Le céphalophe à flancs roux : taille, habitat et reproduction
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La plupart des céphalophes ne quittent jamais le couvert de la forêt. Le céphalophe à flancs roux, lui, vit en lisière et en savane boisée, du Sénégal jusqu’au Soudan, un choix d’habitat qui le distingue d’emblée de ses cousins forestiers.
Le céphalophe qui a quitté la forêt
Le céphalophe à flancs roux, Cephalophus rufilatus, occupe les savanes boisées et les lisières forestières, du Sénégal et de la Gambie à l’ouest jusqu’au Soudan et à la vallée du Nil à l’est. Il fréquente aussi les abords des cours d’eau, où la végétation reste dense toute l’année. Cette préférence pour les milieux ouverts en fait une exception dans un genre presque entièrement inféodé à la forêt dense. Sur cette large bande sahélienne et soudanienne, il traverse une douzaine de pays : Sénégal, Guinée, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Cameroun, Tchad, République centrafricaine, Soudan et Soudan du Sud, toujours dans des formations boisées assez ouvertes pour laisser passer la lumière au sol.
Douze kilos, cornes courtes
L’animal mesure de 34 à 37 cm au garrot pour un poids de 12 à 14 kg. Les mâles portent des cornes courtes, recourbées vers l’arrière, longues de 9 cm au maximum ; les femelles en sont le plus souvent dépourvues. Le pelage, roux vif sur les flancs et plus sombre sur le dos, tranche nettement avec le jaune paille des hautes herbes environnantes.
Un couple qui ne dure que quelques mois
À la différence de plusieurs céphalophes forestiers qui forment des couples stables toute l’année, le céphalophe à flancs roux vit surtout seul, et le couple, quand il se forme, n’occupe un territoire commun que pour quelques mois. La femelle atteint sa maturité sexuelle vers neuf mois, entre en chaleur une fois par an, et met bas un unique petit après une gestation d’environ huit mois, au passage de la saison sèche à la saison des pluies.
Léopard, serval et python
Vivant en lisière de savane, le céphalophe à flancs roux croise des prédateurs que ses cousins forestiers ne rencontrent jamais dans les mêmes proportions : le léopard, le serval et les grands pythons se partagent l’essentiel des attaques, complétés par la civette et, dans les zones de rivière, le crocodile du Nil lors des passages à gué. Son pelage roux, presque invisible dans les herbes hautes brûlées par le soleil, joue ici un rôle de camouflage plus net que chez les céphalophes de forêt dense, où la pénombre suffit à masquer les couleurs.
Un disperseur de graines de figuier
Le régime du céphalophe à flancs roux se compose de feuilles, de fleurs et de fruits tombés, ramassés jusqu’à un mètre du sol. Il avale entières les graines de figuiers, de dattiers et d’autres fruits sauvages, qu’il redépose intactes plus loin : un rôle de disperseur de graines documenté chez peu d’antilopes de cette taille.
Le céphalophe commun, un autre genre malgré l’allure
Sur le même territoire de savane, on croise souvent le céphalophe commun, une espèce plus grande, de 12 à 25 kg, qui appartient en réalité à un genre différent, Sylvicapra et non Cephalophus. Il n’a ni flancs roux ni bande dorsale sombre, porte une petite tache noire triangulaire sur le front, et ses femelles, à la différence de celles du céphalophe à flancs roux, portent souvent des cornes.
Préoccupation mineure, une pression de chasse qui s’aggrave
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le céphalophe à flancs roux en préoccupation mineure. La population reste répartie sur une vaste bande sahélienne et soudanienne, mais elle recule localement sous l’effet de la chasse, la viande de brousse restant une source de protéines très recherchée dans cette partie de l’Afrique.
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