Le ratel du Cap : ténacité, défense et face-à-face avec plus grand que lui
Sommaire7 sections
- 01Un mustélidé à ne pas confondre avec le zorille
- 02Une résistance au venin qui fait sa réputation
- 03Un chasseur opportuniste, du serpent au miel
- 04Un territoire immense pour un animal solitaire
- 05Une reproduction étalée sur l’année
- 06Peu de prédateurs, mais une espèce sous pression
- 07Une aire de répartition qui dépasse largement le Cap
Le ratel affronte des adversaires bien plus grands que lui, y compris des lions, et en sort souvent vivant. Sa peau épaisse et lâche encaisse les crocs sans se déchirer, et il tolère des doses de venin de serpent qui tueraient plusieurs fois un animal de sa taille. Ce mustélidé africain a été inscrit au Guinness des records comme l’animal le plus intrépide du monde.
Un mustélidé à ne pas confondre avec le zorille
Le ratel, ou Mellivora capensis, mesure 55 à 77 centimètres de long, queue non comprise, pour un poids de 9 à 16 kilogrammes chez le mâle et 5 à 10 kilogrammes chez la femelle. Son pelage noir sur le ventre et les flancs, surmonté d’une large bande blanc grisâtre du sommet du crâne à la base de la queue, lui donne une silhouette reconnaissable. Il est souvent appelé à tort zorille du Cap, un nom qui désigne en réalité une autre espèce, le zorille rayé, plus petit et de la famille des mouffettes africaines : les deux animaux partagent une robe contrastée, mais rien d’autre.
Une résistance au venin qui fait sa réputation
La peau du ratel, épaisse de six millimètres environ et peu adhérente au corps, lui permet de se retourner dans la gueule d’un adversaire pour le mordre en retour, une manœuvre documentée face à des lions et des hyènes. Sa tolérance au venin de serpent est tout aussi remarquable : un ratel mordu par un cobra ou une vipère heurtée peut sombrer dans une torpeur de quelques heures avant de se relever et de finir son repas, là où la même dose tuerait la plupart des mammifères de sa taille.
Un chasseur opportuniste, du serpent au miel
Le ratel creuse le sol de ses longues griffes avant pour déterrer rongeurs et larves d’insectes, mais son régime inclut aussi des serpents venimeux, des œufs, des oiseaux au sol et des fruits selon la saison. Sa réputation de gourmand de miel n’est pas usurpée : il repère les colonies d’abeilles, brise les rayons à coups de griffes et se nourrit du couvain autant que du miel, sa peau épaisse le protégeant des piqûres. Une tradition largement rapportée, mais jamais confirmée par une observation rigoureuse, veut qu’un petit oiseau, l’indicateur, le guide jusqu’aux ruches en échange d’une part du butin.
Un territoire immense pour un animal solitaire
Le ratel vit seul en dehors de la reproduction et parcourt un domaine vital qui peut dépasser 500 kilomètres carrés chez les mâles du Kalahari, contre environ 150 kilomètres carrés chez les femelles. Il installe ses gîtes dans des terriers creusés par d’autres espèces, des cavités rocheuses ou des termitières abandonnées, qu’il change fréquemment. Son activité est surtout nocturne dans les zones chaudes et sèches, plus diurne dans les régions plus fraîches.
Une reproduction étalée sur l’année
Il n’existe pas de saison de reproduction marquée chez le ratel : les naissances surviennent toute l’année selon la disponibilité de nourriture. La gestation dure environ deux mois et donne le plus souvent naissance à un seul petit, plus rarement deux. Le jeune reste avec sa mère de douze à seize mois, un apprentissage long pour un mustélidé, nécessaire pour maîtriser les techniques de chasse et repérer les proies dangereuses. Durant cette période, la mère change fréquemment de gîte, parfois chaque jour, une prudence qui limite le risque qu’un prédateur repère et mémorise l’emplacement du petit.
Peu de prédateurs, mais une espèce sous pression
Lion, léopard et python sont les rares prédateurs capables de tuer un ratel adulte, et encore le font-ils rarement au vu du risque encouru. La menace la plus documentée vient des populations rurales et des apiculteurs, qui le tuent en représailles après le pillage de ruches ou de poulaillers. Classé préoccupation mineure par l’UICN à l’échelle mondiale, le ratel est néanmoins protégé par la législation sud-africaine et namibienne, où les campagnes d’élimination l’ont fait localement disparaître de certaines régions agricoles.
Une aire de répartition qui dépasse largement le Cap
Contrairement à ce que suggère son nom, le ratel n’est pas cantonné à l’Afrique du Sud. L’espèce occupe la quasi-totalité de l’Afrique subsaharienne, remonte jusqu’au Maroc dans certaines poches sahariennes, et s’étend à travers la péninsule Arabique jusqu’en Iran, au Pakistan et au nord de l’Inde. Cette aire immense, l’une des plus vastes parmi les mustélidés, explique la diversité de couleurs et de tailles observée d’une population à l’autre, certaines populations asiatiques présentant un pelage presque entièrement brun clair sur le dos plutôt que blanc pur.
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