En Occitanie, les chasseurs aident la SNCF à éviter les collisions
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Depuis 2019, la Fédération des chasseurs d’Occitanie et SNCF Réseau travaillent main dans la main pour réduire les collisions entre trains et grand gibier. Une nouvelle convention, signée pour la période 2024 à 2030, prolonge et élargit ce partenariat peu connu du grand public.
Une convention prolongée jusqu’en 2030
Le partenariat entre SNCF Réseau et les chasseurs d’Occitanie ne date pas d’hier. Il a débuté en 2019, sous une forme plus modeste, avant d’être renforcé par une convention signée récemment et valable jusqu’en 2030. Cette durée, longue pour ce type d’accord, permet aux deux parties de programmer des aménagements du réseau ferré sur plusieurs années plutôt que de réagir année après année.
Plus de 500 collisions chaque année
« C’est indispensable, assure Catherine Trévet, directrice de SNCF Réseau Occitanie. Il y a chaque année plus de 500 collisions entre des trains et des cerfs ou des sangliers dans notre région. » Ce chiffre, considérable pour une seule région, donne la mesure du problème : la Nouvelle Occitanie fait partie des zones françaises où la pression du grand gibier sur les voies est la plus forte, du fait de l’étendue des massifs forestiers et de la progression des populations de sangliers et de cervidés depuis plusieurs décennies.
Ces chocs ne sont pas anodins pour l’exploitation du réseau. En 2023, ils ont généré 270 heures de retard cumulées sur les lignes concernées, sans compter les coûts de réparation du matériel roulant et, parfois, des infrastructures elles-mêmes, qui se chiffrent en plusieurs millions d’euros par an.
Cette pression n’a rien d’accidentel. Les tableaux de chasse de sanglier ont été multipliés par plusieurs depuis les années 1980 sur l’ensemble du territoire français, et les populations de cerfs ont, elles aussi, gagné du terrain dans les massifs occitans. Les voies ferrées, souvent bordées de talus boisés et de haies qui offrent le couvert, traversent désormais des habitats bien plus peuplés qu’il y a quarante ans. La hausse du nombre de collisions suit, presque mécaniquement, cette dynamique démographique.
La connaissance du terrain, ressource des chasseurs
Ce que la SNCF ne peut pas produire seule, ce sont des données fines sur les zones de passage des animaux. C’est là qu’interviennent les chasseurs. « L’objectif, c’est de profiter de leur connaissance du territoire et de sa faune », explique Catherine Trévet. Concrètement, les fédérations locales signalent les corridors de déplacement du gibier, les points de franchissement récurrents, les secteurs où les populations progressent. SNCF Réseau s’appuie sur ces informations pour décider où installer des clôtures ou creuser des passages souterrains, plutôt que de traiter le réseau de façon uniforme.
Le cas particulier des lapins de garenne
Le grand gibier n’est pas seul en cause. Lucie Gillioz, chargée de mission à la Fédération des chasseurs d’Occitanie, détaille un autre chantier : « On régule aussi les lapins de garenne à proximité des chemins de fer. Ils sont très nombreux autour de Montpellier et creusent des terriers sous les voies, qui risquent d’affaisser les rails et de faire dérailler des trains. » Le danger n’est pas le choc direct avec l’animal, comme pour un cerf, mais l’érosion progressive du ballast par un réseau de galeries souterraines, invisible depuis la voie tant qu’il n’a pas cédé.
Compenser l’impact des nouveaux tracés
La collaboration ne se limite pas à la sécurité du réseau existant. Elle intervient aussi en amont, sur les projets de nouvelles lignes. Quand un tracé traverse un habitat sensible, la réglementation impose des mesures de compensation environnementale : les chasseurs participent à ce travail, notamment en accompagnant le déplacement de populations animales présentes sur l’emprise des futurs travaux vers des zones où elles pourront se maintenir, afin de limiter l’impact sur l’écosystème local.
Un dispositif qui profite aux deux parties
Pour SNCF Réseau, l’intérêt est direct : moins de collisions veut dire moins de retards et moins de frais de réparation. Pour les fédérations de chasse, le partenariat conforte leur rôle dans la gestion des populations de gibier, au-delà de la seule pratique de la chasse. Les deux parties y gagnent une chose plus difficile à chiffrer : une meilleure connaissance partagée d’un territoire où la voie ferrée et la faune sauvage se croisent, qu’on le veuille ou non, plusieurs centaines de fois par an.
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