Le wapiti : grand cervidé d’Amérique du Nord, bois et vie en hardes
Sommaire7 sections
- 01Une espèce à part, longtemps confondue avec le cerf élaphe
- 02Des bois qui poussent de deux centimètres et demi par jour
- 03Solitaires l’été, rassemblés à l’automne
- 04Une migration réglée sur l’altitude
- 05Des prédateurs différents selon le continent
- 06Réintroduit après avoir frôlé la disparition locale
- 07Une gestation de huit mois pour un faon tacheté
Un mâle wapiti au rut lance un cri qui commence grave et monte en sifflement aigu avant de retomber en grognements, un son audible à plusieurs kilomètres. Ce bramement à part, très différent de celui du cerf élaphe européen, a longtemps servi d’indice à ceux qui pensaient que le wapiti n’en était qu’une variété locale. La génétique a tranché en 2004 : ce sont deux espèces distinctes.
Une espèce à part, longtemps confondue avec le cerf élaphe
Le wapiti (Cervus canadensis) a été classé pendant plus d’un siècle comme une sous-espèce du cerf élaphe (Cervus elaphus), qu’il ressemble de loin. L’analyse du génome mitochondrial a établi qu’il s’agissait bien d’une espèce séparée, plus proche du cerf sika que du cerf élaphe européen. Le mâle atteint 1,5 mètre au garrot et 320 kilos en moyenne, un poids largement supérieur aux 225 kilos d’une femelle adulte ; certains individus d’Alaska ont dépassé 600 kilos. On le trouve en Amérique du Nord, du Canada au sud des Rocheuses, mais aussi dans l’est de l’Asie, en Mongolie et dans le nord-est de la Chine.
Des bois qui poussent de deux centimètres et demi par jour
Seuls les mâles portent des bois, et non des cornes : contrairement aux cornes des bovidés, ils tombent et repoussent chaque année. Pendant leur croissance, au printemps et en été, ils s’allongent d’environ deux centimètres et demi par jour, un rythme parmi les plus rapides du règne animal, pour atteindre jusqu’à 1,2 mètre de longueur et 18 kilos pour la paire chez les plus grands mâles. Recouverts d’un tissu duveteux appelé velours pendant la croissance, ils durcissent avant le rut, puis tombent en hiver une fois la saison des amours passée.
Solitaires l’été, rassemblés à l’automne
En dehors du rut, les mâles adultes vivent souvent seuls ou en petits groupes de célibataires, pendant que les femelles et les jeunes forment des hardes plus stables. À l’automne, la donne change : les mâles deviennent territoriaux, rassemblent un harem de femelles autour d’eux et défendent leur position par le bramement autant que par le combat, cornes contre cornes n’étant pas de mise ici, ce sont bien les bois qui s’entrechoquent.
Une migration réglée sur l’altitude
Chaque année, les wapitis montent vers les pâturages d’altitude au printemps, quand la neige fond et que l’herbe fraîche y devient disponible, puis redescendent vers les vallées à l’automne pour échapper à l’enneigement et retrouver une nourriture accessible. Ce va-et-vient, observé notamment dans les populations du Yellowstone, conditionne directement leur survie hivernale : un troupeau qui migre trop tard trouve des pâturages déjà recouverts de neige.
Des prédateurs différents selon le continent
En Amérique du Nord, le wapiti doit compter avec le loup, le couguar, l’ours brun et, pour les faons, le coyote. En Asie, ce sont le tigre de Sibérie, la panthère des neiges, le lynx et le dhole, un chien sauvage chassant en meute, qui représentent la menace principale. Le calcul reste le même partout : un jeune faon immobile et sans odeur marquée passe souvent inaperçu, alors qu’un adulte isolé attire l’attention des prédateurs qui chassent en groupe.
Réintroduit après avoir frôlé la disparition locale
Au tournant du vingtième siècle, la chasse non régulée et la conversion des prairies en terres agricoles avaient fait disparaître le wapiti d’une grande partie de son aire d’origine, ne laissant plus que des noyaux isolés dans les Rocheuses. Des programmes de réintroduction menés tout au long du vingtième siècle, notamment dans le Kentucky, le Wisconsin et l’Ontario, ont permis à l’espèce de reconquérir une partie du terrain perdu. Elle reste toutefois considérée comme préoccupante dans plusieurs régions et absente de vastes portions de son ancienne aire, notamment dans l’est du continent où les grandes forêts ont cédé la place aux villes et aux cultures.
Une gestation de huit mois pour un faon tacheté
La femelle, appelée biche, met bas un faon unique après une gestation de 240 à 262 jours, généralement au printemps. Le petit pèse 15 à 16 kilos à la naissance, porte un pelage tacheté qui le camoufle dans les sous-bois pendant ses premières semaines, et se tient debout en quelques dizaines de minutes, une adaptation nécessaire face aux prédateurs qui rôdent près des zones de mise bas.
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