Le céphalophe à front noir, antilope des forêts d’Afrique de l’Ouest
Sommaire7 sections
Le nom du céphalophe à front noir ne décrit pas tout son pelage, seulement une bande étroite entre les yeux. C’est une antilope forestière d’Afrique centrale et orientale, capable de vivre du niveau de la mer jusqu’à 3500 mètres d’altitude, une amplitude que peu de céphalophes atteignent.
Une bande noire, pas un pelage entier
Le céphalophe à front noir, Cephalophus nigrifrons, est un bovidé forestier qui mesure environ 43 cm au garrot pour un poids de 14 à 18 kg. Son nom vient de la large bande noire qui court du museau jusqu’au sommet du crâne, bien visible sur un pelage par ailleurs brun roux. Les mâles portent des cornes de 4 à 12 cm.
De la plaine à 3500 mètres
L’espèce occupe un territoire immense : Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, République du Congo, République démocratique du Congo, Angola, Ouganda, Rwanda, Burundi et Kenya. Une population isolée subsiste même dans le delta du Niger, au Nigeria, à des centaines de kilomètres du reste de l’aire. Elle fréquente les forêts de plaine, les forêts marécageuses et les forêts de montagne, jusqu’à 3500 mètres d’altitude.
Actif de jour comme de nuit
Contrairement à des céphalophes voisins strictement nocturnes ou diurnes, le céphalophe à front noir reste actif à toute heure. Il emprunte des sentiers fixes qui relient ses zones de repos à ses zones de nourrissage, un réseau qu’il entretient et reconnaît sans hésitation. Le couple, uni pour de longues périodes, défend ensemble ce territoire balisé par les glandes préorbitaires.
Feuilles et fruits tombés
Le régime du céphalophe à front noir reste avant tout composé de feuilles et de jeunes pousses, complété de fruits ramassés sous les arbres fruitiers de la forêt. Cette part de frugivorie reste plus modeste que chez d’autres céphalophes forestiers, l’espèce se comportant surtout comme un brouteur de sous-bois.
Six sous-espèces pour une seule aire fragmentée
Les naturalistes distinguent six sous-espèces de céphalophe à front noir selon la région : fosteri au Kenya et en Ouganda, hooki en Angola, hypoxanthus au Cameroun et en Guinée équatoriale, kivuensis dans l’est de la République démocratique du Congo, rubidus au Rwanda et au Burundi, et nigrifrons au sens strict au Gabon et au Congo. Cette diversité, rare chez un céphalophe, reflète l’étendue inhabituelle de son aire de répartition, de l’Afrique de l’Ouest atlantique jusqu’aux montagnes du Rift albertin.
Le léopard reste le principal prédateur de l’espèce dans la majeure partie de son aire, complété localement par le python et, pour les jeunes, par l’aigle couronné. À la différence de nombreux céphalophes de plaine, le céphalophe à front noir croise aussi, en altitude, des prédateurs de montagne comme le serval, plus habitué aux forêts claires d’altitude qu’à la forêt dense de basse terre.
Le céphalophe noir, une confusion de teinte
En Afrique de l’Ouest, du Sierra Leone au Ghana, vit le céphalophe noir, une espèce entièrement brun très sombre à noirâtre, sans la bande frontale isolée du céphalophe à front noir. Les deux aires ne se recoupent pas : le céphalophe noir reste cantonné aux forêts de Haute-Guinée, le céphalophe à front noir occupe l’Afrique centrale et orientale. Sur le terrain, l’étendue de la couleur sombre suffit à trancher : une bande nette et limitée pour l’un, un corps entier assombri pour l’autre.
Une espèce stable, une population isolée à surveiller
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le céphalophe à front noir en préoccupation mineure sur l’ensemble de son aire, tout en signalant une tendance générale au déclin plutôt qu’une population stable. La population du delta du Niger, coupée du reste de l’espèce, mérite une attention particulière : sa petite taille et son isolement la rendent bien plus vulnérable à la déforestation locale que les populations continues d’Afrique centrale.
Résumer cet article avec :
Partager :
