L’oryx algazelle : adaptations au désert et vie en groupe
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L’oryx algazelle a disparu à l’état sauvage en 2000, victime de la chasse et de la sécheresse dans le Sahara. Il a fallu plus de quinze ans d’élevage en captivité et un partenariat entre le Tchad et plusieurs organisations internationales pour le ramener dans la réserve de Ouadi Rimé-Ouadi Achim. Ses cornes incurvées en forme de cimeterre, à la différence des cornes droites de l’oryx beisa d’Afrique de l’Est, lui ont donné son autre nom d’oryx à cornes en cimeterre.
Des cornes en cimeterre, pas des cornes droites
L’oryx algazelle, Oryx dammah, est un bovidé de la sous-famille des hippotraginés, originaire du Sahara et du Sahel, du Maroc au Soudan. Ses cornes annelées, portées par les deux sexes, s’incurvent vers l’arrière sur près d’un mètre, une forme qui lui vaut le nom d’oryx à cornes en cimeterre. C’est ce qui le distingue au premier regard de l’oryx beisa d’Afrique de l’Est, dont les cornes restent presque droites sur toute leur longueur.
Le pelage est blanc crème sur le corps, avec un cou et une poitrine roux, et des marques brunes sur le front et le museau. Au garrot, l’animal mesure environ 1,20 mètre et pèse entre 100 et 210 kilogrammes selon le sexe et la saison.
L’aire de répartition historique de l’espèce s’étendait bien au-delà du Tchad actuel, du Maroc et de l’Algérie à l’ouest jusqu’au Soudan et à l’Égypte à l’est, en passant par le Niger, le Mali et le Sénégal. La désertification progressive du Sahara au vingtième siècle a réduit cette aire à quelques poches isolées, bien avant que la chasse n’achève le déclin.
Une espèce déclarée éteinte à l’état sauvage
La chasse, la concurrence avec le bétail et une série de sécheresses ont fait disparaître l’oryx algazelle de son aire naturelle dès les années 1980. En 2000, l’Union internationale pour la conservation de la nature l’a classé éteint à l’état sauvage : il ne subsistait plus qu’en captivité, dans des zoos et des réserves privées.
À partir de 2016, l’agence pour l’environnement d’Abou Dabi, le Sahara Conservation Fund, la Société zoologique de Londres et l’Institution Smithsonian ont réintroduit des individus nés en captivité dans la réserve de faune de Ouadi Rimé-Ouadi Achim, au Tchad. Les premiers veaux nés en liberté depuis l’extinction y ont été observés dès l’année suivante.
Le troupeau, meilleure protection contre les prédateurs
L’oryx algazelle vit en troupeaux mixtes de plusieurs dizaines d’individus, qui pouvaient historiquement atteindre plusieurs centaines de têtes lors des grandes migrations sahariennes. Femelles, jeunes et mâles s’y côtoient, sans les hiérarchies rigides observées chez d’autres antilopes.
Face au lion ou à la hyène, la fuite reste la première réponse, mais un individu acculé se défend avec ses cornes en cimeterre, capables d’infliger des blessures profondes. Le groupe cherche sa nourriture aux heures les plus fraîches, tôt le matin et en fin de journée, pour limiter la déperdition d’eau.
Se nourrir et boire sans eau libre
L’oryx algazelle se nourrit d’herbes, de feuilles et de pousses, dont il ajuste le choix selon la saison et la disponibilité. Il déterre aussi des racines et des tubercules avec ses sabots, une ressource précieuse pendant la longue saison sèche.
Sa physiologie lui permet d’extraire l’essentiel de l’eau dont il a besoin de cette végétation, y compris des plantes les plus sèches et épineuses que d’autres herbivores évitent. Il peut ainsi rester des semaines sans boire à un point d’eau. Sa longévité atteint 15 à 20 ans dans la nature, et souvent davantage dans les parcs et réserves où il ne risque plus la prédation.
D’éteint à l’état sauvage à en danger
Le reclassement de l’oryx algazelle par l’Union internationale pour la conservation de la nature, passé du statut d’éteint à l’état sauvage à celui d’en danger, reste l’un des rares exemples de rétablissement complet après une extinction dans la nature. La population réintroduite au Tchad dépassait plusieurs centaines d’individus au moment de ce reclassement, avec une reproduction naturelle installée.
Le braconnage et la sécheresse restent des menaces réelles dans la réserve de Ouadi Rimé-Ouadi Achim, mais le suivi par balises GPS et la surveillance renforcée du site donnent aux gestionnaires les moyens de réagir vite.
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