Le canard colvert : plumage, milieux fréquentés et comportement

découvrez tout sur le canard colvert, une espèce sauvage fascinante. informez-vous sur son habitat, son comportement, son alimentation et ses caractéristiques uniques. plongez dans le monde de ce canard emblématique et apprenez à mieux le connaître.
Sommaire7 sections
  1. 01Un barboteur, pas un plongeur
  2. 02Le dandy qui redevient anonyme
  3. 03Le cri qui trahit le sexe
  4. 04L’ancêtre des canards de basse-cour
  5. 05Une nichée qui prend l’eau dès le premier jour
  6. 06Une espèce commune, mais très chassée
  7. 07Un vol rapide et bruyant

Le canard colvert est le canard sauvage le plus répandu de l’hémisphère Nord et l’ancêtre de presque toutes les races domestiques élevées pour la viande ou les œufs. Il ne plonge pas : c’est un barboteur, qui bascule le corps vers l’avant pour atteindre le fond sans jamais s’immerger complètement. En été, le mâle perd son plumage voyant et ressemble, pendant plusieurs semaines, à s’y méprendre à la femelle.

Un barboteur, pas un plongeur

un colvert mâle nage sur une eau calme, la tête verte et le collier blanc bien visibles.

Le colvert, Anas platyrhynchos, appartient à la famille des anatidés, comme les oies et les cygnes. Il mesure de 50 à 65 centimètres, pèse entre 900 grammes et 1,4 kilogramme selon la saison, et déploie une envergure de 81 à 98 centimètres. Sa façon de se nourrir le distingue des canards plongeurs comme le fuligule milouin : il reste en surface, bascule le corps la tête en bas et la queue en l’air pour attraper graines, plantes aquatiques et petits invertébrés au fond peu profond, sans jamais disparaître sous l’eau.

Le dandy qui redevient anonyme

En période nuptiale, de l’automne au printemps, le mâle porte une tête vert bouteille, un collier blanc net, une poitrine brun roux et un corps gris perle, avec de petites plumes de queue recourbées vers le haut qu’aucune femelle ne porte. À partir de juillet, il mue entièrement : il perd toutes ses rémiges en même temps, reste incapable de voler pendant trois à quatre semaines, et prend un plumage brun tacheté presque identique à celui de la femelle, appelé plumage d’éclipse. Il ne retrouve ses couleurs qu’à l’automne. La femelle garde ce plumage brun toute l’année, ce qui la camoufle sur le nid.

Le cri qui trahit le sexe

Seule la femelle colvert cancane fort, ce « coin-coin » descendant qu’on associe à tort à tous les canards. Le mâle émet un son plus rauque et plus discret, proche d’un raclement de gorge. Cette différence permet de distinguer les sexes à l’oreille quand le plumage prête à confusion, en été comme chez les jeunes de l’année.

L’ancêtre des canards de basse-cour

La plupart des races domestiques, pékin, rouen, coureur indien, descendent du colvert sauvage, domestiqué depuis des siècles en Chine puis en Europe. Dans les parcs urbains, une partie des canards à l’allure de colvert sont en réalité des hybrides avec ces races : bec plus large, corps plus lourd, parfois plumage blanc ou pie. Un colvert sauvage garde la silhouette fine et le vol rapide et direct de l’oiseau d’origine, alors que les hybrides volent peu et mal.

Une nichée qui prend l’eau dès le premier jour

La femelle construit son nid au sol, parmi la végétation, parfois assez loin de l’eau, et le garnit de duvet arraché à son propre ventre. Elle pond de 8 à 12 œufs qu’elle couve seule pendant 27 à 28 jours. Les canetons quittent le nid en moins d’une journée : ils savent déjà nager et se nourrir seuls, mais la mère continue de les guider et de les défendre pendant plusieurs semaines. La mortalité est forte avant l’envol, vers cinquante jours, sous l’effet des brochets, des hérons et des renards.

Une espèce commune, mais très chassée

Le colvert est classé en préoccupation mineure par l’UICN : sa population mondiale se compte en dizaines de millions d’individus, ce qui en fait l’un des oiseaux d’eau les plus nombreux au monde. C’est aussi le gibier d’eau le plus chassé en Europe, et des lâchers réguliers d’oiseaux d’élevage compliquent le suivi des populations sauvages. L’espèce est partiellement migratrice : les populations du nord de l’Europe descendent hiverner plus au sud, tandis qu’une bonne part des colverts d’Europe de l’Ouest restent sur place toute l’année.

Un vol rapide et bruyant

Le colvert décolle presque à la verticale, sans course d’élan, un avantage sur un plan d’eau étroit ou entouré de végétation. Une fois en l’air, il file en ligne droite à une cinquantaine de kilomètres par heure, avec un battement d’ailes sifflant qui s’entend de loin la nuit, quand l’espèce se déplace volontiers entre ses zones de repos et d’alimentation. Ce vol franc et direct contraste avec celui des canards plongeurs, qui doivent courir sur l’eau plusieurs mètres avant de décoller.

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