Le lama : morphologie, caractère et vie dans les Andes

découvrez le lama, cet animal fascinant et insolite ! plongez dans son univers en apprenant tout sur sa description physique et son comportement unique. un guide complet pour mieux comprendre ce compagnon surprenant.
Sommaire7 sections
  1. 01Silhouette et mesures
  2. 02Vie de groupe et hiérarchie
  3. 03Défense : crachats et vigilance
  4. 04Le guanaco, l’ancêtre sauvage
  5. 05Reproduction et longévité
  6. 06Un compagnon de charge dans les Andes
  7. 07Un animal d’altitude

Le lama n’existe pas à l’état sauvage : c’est un animal domestique, descendant du guanaco, que les peuples des Andes élèvent depuis plusieurs millénaires comme bête de somme et fournisseur de laine. Son cousin sauvage, le guanaco, arpente encore les hauts plateaux et la Patagonie, tandis que l’alpaga, plus petit et élevé pour sa fibre, descend d’un autre camélidé andin traité ailleurs sur ce site. Cette généalogie explique une bonne partie du tempérament et des usages du lama.

Silhouette et mesures

lama debout dans un enclos de montagne, oreilles incurvées vers l’avant

Le lama mesure environ 1,20 mètre au garrot et peut atteindre 1,80 mètre au sommet de la tête, cou tendu. Il pèse de 130 à 200 kilogrammes selon les lignées, ce qui en fait le plus grand des camélidés sud-américains domestiques, nettement devant l’alpaga. Son pelage, dense et variable, va du blanc pur au noir en passant par toutes les nuances de brun et de gris, souvent tacheté, une diversité de couleurs que le guanaco sauvage, uniformément brun-roux avec le ventre blanc, ne présente jamais.

Ses oreilles longues et légèrement incurvées vers l’intérieur, en forme de banane, permettent de le distinguer d’un coup d’œil de l’alpaga, dont les oreilles restent droites et courtes.

Vie de groupe et hiérarchie

Les lamas vivent en groupes d’une dizaine d’individus, formés d’un mâle dominant, de plusieurs femelles et de leurs petits. Les liens se renforcent par un toilettage mutuel et par de longues journées passées à brouter des graminées et des arbustes, arrachés grâce à une paire d’incisives inférieures qui poussent contre un bourrelet corné, à la place des incisives supérieures absentes chez tous les camélidés.

Défense : crachats et vigilance

Le lama reste globalement pacifique, mais il défend son groupe face à un intrus par des postures d’intimidation, des grognements sourds, puis, si cela ne suffit pas, en crachant un mélange de salive et de contenu stomacal, un geste réservé aux conflits sérieux entre lamas ou face à un humain jugé menaçant. Cette vigilance collective, chaque animal surveillant les alentours à tour de rôle, permet au groupe de repérer tôt l’arrivée d’un puma, son principal prédateur naturel dans les Andes.

Le guanaco, l’ancêtre sauvage

Le lama descend du guanaco, domestiqué il y a environ 4 000 à 5 000 ans dans les Andes péruviennes, probablement pour le transport de charges en altitude, là où le cheval n’existait pas encore sur le continent. Le guanaco vit toujours à l’état sauvage, en troupeaux, du sud du Pérou jusqu’à la Terre de Feu, et se reconnaît à son pelage uniforme, sans les taches ni les couleurs variées qu’a produites la sélection humaine sur le lama. L’alpaga, souvent confondu avec les deux, descend d’un troisième camélidé andin, plus petit et élevé uniquement pour sa fibre, dont ce site parle par ailleurs.

Reproduction et longévité

La femelle porte un peu moins d’un an, environ 350 jours, et met bas d’un seul petit, appelé cria, qui pèse à la naissance de 9 à 14 kilogrammes et se tient debout en moins d’une heure. Le sevrage intervient vers quatre mois, et les femelles atteignent leur maturité sexuelle autour de douze mois, un peu plus tard chez les mâles. Un lama vit en moyenne de 15 à 20 ans en élevage, parfois davantage, ce qui en fait un investissement de long terme pour les familles andines qui en dépendent pour le transport et la laine.

Un compagnon de charge dans les Andes

Depuis des siècles, le lama transporte des charges de 25 à 30 kilogrammes sur des sentiers de montagne où aucun véhicule ne passe, un usage qui a permis aux civilisations andines, dont les Incas, de faire circuler des marchandises sur des milliers de kilomètres de cordillère. Sa laine, plus grossière que celle de l’alpaga, sert surtout à fabriquer des cordes et des tissus rustiques, quand celle de l’alpaga est réservée aux textiles fins. Cette complémentarité entre les deux espèces explique pourquoi les éleveurs andins ont longtemps conservé les deux côte à côte, chacune pour un usage distinct.

Un animal d’altitude

Le lama supporte des altitudes qui épuiseraient rapidement un cheval ou un bovin : les troupeaux andins pâturent couramment entre 3 000 et 4 500 mètres, où l’air contient nettement moins d’oxygène qu’au niveau de la mer. Ses globules rouges, plus petits et plus nombreux que ceux des mammifères de plaine, transportent l’oxygène avec une efficacité que les éleveurs de la cordillère ont exploitée bien avant qu’on en comprenne la physiologie. Cette adaptation, partagée avec le guanaco dont il descend, reste absente chez les bovins ou les chevaux introduits plus tard par les colons espagnols, qui peinent toujours à travailler au-delà de 4 000 mètres.

Résumer cet article avec :

Partager :