Au Vietnam, le centre de sauvetage des ours du parc de Bach Ma

Sommaire7 sections
  1. 01Un financement de dix millions de dollars
  2. 02Un hôpital, une quarantaine, quatre enclos semi-sauvages
  3. 03De six à sept ours en six mois
  4. 04Un site choisi pour sa forêt, pas seulement pour son calme
  5. 05Une deuxième phase engagée en 2025
  6. 06Ce que deviennent les ours sauvés
  7. 07De 4 300 ours en cage à moins de 160

Au centre du Vietnam, le Parc national de Bach Ma héberge depuis la fin 2023 un centre de sauvetage pour les ours noirs d’Asie sortis des fermes à bile. La structure vient épauler le centre historique de Tam Dao, dans le nord du pays, avant l’échéance que le gouvernement vietnamien s’est fixée : mettre fin à l’élevage d’ours pour leur bile d’ici fin 2026.

Un financement de dix millions de dollars

Le Vietnam Bear Rescue Centre II, dans la province de Thua Thien Hue, a été inauguré en novembre 2023 grâce à une aide non remboursable de 10,5 millions de dollars versée par l’Animals Asia Foundation. L’organisation, présente au Vietnam depuis les années 2000, gère déjà le premier centre du pays à Tam Dao, dans la province de Vinh Phuc, ouvert en 2008.

Un hôpital, une quarantaine, quatre enclos semi-sauvages

La première phase du centre comprend un hôpital vétérinaire, une zone de quarantaine où chaque nouvel arrivant passe environ un mois avant tout contact avec les autres animaux, et deux bâtiments donnant sur quatre grands enclos semi-sauvages. C’est dans ces espaces, plantés et pourvus de points d’eau, que les ours réapprennent à grimper, à creuser et à chercher leur nourriture au lieu de l’attendre derrière des barreaux.

Les bêtes arrivent presque toujours affaiblies : griffes rognées, dents cassées, muscles atrophiés par des années dans des cages parfois trop étroites pour se retourner. Certaines ont aussi perdu une partie de leur vésicule biliaire, ponctionnée à répétition avec des aiguilles non stérilisées, ce qui laisse des séquelles internes durables.

De six à sept ours en six mois

En janvier 2024, le centre soignait six ours après l’arrivée de trois nouveaux pensionnaires âgés d’une vingtaine d’années, retirés d’un établissement privé. Un septième est arrivé au premier semestre. Chacun porte un nom et un dossier médical suivi individuellement par l’équipe vétérinaire, qui évalue au cas par cas s’il pourra un jour vivre en groupe dans les enclos extérieurs.

Un site choisi pour sa forêt, pas seulement pour son calme

Bach Ma n’a pas été retenu au hasard. Le parc s’étend sur un massif de forêt tropicale humide qui grimpe jusqu’à 1 450 mètres, avec une pluviométrie parmi les plus fortes du Vietnam, ce qui en fait un habitat proche de celui que l’ours noir d’Asie fréquente à l’état sauvage dans les montagnes du pays. Les gestionnaires misent sur ce cadre pour préparer, à terme, des relâchers encadrés dans des zones protégées voisines.

Une deuxième phase engagée en 2025

Le chantier d’extension du centre a démarré en septembre 2025, avec un investissement supplémentaire de l’Animals Asia Foundation destiné à construire un centre d’accueil pour visiteurs, des espaces d’exposition et des logements pour le personnel vétérinaire. L’objectif affiché est de faire de Bach Ma un site de sensibilisation autant qu’un centre de soin, pour montrer au public ce qu’est une vie entière passée en cage.

Ce que deviennent les ours sauvés

Tous les ours de Bach Ma ne retourneront pas en forêt. Beaucoup ont subi des dommages trop lourds, articulaires ou psychologiques, pour survivre seuls. Le centre vise d’abord à leur offrir une fin de captivité digne, dans un espace où ils peuvent exprimer un comportement proche de l’état sauvage, plutôt qu’un retour systématique dans la nature qui resterait, pour la plupart, hors de portée.

De 4 300 ours en cage à moins de 160

La loi vietnamienne de 2005 a interdit de prélever de nouveaux ours dans la nature et d’en extraire la bile, sans pour autant fermer aussitôt les fermes existantes : faute de centres d’accueil suffisants à l’époque, les exploitants ont pu conserver les animaux déjà détenus. Un recensement mené cette année-là avait compté environ 4 300 ours en captivité sur tout le territoire, presque tous capturés à l’état sauvage. Deux décennies plus tard, ce chiffre est tombé sous la barre des cent soixante, une baisse de plus de 95 pour cent portée par la fermeture progressive des fermes et par le travail conjoint des associations et des autorités locales.

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