L’émeu australien : taille, plumage et mode de vie

découvrez l'émeu australien, un oiseau fascinant au plumage unique et à la stature imposante. dans ce portrait détaillé, nous explorons ses caractéristiques, son habitat, son comportement et son rôle dans l'écosystème. tout ce que vous devez savoir pour mieux apprécier cet emblème de l'australie.
Sommaire7 sections
  1. 01Un colosse à trois doigts
  2. 02Un régime opportuniste, loin d’être strictement herbivore
  3. 03Un cri qui vient d’une poche gonflable du cou
  4. 04Le mâle couve seul, huit semaines sans manger
  5. 05Une place ancienne dans la culture aborigène
  6. 06Un élevage développé depuis les années 1980
  7. 07Une espèce commune, mais localement menacée

L’émeu ne vole pas, mais court à plus de 50 kilomètres à l’heure sur des pattes à trois doigts, une particularité qui le distingue aussitôt de l’autruche, qui n’en a que deux. Deuxième plus grand oiseau vivant après l’autruche, Dromaius novaehollandiae parcourt les plaines, les forêts claires et les zones semi-arides de l’Australie continentale. L’espèce a disparu de Tasmanie au dix-neuvième siècle, chassée par les colons.

Un colosse à trois doigts

émeu australien, plumage brun hérissé, long cou et pattes puissantes

L’émeu mesure jusqu’à 1,9 mètre de haut et pèse entre 30 et 55 kilogrammes selon les individus. Son plumage brun, souple et hérissé, sert d’isolant contre la chaleur du jour comme contre le froid nocturne du bush. Ses pattes, longues et musclées, se terminent par trois doigts seulement, contre deux chez l’autruche : c’est le repère le plus fiable pour distinguer les deux espèces sur une trace au sol. L’émeu ne possède pas de plumes de vol fonctionnelles, mais garde de minuscules ailes vestigiales, cachées sous le plumage du corps.

Un régime opportuniste, loin d’être strictement herbivore

L’émeu se nourrit surtout de graines, de fruits, de jeunes pousses et de fleurs, qu’il repère en marchant de longues heures à travers son territoire. Il complète ce régime végétal par des insectes, notamment des chenilles et des sauterelles abondantes après les pluies, une ressource en protéines précieuse avant la reproduction. Sa grande mobilité, plusieurs dizaines de kilomètres par jour dans les zones les plus arides, lui permet de suivre les pluies et la végétation fraîche qu’elles font pousser.

Un cri qui vient d’une poche gonflable du cou

La femelle émet un grondement sourd et résonnant, une sorte de tambourinement produit grâce à une poche membraneuse qu’elle gonfle dans son cou, audible à plusieurs centaines de mètres. Ce son sert autant à défendre un territoire qu’à signaler sa disponibilité à un mâle pendant la saison des amours. Le mâle, lui, se contente le plus souvent de grognements sourds et de sifflements plus discrets, nettement moins portants que le grondement de la femelle.

Le mâle couve seul, huit semaines sans manger

La saison de reproduction s’étend de décembre à janvier pour l’accouplement, avec une ponte qui suit en mai et juin. Le mâle construit le nid, une plateforme de brindilles et d’herbes d’environ un à deux mètres de diamètre, généralement à l’abri d’un arbre ou d’un buisson. La femelle y dépose entre huit et douze œufs, d’un vert sombre presque noir, mesurant dix à quinze centimètres et pesant de 450 à 650 grammes chacun. C’est ensuite exclusivement le mâle qui couve, pendant huit semaines, sans quitter le nid pour se nourrir ou boire. Il perd durant cette période près d’un tiers de son poids corporel.

Les poussins, rayés de brun et de crème, sont nidifuges : ils marchent et suivent leur père dès les premiers jours. Celui-ci continue de les élever seul pendant plusieurs mois, les éloignant de tout intrus, y compris de la femelle qui, elle, part parfois s’accoupler avec un autre mâle et pondre une seconde couvée ailleurs.

Une place ancienne dans la culture aborigène

L’émeu figure sur les armoiries de l’Australie, aux côtés du kangourou roux, deux animaux choisis en partie parce qu’ils ne reculent pas naturellement, un symbole de progrès national. Dans plusieurs récits aborigènes, l’émeu apparaît comme une figure du ciel nocturne : une nébuleuse sombre visible dans la Voie lactée, entre la Croix du Sud et le Scorpion, est traditionnellement lue comme la silhouette d’un émeu courant.

Un élevage développé depuis les années 1980

Au-delà de la faune sauvage, l’émeu est élevé commercialement en Australie depuis la fin des années 1970, puis aux États-Unis et dans plusieurs pays à partir des années 1980, pour sa viande maigre, son cuir marqué par les follicules des plumes, et son huile extraite de la graisse dorsale, utilisée en cosmétique. Cette filière reste modeste comparée à l’aviculture classique, mais elle a contribué à répandre l’espèce en captivité bien au-delà de l’Australie.

Une espèce commune, mais localement menacée

À l’échelle du continent, l’émeu n’est pas menacé : l’Union internationale pour la conservation de la nature le classe en préoccupation mineure, et l’espèce s’est même étendue avec la création de points d’eau artificiels pour le bétail. Deux populations insulaires ont en revanche disparu au dix-neuvième siècle, celle de Tasmanie et celle de l’île Kangourou, victimes de la chasse et de la perte d’habitat. Sur le continent, les clôtures agricoles et les collisions routières restent les principales causes de mortalité non naturelle.

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