvial, vit seul plutôt qu’en groupe, et passe l’essentiel de son temps sur la terre ferme plutôt qu’immergé. Sa rareté est bien plus préoccupante : l’Union internationale pour la conservation de la nature le classe en danger, avec une population sauvage estimée à quelques milliers d’individus, contre 115 000 à 130 000 pour l’espèce commune.
Un déménageur de nutriments malgré lui
Chaque nuit, un hippopotame commun quitte l’eau pour brouter l’herbe des berges, puis retourne déféquer dans la rivière ou le lac au lever du jour. Ce transfert quotidien de matière organique du sol vers l’eau fait de l’espèce un acteur central du cycle des nutriments dans les cours d’eau africains. Une étude publiée en 2018 sur la rivière Mara, au Kenya, a montré que cet apport peut devenir excessif : lors des basses eaux de saison sèche, la décomposition des excréments accumulés consomme tout l’oxygène dissous et provoque des épisodes de mortalité massive des poissons en aval des zones où les hippopotames se concentrent.
Une hiérarchie plutôt qu’une bande
Un groupe d’hippopotames communs n’est pas une troupe égalitaire. Un mâle dominant contrôle un secteur de rivière où vivent les femelles et les jeunes, pendant que les mâles subordonnés se tiennent en périphérie, souvent regroupés entre eux, en adoptant des postures de soumission qui leur évitent le plus souvent l’affrontement direct. Un jeune mâle qui grandit reste toléré tant qu’il ne défie pas ouvertement le dominant, ce qui repousse généralement les combats sérieux à l’âge où il quitte le groupe natal pour tenter de conquérir son propre territoire.
Un appétit modeste pour une telle carrure
Malgré ses trois tonnes, l’hippopotame commun n’est pas un ruminant : il possède un estomac à plusieurs compartiments qui fermente les végétaux avant digestion, mais il ne remâche jamais son bol alimentaire comme le fait une vache. Son métabolisme, ralenti par un mode de vie largement immobile dans l’eau, lui permet de se contenter d’environ 40 kilogrammes d’herbe par nuit, une quantité modeste rapportée à son poids et très inférieure à ce qu’absorbe un éléphant pourtant plus léger.
Sorti de l’eau, classé parmi les baleines plutôt que parmi les porcs, capable de déséquilibrer l’oxygène d’une rivière entière par ses propres excréments : l’hippopotame commun tient sa réputation de géant plus de ces mécanismes discrets que de sa seule masse.
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