Le castor canadien : queue plate, pattes palmées et barrages
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Quarante chromosomes contre quarante-huit chez son cousin européen : le castor canadien ne peut pas s’hybrider avec le castor d’Europe, même là où les deux espèces se croisent aujourd’hui. Ce détail génétique compte, car le castor canadien a été introduit en Europe pour sa fourrure au XXᵉ siècle et y est devenu une espèce envahissante qui concurrence directement son cousin sauvé de justesse. Rongeur semi-aquatique d’Amérique du Nord, il reste l’un des rares mammifères capables de transformer un cours d’eau en étang à sa mesure.
Un rongeur bâti pour l’eau
Castor canadensis mesure de 90 à 120 cm de long, queue comprise, celle-ci pouvant atteindre 30 cm de long sur 13 cm de large, aplatie et couverte d’écailles plutôt que de poils. Son poids varie de 16 à 32 kg, ce qui en fait le plus gros rongeur d’Amérique du Nord. Les pattes arrière, larges et palmées, propulsent l’animal dans l’eau, tandis que les pattes avant, dotées de griffes fines, servent à manipuler branches et boue.
Une espèce distincte du castor d’Europe
Castor canadensis et Castor fiber se ressemblent au point d’avoir longtemps été confondus, mais ce ne sont pas deux variétés d’une même espèce. Leur nombre de chromosomes diffère, 40 chez le canadien contre 48 chez l’européen, ce qui empêche toute reproduction croisée fertile entre eux. Le crâne du castor canadien est également plus arrondi et son museau légèrement plus court.
Une introduction en Europe qui pose problème
Importé pour sa fourrure au début du XXᵉ siècle, le castor canadien a été relâché en Finlande dans les années 1930, où on l’a d’abord pris pour la sous-espèce locale de castor d’Europe déjà éteinte dans la région. Il s’est depuis répandu en Finlande et dans le nord-ouest de la Russie, où il occupe des cours d’eau que le castor d’Europe pourrait recoloniser et transmet des parasites auxquels ce dernier est plus sensible. Les autorités finlandaises et l’Union européenne classent aujourd’hui le castor canadien parmi les espèces exotiques envahissantes préoccupantes.
Des barrages qui façonnent le paysage
Le castor canadien construit des barrages de branchages et de boue pour maintenir un niveau d’eau suffisant à l’entrée immergée de sa hutte, une protection contre les prédateurs terrestres. Ces retenues ralentissent l’érosion, filtrent les sédiments et créent des zones humides qui profitent à de nombreuses autres espèces, amphibiens, oiseaux d’eau et poissons.
Un régime strictement végétal
Herbivore, il se nourrit d’écorce, de préférence de peuplier, de saule et de bouleau, ainsi que de branches, de feuilles et de plantes aquatiques en été. Il ne stocke pas de graisse pour hiberner : il constitue à l’automne une réserve de branches immergée près de la hutte, à laquelle il accède sous la glace tout l’hiver.
Reproduction et vie de famille
Monogame, le couple se forme pour plusieurs années et se reproduit entre janvier et mars. La gestation dure de 100 à 110 jours, pour une portée de 1 à 4 petits pesant chacun 300 à 500 g à la naissance. Les jeunes restent auprès des parents jusqu’à deux ans, participant à l’entretien du barrage avant de partir fonder leur propre colonie.
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