La bernache du Canada : plumage, vie sociale et migration

plongez dans l'univers fascinant de la bernache du canada. apprenez tout sur sa description, son habitat, son comportement et ses particularités. une ressource indispensable pour les passionnés de nature et les ornithologues en herbe.
Sommaire8 sections
  1. 01Branta canadensis, une oie et non un canard
  2. 02Un cou noir et une jugulaire qui ne trompe pas
  3. 03Un cri sonore entendu de loin
  4. 04Une herbivore qui broute en groupe
  5. 05Une espèce qui migre de moins en moins
  6. 06Une espèce installée, parfois jugée envahissante
  7. 07Un été passé sans voler
  8. 08Observer les bernaches sans les déranger

Un cou entièrement noir, barré sous le menton d’une large jugulaire blanche, signale d’emblée la bernache du Canada parmi les oiseaux d’eau. Cette oie du genre Branta, introduite en Europe au dix-huitième siècle comme oiseau d’ornement, s’est depuis installée durablement sur les plans d’eau français.

Branta canadensis, une oie et non un canard

bernache du canada nageant, cou noir, jugulaire blanche, corps gris et brun

La bernache du Canada appartient à la famille des anatidés, mais au genre Branta, celui des oies, distinct du genre Anas qui regroupe la plupart des canards. Elle mesure de 75 à 110 centimètres selon les sous-espèces, pour une envergure de 127 à 185 centimètres et un poids de 2,5 à 6,5 kilogrammes. Onze sous-espèces sont décrites en Amérique du Nord, ce qui explique cet écart de taille important au sein même de l'espèce.

Un cou noir et une jugulaire qui ne trompe pas

Le corps de la bernache présente un dessus brun grisâtre et un dessous plus clair, tandis que la tête et le long cou restent entièrement noirs, seulement interrompus par une bande blanche qui remonte des joues jusque sous le menton. Cette marque, visible de loin, distingue immédiatement la bernache du Canada des autres oies et des cygnes avec lesquels elle partage parfois les mêmes plans d'eau.

La longévité de la bernache du Canada dépasse souvent celle des autres oiseaux d'eau de taille comparable : plusieurs individus bagués ont atteint vingt à vingt-trois ans à l'état sauvage, et le record homologué approche les trente ans. Cette longévité, combinée à une bonne réussite de reproduction, explique en partie la croissance rapide des populations là où l'espèce a été introduite.

Un cri sonore entendu de loin

Le cri de la bernache, un « a-honk » nasal et puissant, s'entend en vol à plusieurs centaines de mètres et sert à maintenir la cohésion du groupe en formation. En vol, les bernaches adoptent la formation en V caractéristique des grandes oies migratrices, une organisation qui réduit la résistance de l'air pour les individus situés derrière le meneur.

Une herbivore qui broute en groupe

La bernache du Canada se nourrit presque exclusivement de végétaux : graminées, plantains, trèfles et jeunes pousses de céréales sur les terrains agricoles, complétés par des algues et des plantes aquatiques sur l'eau. Les jeunes consomment davantage d'invertébrés dans leurs premières semaines, une source de protéines nécessaire à leur croissance rapide.

Une espèce qui migre de moins en moins

En Amérique du Nord, une partie des populations de bernaches du Canada migre encore sur plusieurs milliers de kilomètres entre les zones de reproduction arctiques et les sites d'hivernage plus au sud. Les populations introduites en Europe, en revanche, sont devenues largement sédentaires : une fois installées sur un plan d'eau accueillant toute l'année, beaucoup de bernaches françaises ne migrent plus du tout.

Une espèce installée, parfois jugée envahissante

Introduite en Grande-Bretagne dès le dix-huitième siècle puis diffusée sur le continent, la bernache du Canada s'est reproduite en France à partir d'individus échappés de parcs ornithologiques. Ses populations locales, en forte croissance dans certaines régions, entrent parfois en concurrence avec les oiseaux d'eau indigènes pour les sites de nidification, ce qui vaut à l'espèce un classement parmi les espèces exotiques envahissantes surveillées en Europe.

Un été passé sans voler

Comme toutes les oies, la bernache du Canada traverse chaque été une mue complète des rémiges qui la rend temporairement incapable de voler, pendant trois à quatre semaines. Les adultes choisissent cette période pour rester près de l'eau, un refuge rapide en cas de danger, ce qui coïncide souvent avec l'élevage des jeunes de l'année, eux-mêmes encore incapables de voler à cet âge.

Cette immobilité forcée explique en partie la présence de grands rassemblements de bernaches sur certains plans d'eau en plein été, bien après la saison de reproduction. Dans les parcs urbains où l'espèce s'est installée en nombre, ces rassemblements et les déjections qui les accompagnent entretiennent des tensions avec les gestionnaires d'espaces verts, qui régulent parfois les effectifs par stérilisation des œufs.

Observer les bernaches sans les déranger

Les grands plans d'eau, lacs et gravières offrent les meilleures conditions pour observer des groupes de bernaches, en particulier au printemps pendant la période de nidification. Garder une distance suffisante évite de faire fuir les couples qui couvent au sol, très vulnérables au dérangement à cette période, et permet une observation plus longue et plus riche en comportements naturels.

Résumer cet article avec :

Partager :