Le macaque : pelage, expressions du visage et vie sociale
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Vingt-trois espèces se rangent sous le nom de macaque, le genre Macaca, réparties de l’Afrique du Nord jusqu’au Japon. Une seule d’entre elles vit à l’état sauvage en Europe, sur le rocher de Gibraltar. Leur point commun n’est pas la couleur du pelage ni la taille, très variables d’une espèce à l’autre, mais une vie sociale organisée autour des femelles.
Vingt-trois espèces, un seul genre
Le genre Macaca appartient à la famille des cercopithécidés, celle des singes de l’Ancien Monde. On y trouve le macaque rhésus, présent de l’Afghanistan à la Chine, le macaque crabier, très répandu en Asie du Sud-Est, le macaque japonais, connu pour se baigner dans les sources chaudes en hiver, le macaque de Barbarie, seul représentant du genre hors d’Asie, le macaque à crête des Célèbes, le macaque à queue de cochon, le macaque toque du Sri Lanka, le macaque bonnet d’Inde du Sud et le macaque lion, reconnaissable à sa crinière grise. La plupart vivent en Asie, à l’exception du macaque de Barbarie, installé au Maroc, en Algérie et sur le rocher de Gibraltar.
Une queue qui n’est pas systématique
La taille varie fortement selon les espèces. Le macaque bonnet dépasse à peine quarante centimètres de long, tandis que le macaque à crête ou le macaque de Tibet en mesurent plus de soixante-dix. Le poids suit la même logique, de trois kilogrammes pour les plus petites femelles à plus de dix-huit kilogrammes pour les mâles des espèces les plus grandes. La queue elle-même n’est pas un trait fiable pour reconnaître un macaque : celle du macaque de Barbarie est réduite à un moignon, quand d’autres espèces la portent aussi longue que le corps. Un trait commun à tout le genre, en revanche, est la présence de poches jugales, des abajoues qui leur permettent de stocker de la nourriture pendant qu’ils fuient un danger ou un rival.
Le visage, souvent aplati et dépourvu de museau saillant, porte des expressions faciales étonnamment lisibles pour un observateur humain : lèvres retroussées en signe d’apaisement, sourcils levés pour attirer l’attention, bâillement ostentatoire pour signaler une tension. Ces mimiques ont d’ailleurs beaucoup servi aux chercheurs qui étudient l’origine du langage du visage chez les primates.
Le rhésus, star malgré lui de la médecine
Le macaque rhésus doit sa célébrité à la recherche médicale plutôt qu’à la nature. C’est en l’étudiant, en 1940, que Karl Landsteiner et Alexander Wiener ont découvert le facteur rhésus, cette protéine présente ou absente à la surface des globules rouges qui donne son nom au groupe sanguin Rh. L’espèce a ensuite été massivement utilisée pour la mise au point des vaccins contre la poliomyélite, puis dans les premiers vols spatiaux américains et soviétiques des années 1950. Cette histoire pèse encore sur son statut aujourd’hui, tant l’espèce reste prélevée pour la recherche.
Une société de femelles
Chez les macaques, ce sont les femelles qui structurent le groupe. Elles restent toute leur vie dans la troupe où elles sont nées et y transmettent leur rang à leurs filles, formant des lignées stables sur plusieurs générations. Les mâles, à l’inverse, quittent leur groupe natal à la puberté pour en rejoindre un autre, ce qui limite les croisements entre individus apparentés. Le toilettage mutuel occupe une bonne partie de la journée : il retire parasites et saletés, mais il scelle surtout des alliances qui comptent lors des compétitions pour la nourriture ou pour un partenaire.
Ne pas confondre avec le babouin
Le macaque est souvent confondu avec le babouin, un autre singe de l’Ancien Monde, alors que les deux appartiennent à des genres distincts. Le babouin, du genre Papio, vit exclusivement en Afrique, pèse jusqu’à trente kilogrammes et porte un museau allongé qui rappelle celui d’un chien. Le macaque a le plus souvent un museau court et un visage aplati, il peuple surtout l’Asie, à l’exception du macaque de Barbarie, et reste globalement plus petit. Sur le terrain, le museau et la répartition géographique restent les critères les plus fiables pour ne pas les confondre.
Un régime qui s’adapte à l’homme
Omnivores, les macaques mangent des fruits, des feuilles, des graines et des insectes, complétés à l’occasion par de petits vertébrés. Certaines espèces ont appris à tirer parti de la présence humaine : à Bali ou à Ubud, des troupes entières de macaques crabiers vivent aux abords des temples et des marchés, où elles quêtent nourriture et objets auprès des visiteurs. Cette proximité facilite la transmission de maladies entre singes et humains et rend les animaux plus hardis, au point que les gardes de certains sites recommandent de ne jamais les nourrir à la main ni de les fixer dans les yeux, un geste qu’ils perçoivent comme une provocation.
Reproduction et statut de conservation
La gestation dure environ cinq mois et demi à six mois selon les espèces, et se conclut le plus souvent par la naissance d’un seul petit. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle vers trois ou quatre ans, les mâles un peu plus tard. Le statut de conservation varie fortement d’un macaque à l’autre : le macaque de Barbarie est classé en danger par l’Union internationale pour la conservation de la nature, tout comme le macaque crabier depuis 2022, en raison notamment de son prélèvement massif pour la recherche. D’autres espèces, plus répandues, restent classées en préoccupation mineure. Dans la nature, léopards et pythons figurent parmi leurs principaux prédateurs, la perte d’habitat forestier restant la menace la plus large pour l’ensemble du genre.
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