Le chacal à chabraque : pelage, chasse et rôle de charognard
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Une selle noire et blanche qui court du garrot à la croupe, c’est elle qui donne son nom au chacal à chabraque et qui le distingue du chacal à flancs rayés, marqué lui d’une bande pâle sur le côté du corps. Répandu dans les savanes ouvertes et les plaines semi-arides d’Afrique de l’Est et australe, ce canidé chasse aussi bien seul qu’en couple, et complète ses proies par un charognage opportuniste qui en fait l’un des nettoyeurs les plus actifs de son environnement.
Une selle sur le dos, pas une bande sur le flanc
Canis mesomelas mesure de 45 à 90 cm de long, avec une queue de 30 à 40 cm terminée de noir, pour un poids de 6 à 12 kg selon les régions. Le pelage du corps va du fauve au brun roux, mais c’est la plage dorsale noire et blanche, la « chabraque », qui identifie l’espèce entre les épaules et la base de la queue. Chez le chacal à flancs rayés, aucune selle dorsale n’existe : la marque se limite à une bande pâle sur chaque flanc. Ce n’est pas la teinte générale du pelage qui sépare les deux espèces, mais l’emplacement précis de leur motif.
Chasse solitaire, chasse en couple
Le chacal à chabraque chasse seul lorsque la proie est petite, un rongeur ou un lièvre, et se met à deux, avec son partenaire, face à une proie plus grande comme un faon de gazelle. Son régime inclut aussi une large part de charognes : sur les grandes plaines d’Afrique de l’Est, il figure parmi les premiers charognards à arriver sur une carcasse après les vautours, devant l’hyène rayée.
Un couple qui dure, des chiots sous double garde
L’espèce est monogame, les couples restant unis plusieurs années et défendant ensemble un territoire commun. Comme chez le chacal à flancs rayés, des jeunes de la portée précédente aident parfois à surveiller les nouveau-nés, un comportement qui accroît sensiblement leur taux de survie dans les premiers mois.
Un territoire qui varie selon l’écosystème
La taille du territoire occupé par un couple oscille fortement : de 1 à 5 km² dans les zones giboyeuses, jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres carrés dans le Serengeti, où la densité de proies est plus faible et plus dispersée dans l’espace. Le marquage par urine et les hurlements en duo, audibles à plus d’un kilomètre, signalent l’occupation du terrain aux groupes voisins.
Des prédateurs nombreux à surveiller
Le lion, le léopard, la hyène tachetée, le guépard et le lycaon menacent surtout les jeunes isolés et les individus affaiblis. Les rapaces s’attaquent occasionnellement aux chiots restés sans surveillance près du terrier.
Reproduction et apprentissage prolongé
L’accouplement a lieu en général au début de la saison des pluies. La gestation dure environ 60 jours, pour une portée de 2 à 6 chiots élevés sous la garde des deux parents. L’apprentissage de la chasse s’étale sur près d’un an, une durée longue qui explique la résistance de l’espèce à la sécheresse : un jeune bien formé peut supporter plusieurs jours sans eau ni nourriture en attendant une occasion de proie ou de charogne.
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