Le gibbon hoolock occidental : traits distinctifs, chants et vie sociale
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Chez le gibbon hoolock occidental, un même trait unit les deux sexes malgré une robe totalement différente : un bandeau de poils blancs au-dessus des yeux, presque une paire de sourcils, qui a donné son autre nom à l’espèce, le gibbon à sourcils blancs. Cette population vit à l’ouest d’une rivière birmane, le Chindwin, qui la sépare de sa cousine orientale. Elle chante à l’aube, en couple, depuis les collines du Bangladesh, du nord-est de l’Inde et de l’ouest du Myanmar.
Sourcils blancs, robe qui change de couleur
Le mâle adulte du gibbon hoolock occidental est presque entièrement noir, à l’exception justement de ce bandeau blanc au-dessus des yeux. La femelle porte une fourrure beige à fauve, plus claire sur le ventre, et conserve elle aussi ce même bandeau clair : c’est le seul trait de coloration commun aux deux sexes chez cette espèce, ce qui n’est pas le cas chez tous les gibbons. L’animal mesure entre 45 et 65 centimètres de hauteur pour un poids compris entre 6 et 9 kilogrammes, et il n’a pas de queue.
Deux espèces séparées par une rivière
Le genre Hoolock ne compte que deux espèces reconnues, le hoolock occidental et le hoolock oriental, séparées géographiquement par les rivières Dibang et Lohit, dans le nord-est de l’Inde. Le hoolock occidental occupe le territoire situé plus à l’ouest : le Bangladesh, plusieurs États du nord-est indien et la partie du Myanmar qui s’étend à l’ouest du fleuve Chindwin. Il fréquente les forêts tropicales et subtropicales de plaine et de collines, ainsi que certaines forêts de bambous en lisière. Ce territoire lui vaut un statut particulier : les hoolocks sont les seuls grands singes présents en Inde, un pays qui n’en abrite aucune autre espèce.
Le genre Hoolock se distingue aussi génétiquement du reste des gibbons. Ses représentants possèdent 38 chromosomes, contre 44 chez les gibbons du genre Hylobates comme le gibbon agile, et 52 chez les gibbons à crête du genre Nomascus comme le gibbon noir. Cette différence de caryotype a longtemps servi d’argument pour classer les hoolocks dans un genre séparé, plutôt que de les rattacher aux autres gibbons asiatiques.
Un sac laryngé pour porter la voix
Comme d’autres gibbons, le hoolock occidental possède un sac laryngé, une poche de peau reliée aux cordes vocales qui amplifie et modifie le son émis. Cet organe lui permet de produire des vocalisations qui portent loin dans la forêt dense, sans effort proportionné à la puissance sonore obtenue.
Les duos matinaux commencent en général par le mâle, qui lance une série de notes courtes et répétées ; la femelle prend ensuite le relais avec un chant plus long, appelé le « grand appel », avant que le couple ne conclue ensemble. Plusieurs familles voisines chantent parfois presque simultanément à l’aube, créant un chœur qui s’entend à plusieurs centaines de mètres.
Un régime dominé par les fruits
Le hoolock occidental est essentiellement frugivore, avec un net penchant pour les fruits mûrs et sucrés. Il complète son alimentation avec des jeunes feuilles, des fleurs, des bourgeons et, plus occasionnellement, des insectes et des œufs trouvés dans les nids. Cette diversité alimentaire lui permet de traverser les périodes où les fruits se font rares dans son territoire.
Vie de couple et défense du territoire
L’espèce vit en petits groupes familiaux formés d’un couple et de ses jeunes non sevrés, rarement plus de quatre ou cinq individus. Diurne, elle passe l’essentiel de la journée dans la canopée, où elle se nourrit et se déplace par brachiation. Le couple défend son territoire avec constance, principalement par le chant plutôt que par l’affrontement direct avec les voisins.
Une espèce classée en danger
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le gibbon hoolock occidental parmi les espèces en danger. Le recul de son effectif tient d’abord à la fragmentation de la forêt, découpée par l’agriculture itinérante et les infrastructures, qui isole des groupes trop petits pour se reproduire durablement entre eux. La chasse, plus locale, reste une menace secondaire mais réelle dans certaines zones du nord-est indien.
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