Les bovidés : plus de 140 espèces, de l’élan au dik-dik

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Sommaire6 sections
  1. 01Qu’est-ce qui définit un bovidé ?
  2. 02Du plus petit au plus grand, une confusion à éviter
  3. 03Répartition et adaptations au milieu
  4. 04Un régime presque toujours végétal, avec une exception
  5. 05Huit sous-familles, huit stratégies de survie
  6. 06Vie sociale et reproduction

Les bovidés forment la plus grande famille d’ongulés au monde : plus de cent quarante espèces vivantes, des gazelles fines des savanes aux mouflons de montagne, en passant par les buffles et les antilopes naines. Les bovinés, les bœufs, bisons et buffles évoqués par ailleurs sur ce site, n’en constituent qu’une tribu parmi huit ou neuf : la famille entière est bien plus vaste et bien plus variée qu’un simple élevage de vaches.

Qu’est-ce qui définit un bovidé ?

antilope aux cornes annelées se tenant en alerte dans une savane herbeuse

Un bovidé appartient à l’ordre des artiodactyles, les mammifères aux sabots pairs, et se reconnaît à des cornes osseuses permanentes recouvertes d’une gaine de kératine, jamais ramifiées et jamais perdues, à la différence des bois des cervidés qui tombent puis repoussent chaque année. La famille Bovidae compte aujourd’hui plus de cent quarante espèces réparties dans huit à neuf sous-familles, et environ trois cents espèces fossiles décrites depuis l’apparition du groupe voici près de vingt millions d’années.

Tous partagent un estomac à quatre poches qui permet la rumination, une digestion en deux temps qui extrait davantage de nutriments d’une végétation pauvre. Cette efficacité digestive explique en partie pourquoi les bovidés ont colonisé autant de milieux, de la toundra aux déserts, alors que peu d’autres familles de mammifères y parviennent.

Du plus petit au plus grand, une confusion à éviter

La taille des bovidés varie énormément, de l’antilope royale d’Afrique de l’Ouest, qui pèse à peine 2 kilogrammes à l’âge adulte, aux dik-diks d’Afrique de l’Est, guère plus lourds qu’un lièvre avec leurs 3 à 6 kilogrammes. À l’autre extrémité se trouve l’éland du Cap (Taurotragus oryx), la plus grande antilope au monde, dont les mâles dépassent parfois 900 kilogrammes. Il ne faut pas le confondre avec l’élan, un cervidé scandinave et nord-américain sans lien de parenté : l’un vit dans les savanes africaines et porte des cornes, l’autre dans les forêts boréales et porte des bois.

Répartition et adaptations au milieu

La majorité des bovidés sauvages vivent en Afrique, où l’on trouve la plus grande diversité de la famille, mais le groupe est aussi présent en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Il est en revanche absent à l’état naturel d’Amérique du Sud et d’Océanie. Le springbok du désert du Kalahari supporte des températures diurnes extrêmes en réduisant sa transpiration, tandis que le chamois des Alpes doit son équilibre sur les parois rocheuses à des sabots dont les deux doigts peuvent s’écarter largement pour épouser le relief.

Un régime presque toujours végétal, avec une exception

L’alimentation des bovidés reste très majoritairement herbivore : herbes, feuilles, jeunes pousses, fruits et racines selon les espèces et les saisons. Les céphalophes des forêts africaines font toutefois figure d’exception documentée : plusieurs espèces consomment occasionnellement des insectes, des œufs ou de petits vertébrés trouvés au sol, un comportement rare chez un bovidé et qui a longtemps surpris les naturalistes qui les croyaient strictement végétariens.

Huit sous-familles, huit stratégies de survie

La diversité des bovidés se lit dans ses sous-familles, chacune avec ses propres solutions face aux prédateurs et au climat :

  • Aepycerotinae : l’impala, capable de bonds de plus de neuf mètres pour désorienter un prédateur.
  • Alcelaphinae : le gnou et le bubale, adaptés aux grandes migrations saisonnières des plaines ouvertes.
  • Antilopinae : gazelles et antilopes fines, souvent capables de vitesses de pointe supérieures à 80 km/h.
  • Bovinae : bovins, bisons, buffles et leurs proches, dont la tribu des bovinés proprement dite.
  • Caprinae : chamois, bouquetins et mouflons, spécialistes des terrains rocheux et des pentes abruptes.
  • Cephalophinae : les céphalophes, petits herbivores forestiers au régime occasionnellement omnivore.
  • Hippotraginae : oryx et addax, capables de survivre plusieurs semaines sans point d’eau direct.
  • Reduncinae : cobes et lechwes, liés aux zones humides et aux abords des marais.

Vie sociale et reproduction

Les bovidés vont du solitaire, comme certains céphalophes territoriaux, aux troupeaux de plusieurs milliers d’individus chez le gnou lors des migrations est-africaines. La reproduction suit généralement un rythme saisonnier marqué par un pic de naissances calé sur l’abondance de nourriture, et les périodes de rut voient les mâles s’affronter, parfois violemment, pour l’accès aux femelles. Les mères défendent leurs petits avec une détermination bien documentée chez les gnous et les buffles, deux espèces où les attaques collectives contre un prédateur isolé ont été observées et filmées à plusieurs reprises.

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